Les fabuleux pied-à-terre des dictateurs étrangers

Pour les raisons que l’on connait, les Ben Ali, Les Moubarak, Kadhafi et autres ne peuvent plus jouir de leurs propriétés en France. Mais par contre, d’autres continuent à fréquenterla Jet Setinternationale et particulièrement française. On le sait, ces milliardaires, ces aristocrates, ces nouveaux riches, le plus souvent des dictateurs dans leurs pays d’origines, n’ont ici dans l’hexagone, qu’une principale occupation celle de «faire la fête», de faire les achats les plus luxueux possibles et couler des jours heureux. Pour se distraire, leurs choix se portent sur les lieux, les endroits les plus huppés, qu’il s’agisse d’Hôtels, de restaurants, de clubs privés, de  stations thermales ou balnéaires… Et bien entendu, dans bon nombre de lieux dont ils sont les «heureux» propriétaires…

Des nababs qui vivent dans le plus grand luxe, alors que dans leurs pays respectifs, leurs congénères sont exploités et vivent dans la misère et la crainte du pouvoir.

Sauf que leur extravagances ou excès font des heureux auprès  des vieilles familles françaises en quête de liquidités ou de notre Etat surendetté mettant en vente les joyaux de son patrimoine.

Comment la France cède son patrimoine

Ainsi, depuis quelques années, l’Etat français s’est donné pour objectif de vendre près de 2000 biens immobiliers lui appartenant. Des biens de grands renoms qui sont, ou étaient, le fleuron de notre pays ou des biens plus modestes comme on peut en trouver à Toulouse ou ailleurs. Un projet que le Gouvernement peine à mettre en œuvre, car pour les patrimoines conséquents les candidats sont peu nombreux et pour les plus modestes, comme par exemple à proximité dela Cépièreà Toulouse, c’est l’Etat lui-même  qui semble peu enclin à céder ses biens, malgré des offres intéressantes… Au point que certains promoteurs locaux commencent à se poser des questions sur ces stratégies et sur ce qu’elles pourraient cacher. Mais c’est un autre sujet…

Oui, des lieux mythiques qui sont cédés à des étrangers aux fortunes colossales constituées, en premier lieu, grâce à la manne du pétrole. Mais aussi, pour beaucoup d’autres, grâce à des fonds aux origines plus diverses pour ne pas dire, à la traçabilité plus compliquée. Ce qui pourrait poser, là comme ailleurs et avec plus d’acuité, la question de l’intérêt stratégique et économique vrai… Notamment quand il s’agit d’investisseurs africains, qui dans bon nombre de cas, ont oublié que la démocratie n’est pas un vain mot que l’on mélange à toutes les sauces, pour se faire réélire, mais une volonté, une ambition de meilleur destin pour son Peuple…

Une règle vite oubliée par les pouvoirs publics qui ne pensent qu’à se débarrasser d’un patrimoine difficile à entretenir, à gérer et surtout dont les frais sont difficiles à amortir. C’est ainsi que bon nombre d’hôtels, de vignobles, de monuments du patrimoine français deviennent propriété de fortunes étrangères.

Alors, pourquoi cet engouement pourla France de la part d’étrangers fortunés? Les Français seraient-ils les seuls à se sentir mal dans leurs propre pays ? Sont-ils capables d’un pessimisme tel  que l’on pourrait se poser la question de leur vraie valeur patriotique ? L’Etat serait-il moins regardant sur l’origine des fonds ?La Francen’a-t-elle que cette ressource pour combler sa dette ?

Pour autant de questions dont les réponses, on le sait sont difficiles à trouver. Car là comme ailleurs, Droite, Gauche, Centre etc… sont bien d’accord : «motus et bouche cousue»…

Un Saoudien achète 12 établissements pour 1,6 milliards d’euros

Ca n’est pas une nouveauté, les sultans, comme les émirs et les rois des pays arabes ont toujours raffolé, pour asseoir leur prestige, de faire l’acquisition d’hôtels particuliers, de vignobles ou de marques de prestiges notamment dans tout ce qui touche la mode. C’est ainsi qu’en 2009, la société du cheik saoudien Al Jaber, MBI International, a déboursé 1,6 milliard d’euros pour racheter douze établissements de prestige : Les hôtels parisiens Lutetia, Concorde Lafayette et Montparnasse, le restaurant Grand Véfour ainsi que l’hôtel Massalia à Marseille, le Palais dela Méditerranéeà Nice et le Martinez et le Casino à Cannes

