Les commerçants/artisans en colère/ Ces travaux qui n’en finissent pas

Depuis déjà plusieurs années, les travaux en tout genre fleurissent dans l’agglomération et les plaintes également. Celles des riverains qui ne voient jamais la fin du bal incessant des ouvriers mais surtout les commerçants et artisans dont les recettes sont directement impactées. Parmi eux, Pierre Pérez, fondateur de la carrosserie éponyme, située route de Narbonne, qui déplore la longueur infernale des travaux.

 

Quelle est la nature des travaux effectués route de Narbonne qui pénalisent votre entreprise ?

Je pense qu’ils sont en train de refaire tous les réseaux et cela devrait durer jusqu’au mois de décembre 2013, sachant qu’ils ont débuté il y a approximativement six mois. Ils refondent les trottoirs, renouvellent toutes les canalisations, ils enterrent les fils électriques et ceux du téléphone qui étaient jusque-là aériens… dans le fond ils ne font que normaliser mais ils paralysent la circulation de la Route de Narbonne jusqu’à la sortie de Ramonville. Dans un même temps, ils travaillent sur une desserte de bus dont une partie sera en site propre.

 

En tant qu’artisan/commerçant présent sur une zone de travaux, vous avez été prévenus et informés de ces travaux et de leur durée…

C’est vrai, tout a été fait en bonne et due forme, des enquêtes ont même été menées, mais il n’en est pas moins vrai qu’au moment de la réalisation, au moment où l’économie locale a des difficultés à se maintenir, ces travaux détournent toute la clientèle car plus personne ne souhaite passer sur cette route. Ils cherchent à éviter cette rue et à la contourner. Résultat : l’ensemble des 70 artisans et commerçants placés sur l’avenue sont grugés. Et la logique veut que, lorsque les automobilistes ne peuvent plus rentrer dans un village et accéder aux commerces de proximité, ils s’engouffrent dans les grandes surfaces. C’est le phénomène que nous subissons. Cependant, je reconnais que tout a été fait correctement mais cela traîne en longueur et la gêne se vérifie au quotidien.

 

« C’est inadmissible ! »

 

Quel est l’impact économique de ces travaux sur votre carrosserie ?

Nous enregistrons une baisse de notre chiffre d’affaires de 25%. Quant au restaurant situé un peu plus loin, sur cette même route, il a subi une diminution de 40% lorsque les travaux étaient situés devant sa vitrine. Il ne s’agit pas d’une plaisanterie, l’affaire est grave ! Certains pensent même mettre la clé sous la porte ! La boulangerie Garcia à Ramonville, par exemple, a connu de grandes difficultés. Et je pense que tous les boulangers qui se trouvent sur cette zone, redoutent la fermeture car leur commerce dépend énormément du passage des riverains et des Toulousains en général.

Il est tout de même affolant que pour gagner trois minutes pour la traversée de Ramonville en bus, les collectivités locales soient prêtes à dépenser des millions en tuant le commerce local au passage. C’est inadmissible ! Le gain de temps n’est pas justifié par rapport au dérangement occasionné.

 

Concrètement, quels désagréments ces travaux vous causent-ils ?

Je suis livré, chaque semaine, par des semi-remorques qui ne peuvent plus accéder à la carrosserie. Ils doivent décharger les voitures place de l’église et les amener jusqu’à mon entreprise, une par une. De plus, sur un parking composé de deux entrées, l’une d’entre elles est condamnée et sur un atelier qui fonctionne avec deux issues, l’une est bouchée. Je ne remets pas en cause la bonne foi des ouvriers du chantier qui ne peuvent pas faire autrement, mais plutôt le système.

 

Vous prêchez uniquement pour votre paroisse ?

Je ne suis pas monté au créneau parce que je ne voulais pas que l’on puisse me reprocher de profiter de mon ancien réseau d’influence pour entraver des projets. Par contre, si je n’avais eu mes anciennes fonctions de président de la Chambre de Métiers et de l’Industrie, je ne me serais pas tu. Et si personne ne prend le rôle de porte-parole, c’est parce que les artisans-commerçants se sont laissés endormir. Personnellement, je reste la tête haute, et je leur demande de faire au plus vite pour achever ces travaux qui nous empêchent de travailler. Aucune action n’est prévue pour l’instant, mais si ce problème dure, je pourrais revoir mes positions.

 

Un appel au bon sens

 

Que demandez-vous aux collectivités locales ?

Il faut accélérer les travaux, quitte à faire travailler plus d’entreprises sur ce chantier, pour que la gêne soit minime. Même à commencer à six heures du matin jusqu’à dix heures du soir, en deux équipes. Les riverains seraient aussi ravis que les travaux se réalisent le plus rapidement possible. C’est affaire de bon sens. En parlant de bon sens… j’ose espérer que la refonte des trottoirs prendra un peu plus en compte le paysage urbain actuel. Par exemple, ma carrosserie réserve une entrée pour le passage des gros camions mais, là encore, je suis obligé de me battre car ils construisent des trottoirs d’une avancée d’un mètre, ce qui deviendrait un problème pour nous. J’ai envoyé des courriers à qui de droit pour leur demander de ne pas continuer, nous verrons bien…

 

Votre carrosserie arbore une banderole de protestation…

Nous nous sommes amusés à écrire… (rires) tous ensemble car les salariés souffrent aussi de la situation. D’une part parce que l’entreprise dans laquelle ils travaillent est en danger, mais aussi parce que leurs conditions de travail se sont dégradées à cause des travaux.

 

Propos recueillis par Séverine Sarrat

 



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