La cowparade: Les entrepreneurs ne sont pas vaches


Dans le but ultime de promouvoir Toulouse, ses artistes et son tissu économique, la Cowparade se tiendra du 30 septembre au 25 octobre prochain sur les abords de la Garonne. Le principe en est simple : des vaches (1.50m sur 2m), livrées blanches, sont parrainées par des entreprises de la région, qui font intervenir une artiste de leur choix pour personnaliser et décorer l’animal factice. Elles seront exposées dans toute la ville rose et, à terme, vendues lors d’une vente aux enchères dont les recettes seront reversées à des associations. Rencontre avec Bernard Petit, Directeur de Toulouse Intérim qui participe à l’opération.

 

Bernard Petit, comment vous est venue l’idée de participer à cet événement atypique qu’est la Cowparade ?

Tout simplement, parce que j’ai eu l’occasion, lors de mes différents voyages nationaux ou internationaux, de voir cette manifestation dans d’autres villes. Cela m’a bien plu de par son originalité, ses couleurs et c’est également la rencontre entre… une vache et son auteur. Le résultat est souvent détonnant et haut en couleurs. De plus, Cédric Soulette (ancien stadiste), son organisateur, fait partie de mes amis et j’ai sauté sur l’occasion lorsqu’il m’a proposé ce projet.

Ensuite, moi qui suis propriétaire de Toulouse Intérim (agence locale de travail intérimaire, ndlr), entreprise strictement régionale, je me devais d’être présent dans ce type de manifestation pour y apporter mon image. Nous sommes déjà connus pour notre communication quelque peu décalée que l’on retrouve dans la vache que j’ai faite customiser. Cela correspond tout à fait à notre identité.

 

Que représente pour vous le concept qui consiste à faire se rencontrer le monde économique, associatif et artistique ?

Effectivement, le monde de l’entreprise que je représente se mêle à l’artistique et le mariage des deux aboutit à un résultat détonnant et totalement décalé avec ce que les Toulousains ont l’habitude de voir. Et l’associatif vient fédérer le tout. Personnellement, je suis sensible à ce milieu puisque l’une de mes structures est dédiée au handicap, «Toulouse Intérim handicap». Le fruit de la vente aux enchères de ces œuvres étant reversé à des associations liées au handicap, il me tenait à cœur de participer. Je ne pouvais pas rater cet événement car j’ai une image forte associée au handicap sur la région, qui me permet de me différencier de mes concurrents.

 

Etes-vous personnellement sensible à toutes formes d’art ?

Complètement ! J’aime la sculpture, la peinture, les objets d’art… Toutefois, je me retrouve plus souvent à apprécier l’art moderne.

 

Le secret de la bête à tiroir

 

Votre vache se nomme «le secret de la bête à tiroir», est-ce votre idée ?

Nous l’avons baptisée à trois : l’artiste Philippe Vercellotti, Cédric Soulette et moi. Etant actif sur tous les secteurs d’activités du travail temporaire, je trouvais que les différents tiroirs présents sur la vache représentaient assez bien cette idée. Comme nous ne pouvions pas imager toutes les professions, nous avons alors décidé de réaliser des «tiroirs à métiers» qui vont permettre, à leur ouverture, d’avoir un aperçu assez large du panel des secteurs sur lesquels nous travaillons.

 

Quel est l’avantage pour une entreprise, de sponsoriser une vache de la Cowparade ?

Le principal est de mettre en avant notre image bien sûr ; la manifestation s’étendant sur deux mois, nous serons visibles tout ce temps. Par la même occasion, nous participons à la vie locale et associative par la finalité de cette action.

 

Est-ce vous qui avez choisi l’artiste avec lequel vous avez travaillé ?

Philippe Vercellotti, l’auteur de notre vache, m’a été proposé par Cédric Soulette qui connaissait bien mes goûts artistiques. Nous avons organisé une rencontre durant laquelle je lui ai décrit l’entreprise et nos valeurs ainsi que le message que je souhaitais faire passer à travers notre vache. Il a bien compris mon état d’esprit et le résultat correspond à ce que j’attendais, tout en conservant sa touche personnelle.

 

A la fin de l’exposition, aura lieu une vente aux enchères durant laquelle les vaches seront vendues et les recettes reversées aux associations sélectionnées par la Cowparade. Pensez-vous racheter votre propre vache ?

Tout à fait parce que je la trouve très belle et je souhaite l’utiliser lors des forums ou des salons concernant le recrutement auxquels je participe pour l’exposer sur notre stand. Donc, la vache va voyager et c’est d’ailleurs le but de l’opération. Les gens qui viendront à notre rencontre à ces occasions, auront une posture sérieuse, ce qui n’exclut pas la bonne humeur et le rire.

 

On ne se nourrit pas de gloire !

 

Votre vache achetée aux enchères, vous verserez indirectement des fonds aux différentes associations choisies par Cédric Soulette. Le mécénat est-il important pour vous ?

Je fais beaucoup de mécénat à travers mon entreprise, tout au long de l’année. J’aide beaucoup les associations qui travaillent sur le handicap, je parraine notamment le rugby handisport de Toulouse et je verse à différents organismes une aide financière. De même, je participe régulièrement aux actions de l’Unicef, toujours par le biais de l’entreprise. Il semblerait que la Cowparade ait été faite pour moi (rire)!

 

Participer à cette manifestation correspond-il à un besoin, pour l’entrepreneur que vous êtes, de retrouver un peu de légèreté ?

Dans ce monde économique morose, la Cowparade amène une petite touche de gaieté, ce qui n’est pas négligeable. Je crois que tous les chefs d’entreprise qui participent, recherchent la même chose, tout en faisant passer leur propre message entrepreneurial. Et ce n’est pas parce que la conjoncture économique s’avère peu favorable que nous n’avons pas droit à des moments de détente et de gaieté.

 

Cédric Soulette dit des entrepreneurs qui participent à la Cowparade «qu’il n’y a que de belles âmes, pas d’orgueil mal placé»…

C’est vrai. Nous nous sommes engagés en toute simplicité. Nous ne cherchons pas la gloire par ce biais, d’une part parce que nous n’en avons pas besoin et parce que l’événement ne doit pas comporter d’arrière-pensées. On ne se nourrit pas de gloire ! C’est simplement une autre façon de faire de l’économie et une autre image que l’on apporte aux Toulousains.

Propos recueillis par Séverine Sarrat

 

Repère :

La vente aux enchères finale aura lieu le 25 octobre au profit des associations InPACTS 31, Dessine-moi une maison, Entendre le monde et le Projet Imagine.



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