Implantation à l’étranger: Le Vietnam, un pays d’avenir

 

Nombre d’entreprises françaises cherchent aujourd’hui à conquérir de nouveaux marchés, notamment à l’étranger. Et celui du Vietnam reste particulièrement ouvert selon les dires du vice-président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française au Vietnam, Jean-Jacques Conte. Il revient sur l’attractivité en constante évolution de ce pays et sur les opportunités à ne pas manquer, sans oublier les conseils indispensables pour les entrepreneurs désireux de se lancer.

 

Jean-Jacques Conte, en tant que Vice-président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française au Vietnam, pouvez-vous revenir sur la mission première de cette association ?

La CCI Française au Vietnam fait partie de l’Union Internationale des Chambres de Commerce de l’étranger qui regroupe 107 chambres françaises à l’étranger. Créée en 1989, elle est composée aujourd’hui de 256 entreprises qu’il s’agisse de grands groupes, de PMI-PME ou de TPE. Elle a pour vocation de promouvoir ses membres, mais aussi de valoriser le Vietnam vis-à-vis de la France et par conséquent d’attirer des entreprises françaises vers ce pays en leur exposant ses opportunités. Nous avons eu beaucoup de difficultés en Midi-Pyrénées à valoriser l’image du Vietnam comparé à d’autres régions. Hélas, la région Midi-Pyrénées ne dispose que d’une seule entreprise de taille intermédiaire implantée là-bas à savoir Pierre Fabre, et ce depuis 1992.

 

Comment expliquez-vous cette réticence des entreprises Midi-Pyrénéennes ?

Je crois qu’elles sont plutôt attirées par l’Amérique du Nord, du Sud, l’Afrique, la Chine et peu par l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est, ndlr), ce qui est dommage car il s’agit d’une communauté qui a un avenir fantastique et qui pèse de plus en plus à la fois sur le plan économique et géopolitique. Toute entreprise de Midi-Pyrénées qui souhaite occuper une place de plus en plus importante à l’export doit s’implanter sur des plateformes à l’étranger pour exporter dans la zone de son installation mais le Vietnam n’a pas l’aura dont dispose la Chine. Or, dans l’ASEAN, le Vietnam est la deuxième puissance économique, en termes de population et de dynamisme. C’est un marché énorme !

 

Au sein de la CCI Française au Vietnam, quel est votre rôle ?

J’ai deux missions, à savoir représenter la Chambre de Commerce et d’Industrie du Vietnam en France et en Europe, et faire le maximum pour que les entreprises du grand Sud-Ouest s’implantent au Vietnam. Ce rôle est à la fois exaltant mais parfois difficile, notamment en Midi-Pyrénées. Je pense finalement qu’il existe une typologie psychologique des habitants de la région qui sont moins tournés vers l’export que les Bordelais par exemple, ou les Montpelliérains.

 

 Exportations et implantations

Aujourd’hui, quelle est la situation économique du Vietnam ?

Premièrement, le Vietnam a une remarquable stabilité politique. Le Parti Unique conforte toujours son adhésion aux principes marxistes mais reste très pragmatique et donc capitaliste. Cette stabilité politique est associée à une stabilité juridique, avec, de plus en plus, un respect de la propriété privée ce qui garantit la non-copie d’une entreprise implantée. D’autre part, les lois font que le Vietnam privilégie l’installation des exportateurs ; ainsi, il n’y a aucune taxe sur les importations, ni sur les exportations, et les capitaux peuvent être rapatriés sans prélèvement du moment qu’ils créent des emplois et de la richesse. Par contre, comme ils souhaitent un développement rapide, ils optent pour le développement intensif des régions côtières et des cultures, ce qui les conduit à des expropriations engendrant des tensions internes et quelques révoltes des ethnies minoritaires.

Sur un plan économique pur, le Vietnam a subi la crise mais s’en est sorti rapidement. Créant trop de monnaie pour cela, une forte inflation a rendu difficile l’obtention de crédits pour les petites entreprises locales. Mais, conformément à leur efficacité légendaire, l’inflation, qui atteignait les 23% en août 2011, a été jugulée aujourd’hui pour ne flirter qu’avec les 6%.

 

Quels sont les avantages que peut trouver une entreprise à s’implanter au Vietnam et vos conseils pour le faire ?

Soit une entreprise ne souhaite qu’exporter et diffuser ses produits au détail, au quel cas elle doit passer par un distributeur local. Il convient alors de bien choisir son distributeur. Dans ce domaine, il faut faire attention aux Vietnamiens vivant à l’étranger qui font miroiter des avantages incontestables mais qui, en général, sont des gens qui ont fui leur pays en 1954, 1956, 1962 ou 1975 et qui ne connaissent plus la langue et n’ont plus de réseaux, contrairement à ce qu’ils avancent.

Soit une entreprise souhaite produire au Vietnam, et la CCI peut l’aider à se domicilier. Elle loue des locaux à des tarifs 10 fois inférieurs au tarif public, ce qui permet à la société d’ouvrir des bureaux de représentation, de faire ses études de marché, de jeter les bases de son développement, avant de quitter la CCI et de se lancer. Il s’agit d’une sorte de pépinière. Quant aux avantages, le principal reste bien sûr le coût de la main d’œuvre. Au Vietnam, l’ouvrier moyen est payé 150 dollars par mois, un ingénieur jusqu’à 500 dollars et un cadre 3 000 dollars.

Propos recueillis par Séverine Sarrat



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