La propriété intellectuelle : un élément structurant dans la stratégie d’une entreprise

Du brevet à la gestion de son image sur Facebook ou Twitter dans un monde globalisé : retour sur un colloque organisé par Midi-Pyrénées Innovation, pour parler innovation, protection, normalisation et internationalisation. Ou comment faire pour placer la propriété intellectuelle au cœur de la stratégie de l’entreprise, PME comprises !

 

 

PI comme promotion de l’innovation, PI comme propriété intellectuelle ! L’une n’allant pas sans l’autre ! C’était le sujet des deux journées de colloque organisées les 30 et 31 mai à Toulouse par l’agence régionale Midi-Pyrénées Innovation. Créée en 2008, MPI, dont la mission est d’accompagner les PME régionales dans leurs démarches d’innovation, a d’ailleurs fait de la propriété intellectuelle un de ses fers de lance pour renforcer la compétitivité des entreprises.  Chiffres à la clef : plus de 250 entreprises régionales auraient été sensibilisées sur la propriété intellectuelle, près de 90% d’entre elles auraient ensuite mené des actions concrètes de protection, deux actions collectives en 2010 et 2012 ont permis d’auditer et de former 23 entreprises, des sessions de formation et deux colloques ont été organisés. Ces actions étant menées en collaboration étroite avec l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle), le 30 mai a été l’occasion de signer une nouvelle convention de partenariat entre les deux organismes : Yves Lapierre, DG de l’INPI, s’est félicité du dynamisme observé en Midi-Pyrénées qui se classe 3e parmi les régions françaises pour le nombre (en augmentation) de brevets déposés.

 

Innover, oui, protéger et sécuriser, c’est encore mieux !

 

Pourtant, le constat, dans un pays où le monde de la recherche a plus la culture de la publication que du brevet (qui sont pourtant complémentaires si on choisit le bon timing !), tout n’est pas rose ! A l’heure où l’immatériel, et non plus le nombre d’usines, représente la richesse de l’entreprise, il est urgent de « sortir la propriété intellectuelle du microcosme juridique » et de convaincre dirigeants et salariés qu’il s’agit « d’un élément essentiel de la stratégie de l’entreprise ». Même les pays low-cost s’y sont mis, copiés à leur tour par d’autres ! La négociation et la contractualisation dans un monde globalisé sont d’ailleurs une vraie problématique : la culture de la propriété intellectuelle (en Chine, copier est une marque de respect pour l’auteur de l’œuvre originale…) mais plus globalement du business est fondamentalement différente d’un pays à l’autre. D’où l’intérêt de bien maîtriser les codes interculturels et les arcanes des différents systèmes de normalisation et de PI dans le monde. Et celui, comme l’anticipe le directeur de l’INPI, de bien expliquer demain les atouts du futur brevet unitaire européen (valable dans 25 pays) qui devrait, après de multiples péripéties, se mettre en place opérationnellement à l’horizon… 2015. Ce colloque organisé par MPI aura donc répondu à l’une des questions posées : oui, même si cela s’apparente parfois à une course dans la jungle, la PI est encore utile dans un monde où l’information circule très vite et partout, oui, le secret existe encore à l’heure d’internet et des médias sociaux. La gestion de son image sur les réseaux aura d’ailleurs été très largement abordée durant ces deux jours : tout comme le dépôt d’un brevet, cela ne s’improvise pas et cela doit faire partie d’une démarche réfléchie et cohérente avec la stratégie de l’entreprise. Cqfd.

 

Alexandra Foissac



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