Midi-Pyrénées; Une économie en bonne santé

A l’occasion de la sortie du Top Economique 2009, l’antenne locale du MEDEF a présenté le bilan économique en Midi-Pyrénées en 2007, branche par branche, avant de se lancer dans quelques prospectives.
1 – Les services

«Dans la mesure où l’économie va bien, le secteur des services fonctionne car il est transversal à toutes les branches», explique Marielle Gaudois, présidente de la SISMIP (groupement des industries de santé en Midi-Pyrénées). Avec 13 600 postes créés en 2007 dans le tertiaire sur les 26 500 au total, le secteur des services constitue l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois de la région. Mais celui-ci reste intimement lié à la santé des grands groupes : «71 % du chiffre d’affaires global des services est issu de prestations auprès de grandes entreprises industrielles», confie Marielle Gaudois. Seuls bémols à ce joli tableau : les services à la personne et les transports. Si ces deux secteurs ont connu une année 2007 en progression, le rythme se ralentit cette année. La Fédération des Transports de Midi-Pyrénées sera d’ailleurs reçue très prochainement par le MEDEF afin de résoudre la crise passagère due à la hausse du prix du pétrole.

 

2 – Le BTP

Patrick Cavagné, promoteur et intervenant pour le MEDEF 31, a tenu à rétablir selon lui la vérité sur la santé du marché : «Je tiens à rappeler que le secteur du BTP représente 125 milliards d’euros HT de chiffre d’affaires en France, emploie 1,2 millions de personnes et ne délocalise pas. C’est le poids lourd de l’industrie.» En Midi-Pyrénées, le BTP compte 22 000 salariés et les seules inquiétudes de Patrick Cavagné reposent sur le marché du logement neuf : «On assiste actuellement à une dégradation car les banques deviennent de plus en plus frileuses avec les particuliers. De plus, le plafonnement du dispositif Robien a fait des dégâts.» En revanche, les activités liées à la rénovation, à l’économie d’énergie, à l’équipement des collectivités et à la construction de HLM fonctionnent très bien. «Les carnets de commandes sont pleins pour neuf mois et je pense qu’on verra un tassement apparaître l’année prochaine mais je ne suis pas inquiet. Il suffit que le marché trouve son équilibre.»
Patrick Cavagné a tenu également à interpeler les municipalités : «La mairie de Toulouse se porte très bien, elle n’est pas endettée. Il faut donc qu’elle investisse dans le logement. C’est le cas pour toutes les municipalités. A Blagnac, le projet de quartier Andromède ne décolle pas. Et pour cause ! La mairie a fait appel à de grands designers sans se soucier du financement. On ne peut pas proposer aux gens des T3 à 320 000 € !» Une note très positive malgré toutes ces réserves : le BTP emploie de plus en plus de femmes, 700 au total en Midi-Pyrénées.

3 – L’industrie

Le secteur de l’industrie enregistre 1 800 entreprises pour 80 000 emplois dont 45 % se situent dans le secteur aéronautique qui booste considérablement l’économie de notre région. Avec le secteur du spatial, ils comptabilisent à eux seuls 33 500 salariés avec une hausse des effectifs totale dans l’industrie de 2 % en 2007. Malgré les inquiétudes qui planent sur Airbus, Bruno Bergoend se veut confiant : «L’aéronautique bénéficie d’un contexte favorable et la sous-traitance va être amenée à travailler de plus en plus. En 2007, nous n’avons observé aucune fermeture d’entreprises.» Cependant, les problèmes liés à la faiblesse du dollar pourraient changer la donne en Midi-Pyrénées : «Airbus va devoir changer de modèle économique dans les années à venir. Les bureaux d’études, l’ingénierie et la production doivent se faire en local mais l’avionneur va être obligé de faire aussi du low-cost. Il est primordial que les entreprises sous-traitantes se regroupent.»
Malgré le Plan Power 8, l’aéronautique a besoin de 100 000 jeunes supplémentaires par an au moins jusqu’en 2015. Le Centre de Formations d’Apprentis de l’Industrie à Blagnac va construire de nouveaux bâtiments et un autre CFA va ouvrir à Muret. «Les carnets de commande sont pleins pour cinq ans et Airbus continue à livrer 500 avions par an.» Et au-delà de ces cinq ans ? «Nous allons assister à un nouveau saut technologique d’ici là avec de nouveaux produits, de nouveaux besoins et de nouveaux procédés. Les avions de demain seront différents donc l’industrie s’inscrit dans la dynamique.»

 

4 – Le commerce

C’est le point noir de 2007 et les choses ne vont pas s’arranger en 2008. Intimement lié aux questions du pouvoir d’achat, le commerce connaît certaines tensions. Dans le textile et l’habillement, la situation est difficile : les entreprises subissent des baisses de chiffre d’affaires et certaines continuent à disparaître. Chez les restaurateurs et cafetiers, l’ambiance est morose même si Patrick Cavagné se montre ferme : «Ils ne sont jamais contents ! Alors que la plupart du temps, les hôtels sont complets !» Daniel Thébault, membre du comité directeur du MEDEF 31, est plus nuancé : «Il est certain que les difficultés des ménages influent sur l’activité du commerce.»
Côté tourisme, les chiffres sont concluants même s’ils ne sont pas forcément significatifs : «Les bons scores sont en grande partie réalisés par Lourdes. Il faut que la région parvienne à créer de véritables itinéraires touristiques pour que les gens ne se rendent pas simplement à Lourdes et repartent. En ce qui concerne Toulouse, on assiste principalement à un tourisme d’affaires.»

Sophie Orus


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