Les Petites Entreprises Le terme « reprise » est prématuré

Les chiffres de l'électroménager sont catastrophiques

Dans un contexte économique instable, les premiers maillons de la chaîne industrielle à ressentir les conséquences sont le plus souvent les très petites, petites et moyennes entreprises. En 2011, la majorité des corps de métiers ont déclaré avoir pris de plein fouet la crise de 2008, à retardement. Les observateurs de la Fédération des Centres de Gestion Agrées dressent un bilan d’une année très nuancée, où certains secteurs d’activités sont parvenus à se maintenir contrairement à d’autres.

La croissance nationale chute depuis plusieurs mois pour n’atteindre que 0.2% au quatrième trimestre 2011, la dette s’accentuant au fil des jours et les investissements se faisant de plus en plus rares. Malgré ce constat défavorable, certains secteurs d’activité sont parvenus à garder la tête hors de l’eau. Parmi ces entreprises figurent celles du commerce, de l’artisanat mais aussi des services. Avec un indice d’activité de 1.9%, celles-ci démontrent quotidiennement que ce sont elles qui garantissent le tissu économique français, faisant fi des tractations extérieures. Les entreprises qui se maintiennent aujourd’hui sont souvent celles qui ciblent leurs activités sur la consommation quotidienne des ménages. Même si les Français n’ont pas retrouvé leur pouvoir d’achat d’antan, ils recommencent tout de même à consommer à hauteur de 0.2% fin 2011.

 

Le terme reprise est prématuré

Mais le terme «reprise» n’est tout de même pas à l’ordre du jour, c’est tout juste un amorçage qui met du temps à se concrétiser. Pourtant, aux vues de l’indice global d’activité des petites entreprises qui passe de 0.7% en 2010 à 1.9% en 2011, les observateurs avaient tôt fait de prévoir une reprise économique mais l’espoir ne fait pas la réalité, pour preuve. La plupart des petites structures ont eu besoin d’une année supplémentaire, contrairement à ce qui a été annoncé, pour redresser leurs comptes et se reconstituer une trésorerie.

Le secteur d’activité qui enregistre la plus forte hausse reste l’agriculture, sylviculture et ostréiculture qui atteint 9.2% de croissance du chiffre d’affaires, avec 7% réalisés sur l’entretien des parcs et jardins (cf. “Un secteur d’activité haut en couleur“). Pour la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment, il s’agit là d’une conséquence des conditions climatiques clémentes de l’année dernière. Professions suivies de près par les métiers du bâtiment qui parviennent à rebondir fortement, contrairement à ce qu’avaient annoncé les plus pessimistes. Avec une augmentation du chiffre d’affaires de 6.6% en 2011, le secteur a su se préserver des tumultes économiques.

Autre profession qui parvient à juguler les conséquences d’un désordre économique notoire, les agents immobiliers. En effet, les quelque 40 000 agences réparties sur le territoire ont retrouvé une croissance comparable à celle précédent la crise. Avec 9.6% d’augmentation, elles démontrent ainsi qu’elles ont su prendre le train des nouvelles technologies en marche car ce serait bien là l’explication de leur renouveau. Mais si elles ont su gagner la bataille contre cette crise économique, de nouvelles se dressent en face d’eux. Elles doivent maintenant se battre face à des enseignes low-cost qui cassent les prix du marché et à de nouvelles agences sur le web qui gagnent du terrain.

C’est donc la grande famille du bâtiment qui parvient le mieux à limiter les effets néfastes de la crise économique.

Des métiers en voie de disparition

Mais il y en a certains que la crise n’a pas épargnés. En effet, le secteur de l’équipement de la maison par exemple, a subi de forts dégâts. En cause, les chiffres catastrophiques de l’électroménager qui dégringolent de 16.3% au quatrième trimestre 2011. Les magasins de meubles et de bricolage enregistrent la plus forte baisse, conséquence directe de la perte de pouvoir d’achat des Français, plombant ainsi tout le secteur de l’équipement de la maison.

Il est même des corps de métiers entier voués à disparaître au lendemain de cette crise s’ils ne trouvent pas le moyen de diversifier leur activité. Déjà en difficulté, l’engrenage infernal de la dépression a entraîné avec lui les professionnels de la photo. Depuis l’arrivée du numérique, peu de Français font encore appel aux traditionnels «comptoirs photo». Désormais, près de 70% des foyers sont équipés d’appareils photos numériques et n’ont donc plus besoin d’un tiers pour développer leurs prises de vues, de même les photomatons font l’unanimité lorsqu’il faut réaliser de petites photos. Les professionnels de la photo ont bien tenté de passer au numérique en donnant la possibilité à leurs clients de faire développer leurs photos sur papier mais c’était sans compter sur les bornes automatiques et les sites internet qui offrent le même service pour moins cher. Seule protection pour ce métier en perdition, celui de la législation des photos d’identité pour carte nationale ou passeport sur lesquels ils sont les seuls à délivrer le format légal.

Ainsi, pour la majorité des secteurs d’activité, 2011 restera une année noire, excepté pour quelques-uns, et même si tous espèrent un rebond rapide, l’essentiel des fédérations restent pessimistes, ou du moins attentistes comme Henri de Lavalette, directeur de l’Unep Haute-Garonne.

Séverine Sarrat

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.