L’avenir industriel de la région toulousaine : la CCIT sort le grand jeu

Pour une stratégie offensive du développement industriel du territoire toulousain : la CCI de Toulouse affiche son diagnostic et ses ambitions pour l’industrie régionale ! Forces, faiblesses, enjeux et actions : le rapport publié en mars 2013 dresse un état des lieux et mise sur les industries de demain.

 

 

En ces temps de crise, de concurrence mondiale, de mutations technologiques et de marché, l’industrie apparaît à nouveau comme un fer de lance de l’économie et le principal moteur de l’emploi, de l’investissement, de la recherche et des exportations.

Forte de ce constat, la dynamique Chambre de Commerce et d’Industrie de Toulouse, soucieuse de redorer son « I », a lancé en juin 2012 une réflexion stratégique visant à se doter d’une vision prospective (et partagée) du développement et des filières industrielles sur le territoire toulousain. 4 ateliers, 30 entretiens ciblés, 100 participants plus tard, un rapport de plus de 80 pages, présenté par Alain di Crescenzo, président de la CCIT, dresse un état des lieux sans concession de l’industrie en Midi-Pyrénées et des pistes à creuser pour en assurer ou renforcer la compétitivité. Et ce dans un contexte où la France se place au 15e rang européen pour la part de l’industrie dans la valeur ajoutée (12.5% en 2011) et où l’effectif de l’emploi salarié industriel s’est réduit de moitié en 30 ans…

En Midi-Pyrénées, le diagnostic a été conduit selon deux axes : une lecture des forces et faiblesses selon le capital d’attractivité (portant à la fois sur le capital humain et les savoirs, l’innovation, les réseaux, les infrastructures, la communication et l’image du territoire) et sur les filières, « matures et structurantes », « historiques et traditionnelles » ou en développement.

Côté positif, la région se classe 1ere pour la croissance du PIB en 2012 et pour les efforts de financement en R&D, 2e pour son solde migratoire positif, 3e pour l’export et l’accueil d’investissements étrangers directs, et Toulouse, 2e pôle universitaire de France (hors Paris), affiche le 5e aéroport français, 3 pôles de compétitivité et un rang très honorable dans l’accès aux Investissements d’Avenir ou aux projets financés par l’ANR. Mais le rapport pointe les défauts, bien français, du système local : juxtaposition de structures et de dispositifs, manque de structuration et de coordination, carence en leaders sectoriels, trop peu de transversalité inter-filières et de collaboration public-privé, tendance à la mono-industrie et au « jacobinisme toulousain », culture de l’innovation et de l’entreprenariat à dynamiser, visibilité et attractivité internationale à améliorer…

 

5 défis et 10 DAC d’avenir pour l’industrie locale

 

Fortement inspirée de la politique économique misant sur la « smart specialisation » lancée par Bruxelles en 2011, la stratégie « offensive » de développement industriel prônée par la CCIT met l’accent sur 5 défis – la croissance des PME, l’émergence de champions, la diversification économique, l’industrialisation des produits et savoir-faire, la conquête des marchés internationaux -, et se décline autour de 6 orientations stratégiques et de 30 actions. Pour en assurer la mise en œuvre, la CCIT propose de structurer des actions de veille, de renforcer l’animation des clusters, de cartographier les outils, compétences et portefeuilles de produits, de coacher et professionnaliser les acteurs, de booster la commande publique. Et surtout la CCIT sonne la mobilisation générale autour de quelques Domaines d’Activité Cibles (DAC) ancrés sur les atouts spécifiques et différenciants du territoire. A l’interface de filières, technologies et marchés porteurs, les thématiques de la mobilité et de la ville « durables et intelligentes », de la e-santé pour le maintien des personnes âgées à domicile, les dispositifs médicaux en cancérologie et cardiologie, la nutraceutique et aliments santé, l’agriculture durable et précise, les applications spatiales, la défense, l’ingénierie numérique et les industries créatives, comptent donc parmi les secteurs sur lesquels Toulouse pourrait se positionner. Aux acteurs de ces secteurs prioritaires, la CCIT propose de dédier des Programmes d’Accélération vers le Marché (PAM) dont l’objectif est de donner aux PME « pépites » les moyens de devenir des champions capables ensuite d’avoir un effet d’entraînement sur l’ensemble du tissu local. Et d’enclencher un cercle vertueux d’innovation et de croissance. Cqfd.

 

Alexandra Foissac



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