Monique Iborra au rapport sur le service public de l’emploi: « Nous nous sommes mis à la place des demandeurs d’emploi »

Depuis sept mois, la députée socialiste Monique Iborra travaille sur un rapport parlementaire faisant état du service public de l’emploi. Ses conclusions ont été votées à l’unanimité par la commission des affaires sociales. Le point sur les défaillances ciblées et ses propositions.

L’emploi, première préoccupation des Français alors que le taux de chômage a dépassé la barre des 10% en France. Dans ce contexte, il était temps d’étudier au plus près les services publics de l’emploi, dont l’acteur majeur est Pôle emploi, sans oublier « un ensemble d’organisations territoriales pilotée par des collectivités », précise Monique Iborra. Soit, les missions locales, l’école de la deuxième chance et les maisons de l’emploi. « Il y a un foisonnement d’acteurs et chacun travaille de son côté », remarque-t-elle. Afin de pallier à cela, le rapport propose de placer la Région comme « chef de file de l’insertion professionnelle, qui donnerait les orientations stratégiques en la matière. » Le Conseil régional compte déjà parmi ses compétences, l’apprentissage et les formations professionnelles. Lui conférer cette nouvelle responsabilité, « est une question de cohérence » selon la députée. Cette proposition sera étudiée lors de la prochaine loi sur l’acte III de la décentralisation. Mais le rapport se concentre en priorité sur Pôle emploi, qui doit « être repensé et revu.»

« Une simplification drastique » s’impose

Délai de traitement trop long, radiations trop sévères, manque de communication, dossiers à rallonge, conditions d’indemnités obscures… Les problèmes ne manquent pas dans l’organisation de Pôle emploi. « Les gens ne savent plus où ils habitent ! » s’exclame Monique Iborra, qui propose une « simplification drastique » du service. A commencer, réduire le délai d’attente entre l’inscription et le premier rendez-vous (quatre mois aujourd’hui, ndlr), alléger la procédure administrative, et graduer les radiations « en fonction des cas, car aujourd’hui, on radie toute personne qui ne se présente pas quelques soient les raisons. » Le 100% web pourrait également être remis en cause, « car cela créé une exclusion numérique » remarque-t-elle. Autre cheval de bataille : le RSA. La compétence sur cette aide sociale est divisée entre le Pôle emploi et le Conseil général, « les dossier font des aller-retour entre les deux, alors qu’il faudrait une assistante sociale détachée du département à Pôle emploi pour renouer les rapports entre ces institutions », signale la députée.

Bref, la cacophonie administrative « particulière à la France », nuit aux demandeurs d’emploi. Les entreprises ont une image si négative de ce service public « qu’elles préfèrent passer pas leurs réseaux, conséquence Pôle emploi ne rassemble que 16% des offres. C’est insuffisant. » La rapporteure suggère de mettre en place des « équipes spécialisées » qui iraient démarcher les entreprises

Tout un programme, même s’il est difficile d’évaluer les conséquences de telles mesures sur le retour à l’emploi. « Il y a une marge de manœuvre, mais le chômage de masse n’est pas la faute de Pôle emploi », tient à souligner Monique Iborra. Le rapport a été remis au ministre du travail ainsi qu’au Premier ministre, et la députée requière une loi spécifique sur la réforme du service public de l’emploi.

Coralie Bombail

 

 



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