La Turquie à Toulouse

Mercredi 25 juin, le drapeau turc a flotté sur la mairie de Toulouse. Ce n’était pourtant pas parce que la demi-finale de l’euro 2008 Turquie/Allemagne se disputait ce jour, mais plutôt parce qu’une délégation Turque s’est déplacée pour une visite officielle dans la ville. Organisée par l’Agence de Développement Economique de Toulouse (ADEC NS), cette rencontre s’est déroulée dans le but de renforcer les échanges entre la Région Midi-Pyrénées et la Turquie. La délégation était composée notamment de l’Ambassadeur de Turquie SE Monsieur Osman T. Korutürk, du Consul Général en poste à Marseille Monsieur Aydan.
La délégation a pu visiter les sites d’Astrium, rencontrer Monsieur le Préfet de Région, puis Monsieur le Maire et enfin Monsieur le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Toulouse.
Cette journée a été suivie par un dîner-débat animé par la délégation turque sur le thème “La Turquie et l’UE, quelles opportunités économiques ?”. Dans l’assemblée, une centaine de chefs d’entreprises de divers secteurs économiques, mais aussi d’institutionnels, de membres de la CCIT et de la Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie, de représentants de grandes sociétés (Airbus, Astrium, Liebherr) et d’organismes tels qu’Agathe d’Albi, le CNES ou encore les Universités de Toulouse suivaient les propos des intervenants avec attention.
 


Des échanges
franco-turcs en retard

«Depuis deux ans, les échanges entre la Turquie et la France stagnent à environ 10 milliards d’euros. Ceci est peu si l’on compare avec les autres pays d’Europe. Les échanges de la Turquie avec la Russie s’élèvent à 28 milliards, avec l’Allemagne 23 milliards, et avec l’Italie 20 milliards» a annoncé Monsieur l’Ambassadeur.
A l’origine de ce retard, un manque d’information. «La Turquie est perçue comme un géant menaçant pour l’Union Européenne, où 99 % des gens sont musulmans» a expliqué candidement un participant qui assistait au dîner-débat. En réalité, la Turquie est surtout un immense marché de 70 millions de consommateurs, avec une croissance de 7 % par an et une situation fiscale pour les entreprises parmi les plus performantes du monde.
Pour une PME, l’implantation en Turquie peut être une étape cruciale et stratégique de développement. Depuis les accords de libres échanges signés en 1996 avec l’Union Européenne, les biens peuvent circuler librement entre les deux entités sans restriction de douane. Au-delà de la situation fiscale favorable, il existe des zones franches au sein desquelles tout est mis en œuvre pour favoriser les investissements et le développement de l’activité économique. Depuis ces zones franches, les exportations vers l’UE ou au sein même de la Turquie sont totalement libres de taxes. «C’est une situation très rare, que l’on retrouve dans environ 5 cas pour 1 000», a souligné le directeur de l’Agence de promotion des investissements en Turquie, Monsieur Bernard.
D’un point de vue stratégique, la Turquie a vocation à être un hub incontournable faisant le point entre les producteurs d’hydrocarbures de la région (Russie, Iran, Irak, Azerbaïdjan, Kazakhstan…) et les pays consommateurs de l’ouest. Avec le projet Nabucco, qui a pour but la construction d’un gazoduc en provenance de la Caspienne pour permettre une alternative vitale au gaz Russe, l’Europe pourrait trouver la diversité des approvisionnements en gaz qui lui fait défaut pour le moment
Malgré de tels avantages pour l’économie, la Turquie souffre en France d’une image voilée par des questions politiques sensibles et passionnantes comme l’adhésion turque à l’UE ou la considération du génocide arménien. Ces questions occupent les esprits au point de pénaliser dans une certaine mesure le commerce franco-turc.
Lors du dîner-débat, elles ont été largement abordées par l’assemblée qui a pu s’adresser à l’Ambassadeur et aux autres intervenants. «L’atmosphère franco-turque est amicale mais compliquée sur le niveau politique. Pourtant nos relations sont très anciennes et sur le niveau économique il y a beaucoup de potentiel», a affirmé Monsieur l’Ambassadeur.

 


Perspectives de développement

Afin de renforcer les échanges entre nos deux pays, une mission économique française en direction d’Istanbul est programmée pour le mois de novembre prochain. Organisée conjointement par les services de l’Ambassade de Turquie, par l’Agence de Développement Economique et Culturel Nord Sud de Toulouse (ADEC NS) et par l’Agence Invest pour la Turquie, elle devrait réunir une centaine d’acteurs de l’économie de Midi Pyrénées et du grand sud de la France. «Croyant fermement au potentiel commercial de la Turquie, nous avons organisé la venue à Toulouse de la délégation turque de manière à sensibiliser les chefs d’entreprises et à préparer la mission économique vers la Turquie en novembre 2008», explique Gilbert Salinas, Président de l’ADEC NS. Celle-ci devrait probablement initier de nouveaux échanges et permettre aux relations économiques franco-turques de reprendre une dynamique de développement.



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