Médiation des relations inter-entreprises: Pas de problèmes sans solutions

 

Les relations clients-fournisseurs ne sont pas toujours cordiales lorsque l’un ou l’autre n’honore pas ses engagements. Mais avant de penser à une procédure juridique, une médiation inter-entreprises reste possible. Depuis 2010, ce dispositif gouvernemental œuvre pour les sociétés victimes de pratiques commerciales abusives.

 

Rockwell Collins, spécialisé dans l’avionique et l’organisation des technologies de l’information, et Scopelec, dans la construction d’infrastructures de télécommunications et l’installation/maintenance d’équipements téléphoniques, viennent de rejoindre les 450 signataires de la charte « Relations fournisseur responsables ». En Midi-Pyrénées, de grands noms de l’industrie tels Airbus Group, Alsthom ou encore Safran ont déjà paraphé cette dernière pour s’engager dans un rapport partenarial « gagnant-gagnant » avec leurs fournisseurs. Par cet accord de principe, véritable outil préventif à la médiation inter-entreprises, « le donneur d’ordre choisit de maintenir une relation correcte avec ses fournisseurs. Cela passe par des délais de paiements tenus, une continuité dans les carnets de commandes, etc. » explique Jean-Luc Candelon, président du groupe Scopelec. Pour Philippe Bardet, président de Rockwell Collins France, « cette charte permettra également le respect de la propriété intellectuelle, notamment celle des technologies apportées par les fournisseurs. » L’Etat œuvre aussi en ce sens, selon Henri-Michel Comet, préfet de région, à qui il est susurré à demi-mots que l’administration française n’est pas toujours très bon payeur. Car le non-respect des délais de paiement reste, à ce jour, la principale cause de saisine des médiateurs des relations inter-entreprises, devant les ruptures brutales de contrats et les détournements de propriété intellectuelle. « Il faut d’ailleurs savoir que 25% des faillites d’entreprise en France sont dues aux retard de règlements », précise Pierre Pelouzet, médiateur national.

 

Des accords dans 80% des cas

 

En Midi-Pyrénées, deux médiateurs des relations inter-entreprises travaillent à « bâtir, renforcer, voire reconstruire la confiance entre les sociétés et leurs fournisseurs. » Ainsi, depuis 2010, les acteurs locaux de ce dispositif ont traité 56 dossiers, mais comme le stipule Patrick Bodenan, médiateur régional, « nous sommes souvent sollicités avant-même une saisine officielle pour tenter de trouver des solutions amiables entre deux entreprises en conflit. Il n’est pas rare qu’un cas soit réglé par un simple coup de téléphone, il n’est alors pas nécessaire de constituer un dossier. » Pour les médiateurs, il s’agit avant tout d’un outil de confiance vers lequel peuvent se tourner les entreprises nourrissant un différend avec un fournisseur et ce, de manière confidentielle et gratuite. « Notre but est d’asseoir tous les protagonistes autour d’une table pour trouver des compromis et éviter une procédure judiciaire », affirme Pierre Pelouzet qui précise que « 80% des litiges aboutissent à un accord et même, 70% d’entre eux se soldent par de nouveaux businesses conclus entre les entreprises. » Cependant, il regrette le manque de notoriété de ce dispositif.

 

Séverine Sarrat

 

Pour tous renseignements, www.mediation-interentreprises.fr



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