Mory Ducros : 130 salariés menacés à Bruguières

 

Sandrine Floureusses, le maire de Bruguières Philippe Plantade et les représentants des acteurs économiques locaux ont rencontré « les Mory Ducros

L’entreprise de transport de colis Mory Ducros a été placée en redressement judiciaire, avec une période d’observation de six mois, sur demande de la direction. Les employés de l’agence de Bruguières crient leur inquiétude et en appellent aux pouvoirs publics. Une première réunion entre les représentants du personnel et les responsables institutionnels a eu lieu à Aucamville.

 

Pour les 130 salariés de l’agence Mory Ducros de Bruguières, le placement en redressement judiciaire de leur entreprise, décidé le 26 novembre dernier par le Tribunal administratif de Pontoise, n’est pas une surprise, ou du moins pas totalement. « Nous savions que la société perdait de l’argent, près de 5 millions d’euros par mois au niveau national, notamment sur l’activité de messagerie », précise Christiane Daunas, déléguée CGT chez Mory Ducros, à Bruguières. Et les difficultés ne datent pas d’hier puisque l’entreprise a subi des rachats, fusions et autres plans sociaux. Mory Ducros est en réalité issue de la fusion, entre la société Mory et Ducros Express (anciennement DHL France). En 2011, le propriétaire de la seconde, Arcole Industrie, rachète la première déjà placée en redressement judiciaire, et annonce pouvoir rééquilibrer l’entreprise en trois ans, en ne conservant que l’activité de messagerie. « Il y a un an de ça, la direction nous disait que tout allait bien, mais la crise a dû bouleverser ses plans et aujourd’hui, voilà où nous en sommes », se désole la déléguée CGT. Reçus par Sandrine Floureusses, vice-présidente du Conseil général chargée des actions économiques, de l’économie solidaire et de l’insertion et présidente du Comité de bassin d’emploi (CBE) Nord 31, les représentants des salariés ont pu confier toutes leurs inquiétudes aux pouvoirs publics : « notre principal problème est de ne pas avoir d’interlocuteur car tout se passe au niveau national.

 

L’actionnaire principal, candidat à la reprise

 

Localement, à Bruguières, nous n’avons pas de représentants en Conseil d’administration et ne savons donc pas ce qu’il se passe réellement. Seuls les délégués du personnel nous distillent les informations au compte-goutte mais, ayant peur pour leur poste, ils nous laissent dans l’expectative », regrette Christiane Daunas. Or, l’heure est à l’action, les salariés l’ont bien compris. Pour Sandrine Floureusses, il est d’abord nécessaire de balayer les différentes options. « Dans un premier temps, il convient d’identifier les profils et les compétences des employés pour envisager un reclassement dans d’autres entreprises du secteur et étudier les offres d’emploi disponibles. A ce titre, je vais organiser une réunion avec la Direccte et Pôle Emploi prochainement », assure la présidente du CBE Nord 31. Elle travaillera également, aux côtés des acteurs économiques locaux à la recherche d’un possible repreneur. « Mais dans l’état actuel des choses, personne ne voudra de nous ! » rétorque la déléguée syndicale. Exception faite d’Arcole Industrie ! Le principal actionnaire de Mory Ducros lui-même, se dit disposé à participer à une offre de reprise partielle, aux côtés d’autres partenaires et avec le soutien des pouvoirs publics. Mais quels qu’ils soient, les repreneurs ont jusqu’au 3 janvier pour se faire connaître.

Séverine Sarrat

 



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