Cannes : le Carlton devient qatarien

En fait, il n’aura pas fallu bien longtemps pour voir le riche libanais Toufic Aboukhater revendre le Carlton de la Croisette de Cannes… Après l’avoir acquis, en avril 2011, dans des conditions bien particulières pour 450 millions d’euros. Un montant que les spécialistes ont trouvé, à l’époque, sous évalué. Voilà que l’homme d’affaires l’a rapidement cédé, il y a quelques jours  pour, semble t-il, 3 fois son montant d’origine… Aujourd’hui, c’est un investisseur qatarien, Ghanem Ben Saad al-Saad, qui en prend le contrôle. Ce dernier qui dirige la filiale du fonds souverain du Qatar, Qatari Diar, s’engage sur an à faire réaliser d’importants travaux, afin de redonner à cet établissement son lustre d’antan…

Un Qatari menace un joyau

de 80 millions d’euros

On le sait peu, mais le neveu de l’émir du Qatar, le Prince Saud Al-Thani est l’heureux propriétaire de l’hôtel d’Evreux, situé place Vendôme comme de l’hôtel Coislin, sur la place dela Concorde. Maisaussi et surtout du petit joyau qu’est l’hôtel Lambert. Ce magnifique palais du 17ème siècle, conçu par l’architecte Le Vau sur l’île Saint-Louis, et classé… aux Monuments Historiques. Il a été acheté en 2007 pour  la bagatelle de 80 millions d’euros ! Sauf qu’aujourd’hui le cheikh qatarien souhaite y réaliser des travaux pharaoniques qui pourraient ne pas respecter la règle d’or imposée par les gardiens des fameux… Monuments Historiques. Ainsi, le Prince entendait y installer quatre ascenseurs, de nombreuses salles de bains et même créer un parking souterrain ! Sauf qu’une association «Paris Historique», informée des souhaits du nouveau propriétaire a saisi la justice qui vient de lui donner raison. Aujourd’hui l’hôtel serait en vente et intéresserait des Chinois et même un investisseur grec.

Un Italien débourse

1 milliard d’euros pour le Printemps


Et que dire aussi de ces acquéreurs étrangers qui, avec leurs entreprises respectives, capitalisent à Paris, donnant de fait un coup de fouet à l’immobilier dont le prix du m2, dans la capitale, n’a jamais été aussi haut ? Ainsi, le groupe Carlyle n’a pas hésité à débourser 165 millions d’euros pour un immeuble «Belle Epoque» de21500 m²rue du Bac. Mais voilà que les italiens s’intéressent à nos joyaux ; ainsi François Pinault, vient de dévoiler le montant de la vente des grands magasins du Printemps en 2006, à l’homme d’affaires et richissime italien Maurizio Borletti. Ce dernier, par ailleurs propriétaire des grands magasinsLa Rinascente, a déboursé près de 1,5 milliard d’euros.

Les Russes à l’assaut du cognac

C’est une vérité qui ne sera jamais démentie. Oui, les produits du terroir Made In France, ne seront jamais démodés, jamais déclassés et même prendront au fil du temps toujours plus de valeur ajoutée. Dans ces conditions, pas étonnant que depuis toujours,la Francesoit enviée pour ses richesses de savoir comme de réalisation de produits rares, incomparables… Pas surprenant que nos vignobles, du Bordelais, Champagne, comme ceux du Rhône, des Charentes, du Gers et même du Languedoc-Roussillon ou de la région Paca intéressent tous les investisseurs étrangers, bien souvent les nouveaux riches en quête de reconnaissance. C’est ainsi que depuis près de 10 ans, des investisseurs Russes achètent à tour de bras au pays du cognac et seraient intéressés aujourd’hui par l’Armagnac. C’est le groupe moscovite MVZ qui rachète la maison Jenssens, tandis que le «Russian Wine Trust», déjà propriétaire du vignoble de Lajasson, s’offraitla Maison Croizet-Eymardet ses59 hectaresde vignes. C’est au tour d’Aroma d’acquérir la maison Fussigny. Un business qui n’est pas près de s’arrêter d’autant que les russes raffolent du cognac. Avec chaque année plus de 10 millions de bouteilles qui sont en moyenne exportées versla Russie, pour un chiffre d’affaires qui dépasse le milliard d’euros annuel.

