Nooméo : la 3D au service de l’aéronautique

Créée en 2007 par deux thésards du CNRS, Vincent Lemonde et Ludovic Brethes, l’entreprise Nooméo a su s’imposer dans le milieu de l’innovation technologique à Toulouse. Grâce à la numérisation 3D, les jeunes entrepreneurs comptent aujourd’hui parmi leurs clients Airbus et Dassault, mais vendent également dans le monde entier.

 

«Nous nous sommes rendus compte que la numérisation 3D était trop compliquée, trop lourde et trop chère pour les industriels» raconte Vincent Lemonde. Partant de ce constat, les deux associés ont décidé d’élaborer un cahier des charges qui permettrait de mettre au point un appareil «ergonomique et accessible financièrement». Nooméo propose donc toute une gamme de scanners facile d’utilisation : «l’appareil prend en photo un objet et, grâce à un algorithme, calcule pour chaque pixel une mesure 3D» explique le dirigeant. Cette technologie s’adresse aujourd’hui exclusivement au marché aéronautique. «Au début, nous avons exploré beaucoup de voies, dont l’archéologie et le paramédical, mais nous nous sommes vite recentrés sur l’aéronautique qui s’est révélé être le plus intéressant pour nous» précise Vincent Lemonde. Nooméo est devenu un fournisseur de rang 1 pour Airbus et Dassault, et dispose de seize distributeurs dans le monde, «en Europe, en Asie et en Amérique». Très vite l’entreprise réalise près de 50% de son chiffre d’affaire à l’étranger, et ce n’est qu’un début car «nous allons prochainement annoncer un nouveau partenariat fort avec une entreprise majeure de l’aéronautique» déclare-t-il sans vouloir en préciser davantage.  Le CA de Nooméo est également tenu secret : «nous avons peu de concurrents  mais c’est un petit milieu où tout le monde s’observe. On peut dire qu’il double chaque année depuis notre création.»

Repousser les limites de la technologie

Forte de ce succès, l’entreprise peut étendre ses activités et afficher ses ambitions pour l’avenir. Nooméo propose ses services dans trois domaines spécifiques en s’adressant d’une part aux constructeurs aéronautiques «en ce qui concerne la production de pièces», d’autre part aux compagnies aériennes «afin de développer une activité de maintenance», et s’adresse également aux PME. Dans ce dernier cas, Nooméo propose des prestations de service et exploite les données issues de la numérisation, «ce qui est l’aspect le plus difficile, car il faut un équipement spécifique que n’ont pas forcément les petites entreprises.» Aujourd’hui, Nooméo commence à s’intéresser à une autre technologie «Slam scan» qui permettra de «scanner des objets beaucoup plus grands, comme le moteur d’un A380.» Les jeunes entrepreneurs comptent repousser les limites de la technologie et explorer toutes les innovations possibles. «Pour l’instant, nous exploitons une technologie de numérisation conventionnelle qui ne fonctionne pas sur les matériaux brillants et transparents. Mais nous sommes en train de créer un groupement d’intérêt scientifique avec un laboratoire spécialisé dans la numérisation non conventionnelle, le Le2i (Laboratoire Electronique Informatique et Image), afin de progresser dans ce domaine.»

Depuis l’été dernier, Nooméo a intégré la fédération de PME innovantes «ERCO Finance», qui enregistre «55 millions de CA par an et une croissance de 30 à 35 %» précise Vincent Lemonde. ERCO finance apporte une stabilité financière à l’entreprise, qui garde néanmoins «la flexibilité d’une petite structure». Tous les éléments d’un succès qui perdure.

Coralie Bombail



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