Emploi: L’Etat au chevet des Régions


Aux vues d’une conjoncture économique délicate, l’emploi est en première ligne et les chiffres du chômage ne cessent d’augmenter. Afin de remédier à la situation, l’Etat a mis en branle ses dispositifs et organise sa feuille de route. Comme toutes décisions prises au niveau national, les conséquences sont ressenties en région. Quels sont les outils dont disposent les pouvoirs publics et les collectivités territoriales pour endiguer la hausse du chômage ? Henri-Michel Comet, préfet de Midi-Pyrénées revient sur l’action de l’Etat au service de l’emploi.

 

«Depuis six mois, l’Etat se mobilise», affirme Henri-Michel Comet, préfet de Région, «et il nous appartient de saisir collégialement cette chance !» C’est en substance, le message du gouvernement à l’attention de ses émissaires régionaux et c’est en ce sens que les instances locales s’organiseront afin de mutualiser les efforts de chacun en matière d’emploi. La priorité affichée de l’Etat reste de ramener vers le marché du travail, des personnes qui en sont éloignées. De même, le soutien des PME (Petites et moyennes entreprises) et des ETI (Entreprises de taille intermédiaire) semble «préempter en matière d’aide aux entreprises.»

 

Le soutien aux entreprises

 

La crise financière et les concurrences nouvelles ont plongé le pays dans la crise économique depuis trois ans. Henri-Michel Comet rappelle les différents leviers sur lesquels peuvent agir les pouvoirs publics. Ainsi, le gouvernement Ayrault a édité des mesures au profit des PME et ETI. L’économie régionale étant dépendante des choix publics, ces mesures fondamentales auront forcément des répercussions au niveau local. Parmi ces dernières, l’allègement des charges liées au travail, illustré par un débat parlementaire concernant le crédit impôt recherche. Applicable dès le mois de janvier prochain, la nouvelle version, plus axée vers les PME, sera utilisée sous le régime de la démocratie économique puisqu’elle sera soumise au Comité d’Entreprise et donc aux représentants des salariés. Depuis 2008, ce dispositif est devenu la première source de financement public des dépenses de R&D des entreprises, notamment en Midi-Pyrénées puisque 541 entreprises ont bénéficié d’un CIR, pour un montant global de 192 millions d’euros.

La création de la Banque Publique d’Investissement (BPI) devrait également contribuer à soutenir les entreprises locales en soutenant financièrement les PME et ETI via des prêts et des garanties. Dans cette optique, la BPI disposera de guichets uniques dans chaque région. Egalement, les entreprises du territoire, disposeront d’une plateforme regroupant les acteurs du financement, tel Oséo, et pilotée en collaboration avec le Conseil Régional.

Concernant l’innovation, Midi-Pyrénées a été la première région à mettre en place un schéma en la matière. L’Etat a ainsi décidé de revisiter ce dernier pour le replacer en cohérence avec les quatre pôles de compétitivité (plus de 500 PME adhérentes), le Crédit Impôt Recherche (169 millions d’euros pour 400 entreprises) et le programme d’investissement d’avenir (1 milliard d’euros en Midi-Pyrénées).

Pour redresser la croissance économique, l’Etat compte également sur l’exportation, où Midi-Pyrénées se place à la troisième place nationale en termes de volume puisqu’elle affiche un excédent commercial de 13.2 milliards d’euros en 2011. Pour poursuivre le soutien de l’économie régionale, les entreprises disposent d’outils efficaces. Parmi eux, le Volontariat International en Entreprise qui ne cesse d’augmenter et la nouvelle «plateforme export», créé cette année en partenariat avec la CCI et le Conseil Régional qui permettra de simplifier et mieux coordonner les dispositifs d’aide à l’export au bénéfice des PME.

 

L’aide à l’emploi

 

«Toute cette démarche gouvernementale permettra à Midi-Pyrénées de s’engager puissamment pour la croissance et venir en aide aux entreprises en difficulté», commente Henri-Michel Comet. A titre d’exemple, le Préfet de Région revient sur la mise en place du Commissariat au redressement productif de Midi-Pyrénées, dirigé par Robert Castagnac. Ses cellules intégrant tous les services de l’Etat se sont déjà penchées sur une centaine de dossiers d’entreprises en difficulté, en Haute-Garonne.

Le soutien aux PME et ETI reste donc «une des priorités de l’Etat, mais celui de l’emploi l’est tout autant», précise le Préfet. A ce titre, le chômage partiel sera plus encadré pour éviter les abus. A la demande des partenaires sociaux, ce dispositif permettant de passer une période difficile sera désormais soumis à une autorisation administrative préalable.

Dans l’optique de la protection et de l’aide à l’emploi, ce sont 100 millions d’euros qui ont été investis dont les deux tiers l’ont été dans les emplois aidés. Les Contrats Initiative Emploi déjà existants seront maintenus et les Emplois d’Avenir, développés. Pour preuve, lors du Conseil Municipal, les élus toulousains ont voté la création de 80 emplois d’avenir. «Il s’agit d’un moyen pour amortir le choc de la crise qui frappe de plein fouet les jeunes, notamment les moins qualifiés», explique Pierre Cohen, maire de Toulouse, qui proposera également la création de 220 emplois d’avenir à la communauté urbaine. Et Martin Malvy de rajouter : «Midi-Pyrénées va prendre toute sa part dans la mise en place de ce dispositif. Nous avons décidé d’une participation à hauteur de 4.2 millions d’euros à ce programme.» Et les Contrats Génération en sont un autre exemple.

«L’intelligence territoriale est donc fructueuse même si nous sommes conscients de la fragilité de certains secteurs car la bonne santé de la filière aéronautique ne doit pas masquer la souffrance des autres activités. Cependant, il faut garder à l’esprit que c’est bien les avionneurs et leurs sous-traitants qui permettent à la Région de Garder le Cap», conclut Henri-Michel Comet.

 

Séverine Sarrat

 

 



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