L’entrée des Chinois dans le Bordelais

C’est connu, les Chinois considèrent le Bordelais comme le meilleur vignoble au monde. Alors, depuis près de 5 ans, ils avancent à pas de fourmi pour acquérir ici château Latour-Laguens, pour plus de 2 millions d’euros… Là, de petites propriétés qu’ils regroupent sous des labels composites. C’est le groupe Longhai qui est derrière cette stratégie d’acquisition tout en ayant la maîtrise totale des exportations de vins de Bordeaux versla Chine.Commeune résonance de cause à effet, on ne sera pas surpris d’apprendre que le CA annuel réalisé par les exportations progresse de 100% chaque année avec plus de 200.000 bouteilles produites en 2011. Et ce n’est qu’un début…

Un Russe achète la villa

la plus chère du monde

C’est le milliardaire russe Mikhail Prokhorov qui n’a pas hésité à débourser, au final, près 700 millions d’euros pour s’offrir la prestigieuse villa «Leopolda», située à Villefranche-sur-mer. Une villa, rappelons-le, qui fut acquise en 1902 par le Roi des Belges Léopold II pour le franc symbolique. Plus tard, en 1915, elle fut transformée en simple hôpital pour les martyrs dela Grande Guerre.Un siècle plus tard, l’immense propriété de huit hectares est toujours là avec ses centaines d’oliviers, de cyprès, citronniers, orangers et autres pruniers. Un site exceptionnel où le souverain fit construire cette somptueuse villa belle époque dotée d’une tourelle centrale qui est devenue littéralement un ovni immobilier.

Une somme astronomique qui démontre une fois encore l’appétit des oligarques pourla Côted’Azur. Au point de vouloir y étaler leurs fastes comme leurs rêves les plus fous. Pour l’anecdote, c’est en effet bien là que, voilà quelques années, un milliardaire s’était dit prêt à débourser plusieurs dizaines de millions d’euros pour détourner la voie ferrée Nice-Toulon-Marseille. On l’aura compris, afin que le bruit des trains ne le dérange pas dans son sommeil ! Un signe aussi, voilà que les agences immobilières traduisent désormais leurs annonces en russe et en chinois! Et ces nouveaux riches ne se gênent pas pour étaler leurs caprices au grand jour.

40 appartements et maisons

pour le président gabonais Ali Bongo

Lorsqu’il se déplace en France, le président du Gabon, Ali Bongo, a le choix pour poser ses valises. Il possède 40 appartements et maisons dont un hôtel particulier près des Champs-Elysées acquis pour 25 millions d’euros en 2007. Ou encore cette dernière acquisition en date, achetée à la famille Pozzo di Borgo, avec un splendide hôtel particulier parisien de4.000 mètres carrés, situé rue de l’Université, tout près de l’Assemblée nationale. Il a été valorisé à 80 millions d’euros. C’est l’architecte d’intérieur Alberto Pinto, l’un des plus chers de la place, qui est chargé de la rénovation pour un budget de près de 40 millions d’euros.

Météo France  verrait

son siège historique

remplacé par une église Russe

C’est en 2010, que l’Etat Russe, a acquis l’ancien siège de Météo France situé quai Branly à Paris. Une vente qui a rapporté au gouvernement français plus de 60 millions d’euros. Un achat motivé par le souhait  exprimé par l’Etat russe d’en faire, avant la fin 2012, une église orthodoxe russe.

Sassou Nguesso, le président congolais

aux 20 propriétés

Le président congolais, Denis Sassou-Nguesso, semble apprécier l’immobilier en région parisienne. Il détient 20 propriétés dont un hôtel particulier avec piscine à Neuilly, acquis pour la bagatelle de 4 millions d’euros. Sans oublier un logement de neuf pièces dans le XVIIe arrondissement de Paris acheté récemment pour 3 millions d’euros.

La Prison de Cahors est en vente

En effet, la prison la plus ancienne de France intéresse bon nombre d’investisseurs dont des Chinois. Ces derniers semblent avoir la côte auprès des pouvoirs publics français, car ils souhaiteraient en faire un lieu de culture avec un hôtel-restaurant de grand luxe… Les études de marchés sont lancées et la décision pourrait être prise rapidement. Rappelons que ce lieu possède quelques parties qui sont classées monuments historiques… Une vente dont on mesure déjà favorablement les bienfaits pour la ville de Cahors, son économie locale et même régionale.

Qu’en est-il du futur de la prison Saint Michel, à Toulouse ?

Le sultan de Brunei possède

le Plaza Athénée et l’hôtel Meurice.

C’est Place Vendôme, que le sultan de Brunei, Haji Hassanal Bolkiah Mu’izzadin Waddaulah, possède un hôtel particulier de5000 mètres carrésqui n’est quasiment jamais habité. Il est vrai que ce monarque d’un micro-Etat pétrolier, adore, comme nous le confieront ses proches, collectionner dans le monde les trophées immobiliers. C’est ainsi qu’il s’est récemment offert, en plus de son modeste pied-à-terre parisien, le Plaza Athénée et l’hôtel Meurice.

