Mipys Un remède anti-crise ?

Après le Sol Violette, c’est désormais au Mipys de faire son apparition dans l’univers des monnaies locales. Outre sa particularité de « monnaie complémentaire régionale », le Mipys a pour singularité de n’être exploité et exploitable qu’en numérique. Explications avec son créateur Gérard Poujade, président de l’agence régionale du développement durable (ARPE).

 

Née de l’imagination de Gérard Poujade, président de l’ARPE, Mipys deviendra la première monnaie numérique régionale dès sa mise en circulation prévue pour 2014. « Elle a pour vocation d’être une monnaie régionale d’investissement, entièrement numérique, qui permettra de gagner en pouvoir d’achat grâce au stockage de points de fidélité tout en favorisant l’économie locale», explique son créateur. Les remises effectuées lors des achats étant créditées sur un compte une fois par mois. Parallèlement, cette monnaie servira également la consommation car les frais de gestion des comptes concernés diminueront au fur et à mesure de son usage. « Le solde sera imputé de 0.01% tous  les soirs à minuit et la somme cumulée sera retranchée des réductions mensuelles », précise Gérard Poujade, « de telle sorte que plus la monnaie sera utilisée et moins le client aura de frais de gestion de compte. » Le Mipys offrira également la possibilité de prêts à taux zéro à des fins énergétiques : « Une personne souhaitant isoler sa toiture, pourra prétendre à un emprunt à 0%, en Mipys, sous réserve que l’artisan accepte ce mode de règlement », affirme le président de l’ARPE. Pour Gérard Poujade, il s’agit là de contribuer à la transition énergétique tout en luttant contre la pauvreté.

 

Pourvoyeur d’emploi et de pouvoir d’achat

 

Inspiré du Wir suisse (monnaie complémentaire inter-entreprises), ayant fait ses preuves depuis 80 ans, et du RES belge qui s’apparente à une carte de fidélité… le Mipys répond à une réelle demande. En septembre prochain, devrait être créée une association de préfiguration pour Midi-Pyrénées si suffisamment d’entreprises et de collectivités se révèlent intéressées par le projet. « Ensuite, cette organisation se transformerait en société coopérative et collective dès lors que nous atteindrions les 1 000 adhérents », s’enthousiasme Gérard Poujade. L’engouement pourrait également être suscité par la particularité numérique de Mipys, notamment grâce à l’éviction du support papier et du contrôle qui en découle, toutefois « je souhaitais une monnaie qui puisse être facilement traçable pour qu’elle ne soit pas utilisée pour promouvoir le travail au noir » précise-t-il. Même, ce mode de règlement « pourrait être le remède anti-crise puisque sa propriété complémentaire lui assure un taux de rotation supérieur aux monnaies thésaurisables telle l’euro, ce qui lui permet de générer plus d’activité locale et d’emplois. Ainsi, source de pouvoir d’achat supplémentaire et levier pour la lutte contre le chômage, Gérard Poujade pense avoir trouvé la solution face à l’appauvrissement du territoire.

 

Séverine Sarrat

 

Pour en savoir plus, rendez-vous mercredi 10 avril, de 9h à 11h, à la CCI Midi-Pyrénées de Blagnac pour un petit-déjeuner débat sur le sujet. 



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