Le temps des catastrophes

Au-delà des autres moments forts de l’actualité c’est la crise financière (et économique bientôt) qui secoue les États-Unis et le monde, qui fait, pratiquement tous les jours, la une de l’actualité au point de constituer le temps d’une catastrophe (annoncée) vécue avec beaucoup d’angoisse par la population (81 % des Français sont inquiets ; 73 % estiment que cette crise financière aura un impact sur sa vie quotidienne ; deux personnes sur trois sont favorables à l’intervention de l’État).
 

Et chacun de rechercher à mieux comprendre les raisons et l’avenir de cette tempête (durable ou pas, désastreuse ou non, emportant tout sur son passage, mettant en difficulté ou pas notre système bancaire ou notre banque). À André Malraux qui lui demandait quels enseignements il tirait de la Révolution française, Chou-en-Laï avait répondu «Il est encore trop tôt pour le dire».
Combien de temps faudra-t-il avant de comprendre la crise des subprimes et d’y voir clair ? Des décennies peut-être comme pour la grande dépression de 1929 à laquelle il est aujourd’hui constamment fait référence. Reste à poser des questions pour éclairer le chemin des causes et mieux tenter d’imaginer où l’on se dirige. Question essentielle : la crise des subprimes est-elle seulement très grave ou est-elle gravissime ? «Difficile» écrit Pierre-Antoine Delhommais «de ne pas croire au pire tant la réalité financière dépasse chaque jour un peu plus la fiction». «Wall Street ne s’effondre pas, Wall Street est en crise», affirme George Soros, «l’homme qui fit sauter la banque d’Angleterre en 1992 en spéculant contre la livre sterling, cette crise va se transmettre à l’économie réelle.»

 


Pour trois économistes d’ATTAC, «il est urgent de rompre avec l’emprise de la finance. Les régulations traditionnelles n’ont pas résisté à la crise financière». Il faut s’attaquer à la racine du mal soulignant que «quelque 100 000 personnes seulement disposent d’avoirs financiers équivalents au quart du PIB mondial, soit près de 15 000 milliards de dollars.»
Pour le Professeur Michel Aglietta «nous assistons à une crise majeure, celle de l’organisation même du système financier ; elle a été provoquée par un phénomène de surendettement que la modèle des banques d’affaires et d’investissement a énormément amplifié». Et l’économiste de poursuivre qu’on peut s’attendre «à une remontée de l’épargne et à une baisse de la consommation, qui produira sinon une récession, du moins une stagnation économique.»
Que peut faire le Chef de l’État qui est aussi Président du Conseil européen ? Au-delà de son discours du 25 septembre à Toulon, a-t-il convaincu les Français de l’éloignement de la catastrophe ? Que proposer de viable pour remédier aux effets probables de la crise qui s’est déclenchée à Wall Street. Et si la déconfiture du système financier était devenue avant tout un défi pour la gauche ? En France, nombreux sont ceux qui attendent du PS qu’il propose une conception de l’économie distincte de celle de la droite. Il ne suffira pas, en temps de crise, voire, en temps de catastrophe d’être anti-sarkozyste pour revenir au pouvoir. Voilà donc la crise financière qui se présente comme un véritable défi pour les gouvernants, certes mais aussi pour la gauche.

Stéphane Baumont


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