L’agglo vote son agence

Lors du Conseil Communautaire du 9 février 2012, les élus du Grand Toulouse ont voté la proposition de création d’une agence de développement économique dédiée à la promotion et à la prospection internationale. Un vote qui avalise le principe de la constitution de cette fameuse agence.

Nous y sommes, Toulouse se dote de son agence de développement économique pour assurer son rayonnement et celui de sa marque «So Toulouse» à l’international. Dans le contexte compétitif actuel, les atouts de notre territoire mériteraient, pour nos élus, un portage spécifique comme le fait la plupart des grandes villes. Cette agence prendra probablement réalité sous forme associative, car la forme juridique «association» permettrait plus de souplesse pour la gestion budgétaire et administrative. Pour Bernard Keller, Vice-Président du Grand Toulouse, Président de la commission Développement Économique et Emploi et Maire de Blagnac «la compétence économique est l’une sinon la compétence dévolue à la communauté urbaine. Cette compétence impacte directement toutes nos communes tant dans le domaine de la création d’activité que la création d’emploi.» L’agence interviendra essentiellement sur trois champs : La veille économique ciblée, la promotion et la prospection internationale, l’accueil de projets économiques exogènes et devra se coordonner avec l’action régionale Midi-Pyrénées expansion. Pour Bernard Keller, cette agence sera : «un outil majeur qui servira à porter notre image, notre identité, notamment à l’international, pour valoriser nos qualités, notre attractivité, nos talents.»

Une ambition pour l’avenir et un positionnement

La richesse et l’originalité qui font l’attrait de notre agglomération reposent sur trois grands axes : un positionnement économique et scientifique «d’excellence» de par son capital recherche et enseignement supérieur, des projets à plus ou moins longs termes de la métropole à contenu économique (Oncopôle, Montaudran Aérospace…) et pour terminer une ambition pour l’avenir à travers le choix de deux positionnements que les élus de la majorité veulent forts «Toulouse, métropole de la connaissance» et «Toulouse, ville d’eau». Donc, depuis le 9 février 2012, le principe constitutif de la création est validé et voté. Reste maintenant, comme le souligne Bernard Keller, «à préciser les moyens qui seront mis par les uns et les autres dans cette agence, il faut que ce soit un outil léger…»
Suite à l’exposé de la délibération, Grégoire Carneiro, Vice-Président du Grand Toulouse et Maire de Castelginest, attire l’attention sur l’écueil que la création d’une énième entité pourrait être car selon lui chaque strate de l’administration a son agence et «il ne faudrait pas que l’on rajoute un mastodonte qui nous coûtera extrêmement cher et dont nous ne maîtriserons pas l’évolution.»
François Briançon (PS), adjoint au Maire de Toulouse, quant à lui, exprime le fait que cette «agence ne peut pas être gérée comme un service technique et administratif de notre communauté mais elle doit pouvoir disposer de souplesse, de réactivité, il faut que ce soit un outil à hauteur de nos ambitions.»

Eviter la multiplication des structures de même vocation

Pour les écologistes, il est primordial de soutenir l’activité économique de notre agglomération et de s’orienter vers une diversification économique car selon Antoine Maurice, Président de la Commission Environnement et Développement Durable à la Communauté urbaine du Grand Toulouse : «notre territoire marqué par une mono-industrie, a besoin de préparer sa conversion écologique, face à une énergie plus rare et plus chère.» Les écologistes souhaitent débattre des orientations et objectifs de l’Agence, de son articulation avec la Région. Une place stratégique au cœur des politiques publiques doit, selon eux, être réservée à l’économie sociale et solidaire.
Quant à François Chollet, du Groupe Toulouse Métropole, «Le Grand Toulouse doit défendre l’industrie spatiale toulousaine auprès des instances européennes». Puisque l’agence doit assurer un portage spécifique du territoire, il invite le président du Grand Toulouse à être «plus présent à Bruxelles pour de défendre les intérêts de l’industrie spatiale toulousaine.» Il émet également deux réserves sur le projet de création d’une agence de développement économique sur le périmètre de la communauté urbaine ; pour l’élu, il ne faut pas trop éloigner les décideurs politiques des acteurs économiques ; ce que ferait une agence. La seconde réserve réside dans les «articulations à trouver avec l’action régionale Midi-Pyrénées Expansion.» François Chollet de conclure : «La politique de développement économique doit se faire au sein de la communauté urbaine et non dans une agence. C’est aux élus d’assumer cette compétence.» Eric Tardieu, directeur Général Adjoint au Développement économique, Emploi et rayonnement économique de la communauté urbaine du Grand Toulouse nous annonçait dans notre numéro 498 du 2 février 2012 un lancement opérationnel de l’agence au printemps. Il est probable que d’ici là, des pistes d’accords avec l’action de la région seront en bonne voie…

Marie Agnès Espa



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