Midi-Pyrénées Actives: Quand l’épargne devient utile

Le Crédit Municipal de Toulouse et Midi-Pyrénées Actives se sont associés pour permettre aux Toulousains d’épargner de façon responsable. Jean-Eric Florin, président de cette dernière association revient sur sa vocation de financeur solidaire pour l’emploi et sa mission première : permettre à des épargnants midi-pyrénéens d’orienter leurs placements pour contribuer à des projets de proximité.

 

Jean-Eric Florin, la finance solidaire séduit aujourd’hui de plus en plus de Midi-Pyrénéens. Comment l’expliquez-vous ?

D’après moi, il existe un premier facteur déterminant qu’est la crise financière puisque depuis 2008, de plus en plus de gens veulent savoir où va leur argent et à quoi il sert. Ainsi, ils entrevoient de nouvelles solutions pour que leur épargne contribue à des projets qui leur conviennent. Il s’agit d’une prise de conscience qui amène un arbitrage différent : l’épargne a pour vocation de générer un rendement, ce qui reste légitime, mais on peut aujourd’hui s’interroger quant à son utilité. Il ne s’agit plus uniquement de revenus financiers au sens strict, et la baisse des taux d’épargne y est sûrement pour quelque chose, mais aussi de rendements sociétaux, environnementaux, ou voués à la création d’entreprises. Aux vues des encours de la finance solidaire, on remarque donc un début timide il y a six ans de cela (1 229 millions d’euros en 2006, ndlr) puis des taux de croissance importants pour atteindre 3 548 millions en 2011. Et je suis confiant quant à la poursuite de cette augmentation car allier ses intérêts personnels avec le monde qui entoure l’épargnant, devient essentiel.

 

Quelle différence y a-t-il entre un Livret d’épargne solidaire et un Livret classique, type Livret A ?

Il s’agit dans un premier temps de savoir comment le capital est utilisé et dans le cadre du Crédit Municipal de Toulouse, il est employé pour créer des micro-crédits sociaux, pour faire des prêts sur gage, pour drainer des liquidités, pour accompagner financièrement des personnes en difficulté. L’épargnant est alors assuré de ne pas financer de «hedge funds», puisque son capital restera à un niveau local et sera utilisé à des fins sociales. Dans un second temps, il faut s’intéresser au rendement. Le taux d’intérêt du Livret du Crédit Municipal atteint un niveau de 3.35% brut et l’épargnant s’octroie la possibilité d’orienter ses revenus et donc de décider de consacrer tout ou une partie de ce dernier (tranches de 25%) à une des sept associations partenaires de son choix, dont Midi-Pyrénées Actives.

 

Une substitution aux banques

 

Dans l’hypothèse où un épargnant choisirait Midi-Pyrénées Actives pour destinataire de ses revenus, que deviendrait cet argent ?

Notre but est d’accompagner, financièrement, des projets économiques viables et créateurs d’emplois, portés par des personnes en difficulté. Nous proposons des solutions sous la forme de caution sur des emprunts et de prêts à 0 ou à 2%, sans d’autres garanties que notre travail d’évaluation quant à la viabilité du projet. Ce rôle est sensé revenir aux banques puisqu’elles prêtent de l’argent à des projets économiques mais elles ne savent pas traiter tous les cas particuliers. Si un créateur d’entreprise n’a pas accès à un emprunt bancaire à cause de sa situation mais que nous jugeons que le projet est bon, nous nous portons caution sur l’emprunt bancaire. Cela permet à ces porteurs de projets d’avoir accès à un crédit normal. Notre but est de rendre ce dernier accessible aux personnes ne réunissant pas toutes les conditions exigées par les banques.

 

Quel est le bilan de Midi-Pyrénées Actives ?

Sur 2011, nous avons financé 250 projets en Midi-Pyrénées, ce qui représente plus de 4,5 millions d’euros d’engagement. Ainsi, nous avons participé à la création ou consolidation de 1 063 emplois. Mais très peu d’épargnants effectuent un don à Midi-Pyrénées Actives car jusqu’à présent, nous nous reposions sur notre structure nationale pour drainer nos ressources à travers des outils mutualisés. Désormais, nous mettons en place une réelle dynamique régionale ; c’est ainsi que nous avons signé un partenariat avec le Crédit Municipal de Toulouse. Nous souhaitons ouvrir cette démarche notamment avec le Crédit Coopératif et le Crédit Mutuel. Nous prévoyons également de futurs partenariats avec la Caisse d’Epargne, courant novembre.

 

Une épargne attractive

 

Pour inciter les clients à l’épargne solidaire, il existe des avantages fiscaux. Quels sont-ils ?

Pour les particuliers, il s’agit de l’avantage fiscal classique alloué pour les dons aux œuvres ou aux associations d’intérêt général, qui est de 66% de réduction d’impôts (plafonnée). Par exemple, une famille qui place 5 000€ sur le Livret d’Epargne Solidaire, percevra 167.50€ d’intérêts par an (sur la base d’un taux de 3.35%). Elle peut décider d’affecter 50% de ses intérêts à Midi-Pyrénées Actives, soit 83.75€. En contrepartie, elle pourra bénéficier d’une réduction d’impôts sur le revenu à hauteur de 66% du montant des intérêts reversés soit 55.27€ dans ce cas. Selon les cas, d’autres avantages fiscaux pourront se cumuler.

 

Midi-Pyrénées Actives prévoit-elle de nouveaux projets d’investissement ?

Pour 2013, nous allons développer le projet «Cap Jeunes» qui accompagnera de jeunes créateurs d’entreprises. Ils sont confrontés à des difficultés récurrentes pour solliciter un crédit dans une banque classique : ils n’ont ni crédibilité financière, ni expérience. Nous allons mettre en place un système d’accompagnement renforcé pour les moins de 26 ans qui comprendra des conseils, de la formation pour appréhender les banquiers et une prime de 2 000 euros. Nous prévoyons, en 2013, d’accompagner une trentaine de créations d’entreprises sur la Haute-Garonne.

 

Propos recueillis par Séverine Sarrat



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