Mise en concurrence des concessions hydrauliques: Les vannes sont ouvertes

A l’heure où le rapport parlementaire sur la concurrence des concessions hydrauliques détenues par EDF est étudié, dans les usines, l’inquiétude grandit et avec elle, les interrogations quant aux nouvelles orientations du ministère du Développement Durable. La CGT Energie territoire Sud-Ouest monte au créneau.

 

Si Delphine Batho, ancienne ministre du Développement Durable prônait la prudence et l’alternative à l’ouverture à la concurrence des concessions hydrauliques, il semblerait que Philippe Martin, le nouveau « Monsieur écologie » du gouvernement ait fait volte-face. Pourtant un premier rapport faisant suite à l’audition des acteurs économiques et syndicaux, « soulève plusieurs problèmes », explique Richard Simon-Labric délégué CGT EDF. « Cette mise en concurrence ne sera pas réciproque, ainsi, les opérateurs européens pourront concourir sur des concessions françaises mais l’inverse ne sera pas possible. De plus, l’introduction d’acteurs divers et variés risquerait de poser problème quant à la gestion d’usage de l’eau, sans parler des destructions d’emplois dans les vallées dues aux prestataires étrangers qui pourraient faire surface », précise le responsable syndical. Mais la goutte qui a fait déborder le vase est un référé de la Cour des Comptes, sur lequel s’appuie le gouvernement et faisant état d’une perte de recettes pour l’Etat, celles de la redevance inhérente à l’ouverture à la concurrence. Pour le syndicat « le gouvernement se trompe car les seuls bénéficiaires de cette mise en concurrence seront les industriels qui exploiteront des concessions dont les ouvrages sont déjà amortis (elles ont plus de 50 ans pour la plupart) et qui pourront ainsi dégager une rentabilité conséquente. » Les marges peuvent atteindre 30 à 50% par an, et même 75% lorsque la pluviométrie le permet.

 

Spéculation sur les prix de l’électricité

 

Richard Simon-Labric met donc en cause la Cour des Comptes, que la CGT accuse de céder aux lobbies notamment celui des associations d’électriciens et gaziers indépendants. « Pour s’arroger les bonnes grâces des élus, les entreprises qui pourront intégrer ce nouveau marché usent de stratagèmes tels l’offre de voyages, l’organisation de séminaires et j’en passe ! » confie le délégué CGT. Selon lui, le risque majeur de l’entrée en concurrence de ces sociétés reste celui de l’effet de spéculation sur les prix de l’électricité : « cette dernière, vendue en bourse, voit son prix changer toutes les heures et il est possible que les entreprises organisent une pénurie pour faire grimper les prix artificiellement. De plus, il est dangereux que des institutions privées aient la mainmise sur un bien public tel que l’eau potable. » L’inquiétude atteint donc son paroxysme et l’organisation syndicale demande un allongement de 25 ans des contrats de concessions hydrauliques aux opérateurs sortants ainsi que la mise en place d’un pôle public de l’énergie qui garantirait « la nationalisation d’un bien public. » Le gouvernement devrait légiférer courant 2014.

 

Séverine Sarrat



UN COMMENTAIRE SUR Mise en concurrence des concessions hydrauliques: Les vannes sont ouvertes

  1. Mouret dit :

    La concurrence électrique je l’avais prévue en 1995,letre à Juppe du 26 11 1995. J’y voyais trop clair in a tout fait pour me bannir d’Angles jusqu’au trucages des urnes et des procuration abusives ( rn 1998 plus procus A Angles qu’à Castres qu’à Castres, elle belle la République bienvenue à la Résomnique la chose de tous

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