Les investissements d’avenir: Louis Gallois veut des résultats rapides en Midi-Pyrénées

Après la publication de son rapport sur la compétitivité, Louis Gallois, commissaire général à l’investissement,  était jeudi dernier, à Toulouse pour assurer les porteurs de projet midi-pyrénéens des fonds débloqués dans le cadre du programme d’investissement d’avenir. Territoire de recherche et d’innovation, la région a présenté 84 projets tels le Toulouse White Biotechnology, la SATT, Decidaie… qui ont été retenus pour bénéficier des sommes allouées par le programme.

 

1.75 milliards d’euros. C’est le montant des fonds que l’Etat attribue aux 84 projets générateurs de croissance de Midi-Pyrénées pour leur permettre un développement rapide et maîtrisé. Par ce dispositif, le gouvernement entend relancer l’économie du pays à long terme notamment en rapprochant la recherche publique des industries privées. Faire des idées individuelles, des innovations publiques capables de tirer l’économie de tout un pays vers le haut, telle est l’ambition étatique. «Notre but est de rassembler, nous devons travailler tous ensemble, les PME comme les industries et les collectivités territoriales», explique Louis Gallois, Commissaire général à l’investissement. Le programme, baptisé «Investissements d’avenir», porte bien son nom puisqu’il s’agit de financer des initiatives régionales, choisies par un jury international et validées par le premier Ministre. Pour attester de leur utilité publique, les porteurs de projets ont dû démontrer que leur initiative pourrait être à l’origine d’une synergie régionale, visant un travail commun entre les sphères publiques et privées, mais aussi entre la recherche et l’industrie. C’est dans ce but que Louis Gallois a fait escale à Toulouse, reçu par Henri-Michel Comet, préfet de Midi-Pyrénées, Martin Malvy, président de région et Pierre Cohen, maire de Toulouse. «Midi-Pyrénées est une région de haute technologie dans laquelle la densité de recherche est une des plus fortes de France ; les investissements d’avenir doivent donc y tenir une place importante, d’où ma venue dans la ville rose», s’exclame Louis Gallois, qui tient à associer les collectivités territoriales à ces investissements.

 

60 à 80 projets en Midi-Pyrénées

 

La région Midi-Pyrénées, essentiellement tournée vers les activités aéronautiques, doit diversifier son économie et c’est grâce aux investissements d’avenir notamment, qu’elle pourra le faire de manière pérenne. Le territoire reste un terrain favorable à l’objectif affiché d’accélérer le développement des secteurs en tension : «Nous ne devons pas nous centrer uniquement sur l’aéronautique puisque le territoire dispose de talents dans les domaines de la biotechnologie, de la santé, des logiciels associés à l’espace et l’aéronautique», poursuit le commissaire général à l’investissement. Pour assurer la compétitivité des entreprises, l’innovation reste indispensable puisque cette dernière en est le facteur-même. Et c’est bien le rôle du commissariat de la stimuler et d’y impliquer les collectivités de Midi-Pyrénées. Il s’agit en réalité de la troisième étape de la décentralisation puisque le commissariat à l’investissement garde pour mission de maîtriser les impacts sur les territoires. «Ce milliard alloué aux projets de la région, doit être un levier permettant de générer d’autres financements», issus notamment des collectivités locales et des investisseurs privés.

Quelque 60 à 80 actions ont lieu sur le territoire midi-pyrénéen dont l’objectif ultime est de commercialiser un projet élaboré en laboratoire : «c’est cela la réussite ! Et je souhaite que les résultats soient rapidement visibles», affirme Louis Gallois.

 

L’Idex est en bonne voie

 

Parmi les projets régionaux bénéficiant des fonds attribués par les investissements d’avenir, Toulouse White Biotechnology qui doit favoriser, à terme, l’utilisation de la biomasse agricole et forestière. Cette initiative sera financée à hauteur de 20 millions d’euros par le programme pour permettre essentiellement l’élaboration de molécules ouvrant la voie à la production durable de biocarburants. De même, la SATT Midi-Pyrénées, Toulouse Tech Transfert (TTT) sera dotée de 70 millions d’euros pour assurer la valorisation de la recherche publique. Ayant pour vocation de créer de la valeur économique aux recherches effectuées en laboratoire, TTT devra pourvoir générer 10 millions d’euros en dix ans pour s’assurer une pérennité certaine. Si cet objectif est atteint, le levier financier que représentent les investissements d’avenir aura joué son rôle plein.

D’autres projets sont d’ores et déjà labellisés mais attendent encore un conventionnement de l’Etat comme l’Idex. Si ce dernier a du mal à se concrétiser, Louis Gallois renouvelle son enthousiasme et précise «la bonne avancée des choses puisqu’un débat a eu lieu durant lequel chacun a pu s’exprimer et si les points de vue sont encore différents, ils tendront à converger à terme.» Et la Ligne à Grande Vitesse ? Elle rentre également dans les critères de sélection des investissements d’avenir, «et sera un accélérateur par la suite», confie le commissaire général, mais il s’agit là d’une autre histoire…

 

Séverine Sarrat



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.