Marché d’intérêt national: Une SEM d’utilité publique

Isabelle Hardy et Louis Germain défendent les produits locaux

En charge de l’approvisionnement, notamment des marchés de plein vent du centre-ville toulousain et de toute la région, le Marché d’intérêt national (MIN) est garant de produits locaux de qualité. Organisé en Société d’économie mixte, il reste une base logistique pour les grossistes tout en gardant une mission publique.

 

Fruits, fleurs, légumes, poissons, viandes… non, il ne s’agit pas du jeu du « Baccalauréat » mais de tous les produits locaux, issus de l’agriculture midi-pyrénéenne que recense le Marché d’intérêt national de Toulouse. A l’occasion de la Semaine des Entreprises Publiques Locales (EPL) du 27 mai au 2 juin, cette Société d’économie mixte (SEM) est mise à l’honneur afin d’en démontrer sa mission d’utilité générale. Disposant, par sa forme juridique, de fonds publics, son développement économique devient une priorité. Ainsi, depuis soixante ans, les collectivités territoriales investissent dans le capital, notamment la Communauté de communes Toulouse Métropole, actionnaire à 84%. « Nous sommes parvenus à faire du MIN de Toulouse, le deuxième marché d’intérêt national de France, après Rungis, alors qu’il est treize fois plus petit », se félicite Isabelle Hardy, adjointe au maire de Toulouse, chargée du commerce et de l’artisanat. Ainsi, la volonté affichée des collectivités reste de faire du MIN un outil du développement économique régional, « le marché est, et doit rester la mère nourricière de Midi-Pyrénées mais aussi un service public », précise Isabelle Hardy, également présidente du MIN.

 

Préserver les exploitations agricoles

 

Aujourd’hui, grâce à un aménagement récent des lieux, le MIN de Toulouse peut se targuer de générer 300 M€ de chiffre d’affaires, 900 à 1 000 emplois, mais aussi de fournir 30 000 des 50 000 tonnes de produits locaux consommés sur la Métropole. « Tous les producteurs du MIN sont issus de Midi-Pyrénées, et lorsque ce n’est pas le cas, une enquête est diligentée pour s’assurer de la bonne qualité de leurs produits », explique Paul Mirous, directeur général du Marché. Pour aider au développement du lieu et à la préservation de ses traditions, la Fédération des EPL et la Chambre d’agriculture ont signé une charte pour une agriculture durable en territoire périurbain visant à préserver les exploitations agricoles dans l’agglomération, à lutter contre la pression foncière. « A ce titre, nous avons répertorié les productions mais aussi les terres pouvant être exploitées pour identifier les besoins. Nous avons ainsi mis en place une « couveuse », sorte de pépinière d’entreprises pour exploitations agricoles, visant à développer l’activité d’un cultivateur ou éleveur qui pourra ensuite s’installer de façon pérenne », affirme Louis Germain, président de la Fédération des EPL Midi-Pyrénées. Toute la chaîne de production est ainsi prise en compte, privilégiant les circuits courts et facilitant la traçabilité des produits. Le MIN garde donc de beaux jours devant lui.

 

Séverine Sarrat

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.