La Cité de l’espace sur une autre planète

Lundi dernier, à 7h31 précisément, quelques Terriens retenaient leur souffle alors que le robot Curiosity effectuait un atterrissage réussi sur la planète rouge. L’aboutissement d’un voyage de plus de huit mois, véritable révolution dans le monde du spatial. Pour l’occasion, la Cité de l’espace a mis en place un dispositif inédit pour permettre au grand public de suivre gratuitement ce moment exceptionnel de l’exploration spatiale à la Cité et sur internet.

Dix ans de travail pour « 7 minutes de terreur ». Sept minutes pendant lesquelles le rover Curiosity, plus lourd, plus grand et plus performant que ses prédécesseurs, a pénétré dans  l’atmosphère martienne pour atterrir non sans difficultés sur le sol martien. Car la manœuvre n’était pas des plus aisées. Trop lourd pour atterrir sur des airbags – le rover Curiosity pèse près de 900 kg -, le robot combine un système étonnamment ingénieux de parachutes, de rétrofusées et de treuils. « C’est un dispositif très efficace qu’a mis en place la NASA, explique  Pierre Bousquet, chef du service planétologie du CNES. On peut rendre hommage au travail accompli par le géant du spatial américain ». Les curieux et passionnés venus assister à l’événement retransmis à la Cité de l’espace ont pu admirer la complexité du dispositif grâce à une maquette grandeur nature du robot, réalisée par des étudiants toulousains.

Toulouse à l’honneur

Dans cette mission révolutionnaire pilotée par la NASA, la France a apporté sa touche. Car Curiosity ne voyage pas sans bagages. Il s’agit en fait d’un véritable laboratoire roulant, « un couteau suisse martien », qui regroupe dix instruments scientifiques. Deux d’entre eux ont été réalisés avec des scientifiques français grâce au CNES. Le père de Clémence, Sylvestre Maurice, a travaillé à l’un de ces dispositifs, le ChemCam, caméra capable de mesurer la composition d’une roche par tir laser. Il en est même l’un des instigateurs. « J’avais 5 ans lorsque mon père s’est lancé dans ce projet fou, raconte Clémence. L’atterrissage était donc un moment très émouvant. Maintenant, mon père va enfin pouvoir commencer son vrai métier, celui de chercheur ».

Au moment de l’annonce de l’atterrissage par Olivier Sanguy, correspondant pour la Cité de l’espace en Californie où est piloté Curiosity, des applaudissements retentissent dans l’auditorium. L’émotion est palpable. « C’est un spectacle fantastique !, se réjouit Didier, venu assister à l’événement avec sa femme Nicole. On a vraiment eu l’impression de suivre l’atterrissage en temps réel ». Et pourtant, lorsque Curiosity évolue dans l’univers martien, treize minutes s’écoulent jusqu’à que l’information parvienne jusqu’à la planète Terre. Le temps pour le signal radio de parcourir les 250 millions de km qui séparent la Terre de Mars.

Le travail commence

Quelques minutes après l’atterrissage, les premières photos envoyées par une sonde spatiale permettent de détecter la présence du robot sur le sol martien. La ferveur est énorme. Mais les acteurs de cette expérience incroyable savent que l’aventure vient juste de commencer. « L’enjeu est maintenant de confirmer qu’il y a bien eu de la vie sur Mars, souligne Marc Pircher, directeur du centre spatial de Toulouse de CNES. Et comprendre comment la planète rouge a pu évoluer de cette façon ». Pour vérifier ces informations, le robot devra trouver des traces de carbone organique, en plus de l’eau, pour envisager la vie sur Mars. Ainsi, un travail de recherche va succéder au tumulte de l’atterrissage de rover Curiosity. Des recherches qui susciteront une exploitation intensive pendant les années à venir. En tout cas, ce 6 août 2012 restera un jour marquant dans l’épopée spatiale de l’Humanité.

Ariane Riou

 

L’atterrissage du rover Curiosity comme si vous y étiez

7h00 : Les chercheurs californiens sont satisfaits. Le rover Curiosity est en autonomie complète, première étape de l’atterrissage périlleux. Il est désormais le seul à pouvoir émettre des signaux.

7h10 : La sonde Mars Odyssée est en place pour transmettre les informations relatives à l’atterrissage de Curiosity.

7h14 : La phase de descente du robot est engagée. Le bouclier thermique qui protège Curiosity est largué.  Tout le monde retient son souffle.

7h20 : Le simulateur est désactivé. Il ne reste plus qu’à attendre que les informations arrivent jusqu’à la Terre. Chaque seconde est intense. Les animateurs de l’événement à la Cité de l’espace s’amusent : « A cet instant, soit le robot a bien atterri, soit il s’est écrasé. »

7h31 : « Ca y est ! Il a atterri ! », s’exclame Olivier Sanguy, correspondant en Californie pour la Cité de l’espace. La joie des chercheurs américains éclate. Tout le monde s’embrasse. A Toulouse aussi, des applaudissements retentissent. Pierre Bousquet, du CNES, ne cache pas son émotion. « J’ai le souffle coupé. Ca fait 10 ans qu’on attend ça ».

 

Texte: Ariane Riou

Photos: Elsa Nardari

http://www.cite-espace.com

http://www.nasa.gov/



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