Nesrine Ben Ali,

achète un hôtel particulier

Dernière en date à dégainer, Nesrine Ben Ali, fille de l’ex-président tunisien, a acheté l’an dernier un hôtel particulier proche de l’avenue Foch. Elle n’en aura pas profité longtemps, car réfugiée à Dubaï avec son époux, l’homme d’affaires Sakhr el-Materi, la jeune femme de 24 ans est désormais interdite de séjour en France. Mais sa bâtisse ne devrait pas avoir de mal à trouver un acquéreur ; parmi les princes du Moyen-Orient, les dictateurs africains et les présidents inamovibles d’Asie centrale, les amateurs ne manquent pas.

¤ Il y a trois ans, la famille royale de Bahreïn a craqué pour l’hôtel de Bourbon-Condé, dans le très chic VIIème arrondissement de Paris. Montant de la facture: 66 millions d’euros.

¤ L’émir d’Abu Dhabi, Kalifa ben Zayed, dispose d’une vaste propriété dans l’Oise. Valeur estimée : 25 millions d’euros.

¤ En 1937 Bao Dai, dernier empereur de l’Annam, s’est offert un château dominant la baie de Cannes… Précurseur dans le domaine, il a depuis fait bon nombre d’émules notamment auprès des enfants de bon nombre de dictateurs que compte cette planète. Ainsi ces rejetons illustres, trouvent matière, avec ces pieds à terre uniques à venir faire leurs emplettes comme à profiter des meilleurs lieux de la capitale…

¤ En mai 2008, la famille royale de Bahreïn a ainsi craqué pour l’hôtel de Bourbon-Condé, dans le VII arrondissement de Paris. Montant de la transaction : 66 millions d’euros.

¤ L’émir du Qatar a quant à lui jeté son dévolu sur l’hôtel de Coislin, idéalement placé à l’angle de la place dela Concordeet de la rue Royale. Son neveu, le cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, qui n’a pas encore 30 ans, a acheté à David et Edouard de Rothschild l’hôtel Lambert, une splendeur du XVII siècle qui forme la proue de l’île Saint-Louis. Après des restaurations supervisées par Alain-Charles Perrot, ancien architecte en chef des Monuments historiques, le coût total avoisinera les 200 millions d’euros.

L’achèvement de l’ouvrage est prévu pour 2013.

¤ L’émir Zayed d’Abu Dhabi possède un  château dans l’Oise  situé au milieu d’une propriété de80 hectares, avec écuries, jardins classés, chutes d’eau et canal privé, à quelques kilomètres de Chantilly. Le souverain, grand propriétaire de chevaux de course, ne rate jamais les prix de Diane et du Jockey Club, au mois de juin. Et, tous les deux ans, il vient en voisin faire ses emplettes au Salon de l’aéronautique du Bourget. Un homme généreux qui, récemment, a fait un don de 250.000 euros pour ouvrir une épicerie dans le village d’Asnières-sur-Oise.

¤ Plus discret, Karim Wade, le fils du président du Sénégal, se contente d’un vaste appartement avenue Foch, et sa jeune sœur Sindiély d’un logement avenue Pierre-Ier-de-Serbie. Mais c’est surtout à Saint-Tropez que Karim aime faire la fête. Surnommé Monsieur 15% (à cause des bakchichs) par l’ambassadrice des Etats-Unis à Dakar dans un télégramme diplomatique révélé par WikiLeaks. Wade junior s’y rend régulièrement avec son jet privé.

¤ C’est aussi Tatiana Datchenko, fille de l’ancien numéro 1 russe Boris Eltsine et heureuse propriétaire d’une immense propriété sur la pointe du Capon, offerte par son ami oligarque Roman Abramovitch.

¤ Teodorino Nguema Obiang, le fils de l’inamovible dictateur de Guinée équatoriale, un narco-Etat imbibé de pétrole. Ce play-boy possède plusieurs «chez-lui» en France, mais il préfère descendre à l’Hôtel de Crillon, ou mieux encore, àLa Réserve Paris, dont les dix appartements de très grand luxe, au Trocadéro, se louent jusqu’à 5000 euros par jour. Grand amateur de voitures, Teodorino se sent plus à l’aise pour y garer sa Bugatti Veyron (1,1 million d’euros) et ses Maybach, Ferrari ou Aston Martin.

¤ Lola Karimova, 32 ans, et milliardaire elle aussi, adore pour sa part flamber chez les grands couturiers et dans la joaillerie, de préférence chez Boucheron. Fille cadette du dictateur Ouzbek Islam Karimov, cette jolie jeune femme a été nommée début 2008 ambassadrice de son pays auprès de l’Unesco, à Paris. Mais elle passe l’essentiel de son temps à organiser des soirées jet-set dans son appartement proche de l’avenue Montaigne ou dans des lieux publics qu’elle privatise à grands frais. En guise de conseiller, elle s’est attaché les services de Massimo Gargia.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.