L’interview décalée de Benoît Bougerol

Benoit Bougerol ©Archives JT

D’abord ingénieur chez IBM, puis libraire, Benoît Bougerol a racheté, en 2013, la librairie Privat de Toulouse, une des plus vieilles de France, pour la sauver de la liquidation. Il avait ainsi déjà repris La Maison du livre à Rodez. Il ouvre aujourd’hui quelques pages de son ouvrage personnel en répondant à nos questions… décalées.

 

La phrase que vous ne supportez pas d’entendre ?

Les affirmations à l’emporte-pièce du style « il n’y a qu’à » ; et leur revers, c’est-à-dire les promesses irréalistes.

 

Quel est votre plus beau souvenir d’enfance ?

Le premier vol de Concorde, en mars 1969. Nous habitions Rangueil et nous avons guetté son arrivée à l’horizon, et suivi son passage au-dessus de notre immeuble. Ensuite au lycée Bellevue, où j’étais en 6e, nous courrions tous aux fenêtres lorsque nous l’entendions passer pour ses vols d’essai.

 

Votre plus grosse gaffe ?

Il m’est souvent arrivé en arrivant à Rodez, quand j’ai repris la Maison du Livre en 2001, de parler de personnes rencontrées sans connaître les liens de parenté… Dans une petite ville, tout le monde connaît tout le monde. Et si l’on émet un jugement attention à prévoir que la réponse peut être : « Ah, mais c’est ma sœur, mon beau-frère, mon cousin, etc. ».

 

Votre plus grande peur ?

Quand j’ai appris la liquidation judiciaire du groupe Chapitre début décembre 2013, alors que je venais de leur racheter la librairie Privat, j’ai eu très peur. En effet, Chapitre d’une part devait finir des travaux de sécurité pour des dizaines de milliers d’euros, et d’autre part continuait à occuper les étages au-dessus de la librairie pour sa comptabilité nationale en sous-location. Se retrouver à ne plus avoir le financement de la mise aux normes et sans sous-locataire aurait pu ruiner la reprise en quelques mois. Heureusement, des solutions ont été trouvées, et notamment le Centre régional des lettres qui cherchait de nouveaux locaux en centre-ville s’est installé à la place des comptables de Chapitre… Mais ce fut une période inquiétante, en pleine reprise, alors qu’il fallait investir !

 

Votre plus belle expérience ?

Probablement mes années de présidence du Syndicat de la librairie française. C’est une lourde tâche, avec beaucoup de temps à Paris, au siège, mais aussi au ministère de la Culture, au Parlement, avec les éditeurs. Mais c’est une charge passionnante au service de toute une profession qui se bat pour la librairie indépendante, au service du livre et de la lecture.

 

Quelle est votre émission TV préférée ?

Je regarde surtout des documentaires, notamment culturels et historiques.

 

« Quand j’ai appris la liquidation judiciaire du groupe Chapitre, j’ai eu très peur  »

 

Et celle que vous détestez ?

Je ne regarde jamais les émissions de variétés.


Quel est votre péché mignon ?

Le chocolat… Ne laissez pas traîner une tablette !

 

Le pire cadeau que vous ayez offert?

Évidemment, j’offre surtout des livres. C’est toujours difficile de choisir le bon roman, l’essai ou le beau-livre qui fasse plaisir. C’est un cadeau plus personnel que des fleurs ou des chocolats. Donc le pire cadeau que j’ai offert est sûrement un livre, qui n’a pas plu, mais on ne me l’a jamais dit ! Et je pense que le plus souvent ce furent plutôt mes plus beaux cadeaux…

 

Quel est votre gadget préféré?

Devenu Aveyronnais, je pense que je devrai dire un Laguiole. Mais je n’en ai pas encore.


Quelle est votre destination préférée?

Nous avons l’habitude d’aller chaque été en gîte rural dans une région différente, mais peut-être que je mettrai en avant le Doubs… Une très belle région, peu connue vue de Toulouse.

 

Si la fin du monde approchait, que vous empresseriez-vous de faire?

Finir de lire mon livre !

 

 

 



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