Laboratoire Intel ; Un nouveau départ

Cammal Thierry

Après avoir dévoilé ses nouveaux produits lors du Mobile World Congress de Barcelone qui avait lieu la semaine dernière, Intel inaugurait son nouveau laboratoire international de recherche en téléphonie mobile basé à Toulouse. Thierry Cammal, responsable du site toulousain ainsi que de ceux de Nice et de Finlande, était présent lors de cette inauguration.

Quels types de recherches Intel effectue-t-il dans le laboratoire toulousain ?

Nous avons inauguré les nouveaux locaux d’Intel, mais notre activité avait déjà démarré en octobre 2009, avec 49 personnes issues d’une entreprise qui rencontrait des difficultés, Freescale, pour ne pas la nommer. Aujourd’hui, nous inaugurons nos propres buildings. Notre centre de recherche et  de développement s’attache à développer un moteur de Smartphone basé sur la technologie et les processeurs Intel. L’idée originale est de créer une solution de référence Intel, une sorte de prototype de smartphone, basé sur les processeurs Intel en y intégrant un système d’exploitation androïde ainsi que tous les logiciels nécessaires au fonctionnement d’un téléphone. Notre activité principale reste l’intégration de logiciels mais nous avons également la responsabilité de certains domaines d’activité plus spécifiques liés à la téléphonie et à la collectivité.

Pourquoi Intel a-t-elle choisi Toulouse pour installer son laboratoire ?

Il existe une pépinière de talents historique à Toulouse, liée à l’activité de Motorola, devenu Freescale ensuite. De même, avec l’aéronautique, un pôle d’expertise en logiciels embarqués a vu le jour à Toulouse, ce qui s’avère intéressant pour notre activité. Il existait déjà une activité similaire qui s’était développée autour des plateformes Motorola et, à l’époque, nous avions fait les démarches nécessaires pour prouver à Intel que le bassin toulousain regorgeait de compétences et de talents. C’est ainsi qu’Intel a décidé d’ouvrir ce centre et nous fait aujourd’hui confiance pour développer ces plateformes de référence.

A l’inverse, que pensez-vous que la présence de ce laboratoire apporte à Toulouse et sa région?

Dans un premier temps, Intel emploie une centaine de personnes et fait travailler 150 sous-traitants. Nous pouvons donc affirmer que nous avons apporté une sorte de revitalisation dans le domaine de l’électronique. D’autre part, notre une activité industrielle de recherche et développement peut nous aider à  nous rapprocher des universités et des écoles d’ingénieurs. Cela permettrait de faire avancer, dans certains domaines techniques, la recherche et l’innovation régionales.

Une phase d’expansion

En déplaçant vos locaux, en avez-vous profité pour ajouter des activités à celles existantes ?

Nous étions installés chez un concurrent jusqu’à présent, ce qui n’était pas forcément très confortable, je dois l’avouer. En nous déplaçant, nous avons conservé les activités que nous effectuions déjà, mais notre capacité d’expansion est devenue plus importante, que ce soit en matière d’espace ou de projets. C’est principalement la possibilité de croître qui nous permet d’augmenter notre capacité d’embauche afin de disposer de plus de personnel sur le site. Nous avons désormais des laboratoires en adéquation avec nos activités, des espaces de travail mieux adaptés au développement et au travail en équipe.

Quels types de projets ne pouviez-vous pas développer dans vos anciens locaux ?

Les limitations étaient surtout liées à la couverture radio du site, inhérente aux buildings. Par la force des choses, certaines activités nous étaient donc inaccessibles. Désormais, ce n’est plus le cas.

En ce qui concerne les emplois, que représente le potentiel du laboratoire toulousain ? Prévoyez-vous des embauches à moyen terme ?

C’est l’idée ! Nous sommes en train d’embaucher pour ajouter du personnel à la centaine de personnes déjà salariées du laboratoire. Nos locaux plus grands nous permettront de réaliser plus d’embauches. Dans cette industrie, les choses vont très vite. Ainsi, si nous recrutons aujourd’hui, personne ne peut affirmer que ce sera le cas demain. Nous sommes dans une phase d’expansion et je ne peux pas donner une estimation précise. Je pense que, dans les six prochains mois, nous aurons recruté une trentaine de personnes supplémentaires, mais rien n’est garanti. Tout cela dépend des opportunités, des profils, des talents que l’on peut trouver. Dans tous les cas, nous restons très dynamiques. Tout cela dépend également des succès commerciaux que nous avons ou que nous aurons et, compte tenu de  la réactivité du marché, tout peut monter très vite, comme tout peut descendre aussi précipitamment. Il faut donc rester très prudent, et très humble.

Créer une plateforme de référence

Avez-vous des objectifs à remplir?

Nous avons annoncé un certain nombre de succès, négocié un certain nombre de partenariats et d’accords avec des clients potentiels qui souhaitent réaliser un téléphone avec notre technologie. Notre premier but, dans les deux dernières années, était de prouver qu’Intel disposait de processeurs compatibles avec les smartphones, ce qui est chose faite aujourd’hui. Ensuite, nous avons créé des prototypes, des plateformes de référence, et, il incombe à nos clients de terminer les produits et de les commercialiser. Pour nous, le challenge est de lancer les plateformes de développement qui sont encore en cours de réalisation. Une est très avancée, l’autre à mi-chemin et une troisième démarre à peine. L’idée est de développer plusieurs générations de plateformes de référence et de passer des smartphones aux tablettes.

Intel a-t-il fait évoluer ses objectifs en s’implantant à Toulouse, près des grands groupes de l’aéronautique ?

Du tout, l’implantation à Toulouse est liée à la pépinière de talents en télécommunication qui existe historiquement mais, à ma connaissance, il n’y a pas de visée particulière sur d’autres clients de l’aéronautique. Néanmoins, ce sont effectivement des clients potentiels ou actuels d’Intel.

Propos recueillis

par Séverine Sarrat



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