Jean-François Roubaud, Président de la CGPME ; Remettre l’Homme au cœur de nos préoccupations

La CGPME, Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises, assure la représentation et la défense de l’ensemble des petites et moyennes entreprises, tous secteurs confondus au niveau national. Ceci tant auprès des pouvoirs publics que des partenaires sociaux ainsi qu’au niveau international. C’est ainsi qu’elle regroupe à la fois des fédérations professionnelles et des structures territoriales interprofessionnelles.
Par l’intermédiaire de son Président Jean-François Roubaud, elle s’est engagée à court terme à tout mettre en oeuvre pour faciliter l’accès au financement des PME/TPE. Mais aussi et c’est sa différence, faire en sorte que le dialogue social dans les TPE reste basé sur la confiance et la proximité entre le chef d’entreprise et ses salariés… 

 
Monsieur le président, pour quelle raison vous êtes-vous lancé dans le syndicalisme ?
Je suis Chef d’entreprise depuis l’âge de 26-27 ans. Dès le début de mon parcours, je me suis senti esseulé. C’est la raison pour laquelle je me suis lancé dans le syndicalisme dans ma branche d’activité qui était le bâtiment, le génie climatique. Ensuite je suis rentré à la fédération nationale du bâtiment et à la CGPME il y a une quinzaine d’années.

A une quasi unanimité et sans concurrent, vous venez d’être réélu pour 5 ans à la tête de la CGPME. La démocratie existe-t-elle au sein de la CGPME ?
Je le crois. Je me rappelle même de certaines élections, il y a sept ans et demi qui ne se passaient pas dans un contexte aussi agréable. C’était même difficile, c’était une période de crise un peu interne. Je suis très heureux de cette élection qui s’est passée de manière totalement amicale. L’ensemble des branches et des territoires était derrière moi. C’est sans doute ce dont je suis le plus fier à titre personnel : être arrivé à amener une ambiance de travail de sérieux et d’équilibre ; ce qui n’est pas évident dans l’interprofessionnel.

Faute de combattants, comment exprimer sa légitimité ? Comment faire valoir de nouvelles ambitions ?
Il y a sept ans et demi, lorsque j’ai été élu beaucoup plus difficilement, comme je vous l’indiquais, j’avais crée un comité exécutif avec autour de moi autant de personnalités, que de territoires qui étaient plus contre moi qu’avec moi. Pourtant, en quelques mois, nous sommes parvenus à travailler ensemble, avec des résultats des plus prometteurs. De fait, cet encouragement à l’ouverture me pousse à aller toujours plus dans cette voie. A faire en sorte de permettre à plus de personnes, quelques soient leurs sentiments pour moi, de s’impliquer toujours plus pour la CGPME et ses adhérents. Ce n’est pas forcément facile. Cela demande aussi de modifier un peu l’organisation de la maison mais c’est un passage obligé pour être plus efficace, plus responsable.

Une nouvelle organisation ?
Oui, elle est en cours. Je la présenterai dans trois semaines au comité exécutif et au comité directeur.

 

La CGPME une force de propositions, incontournable

Parmi tous les syndicats sensés défendre les petits patrons, comment se définit la CGPME ? Comment trouve-t-elle sa place ? Quelle est en quelque sorte sa plus-value ?
Je crois que sa plus-value, c’est maintenant depuis quelques années, d’être d’abord une force de propositions, vis-à-vis de tous les acteurs, politiques, économiques et sociaux. Mais surtout et au-delà de ne pas être simplement inscrite dans une position négative. Nous avons mis du temps à mettre cela en place mais je crois que depuis quatre ou cinq ans, nous sommes vraiment écoutés. J’oserais même dire, appréciés par le fait que l’on ose proposer des dossiers importants, avec en contrepartie, l’apport de solutions capables de satisfaire les uns et les autres de nos partenaires sociaux. Bien sûr, nous ne sommes pas toujours tous d’accord mais ce qui est bien, c’est qu’à chaque fois, nous proposons des voies sur lesquelles nous nous retrouvons.

Entre nous, à quoi sert aujourd’hui un syndicat patronal ?
A pas mal de choses : à défendre et à assister toutes les entreprises (de 0 à 250 salariés) patrimoniales qui ont besoin de conseils, d’aide. Ensuite au niveau des branches professionnelles, nous voyons ce que sont leurs soucis, leurs difficultés. Et justement, à faire des propositions à ceux qui sont à même de les solutionner. Actuellement nous travaillons sur le problème de la TLPE (Taxe Locale sur la Publicité Extérieure, ndlr). Via Internet et sur le sujet, nous avons envoyé un dossier complet à l’ensemble de nos adhérents. Pour toutes les branches, dans tous les territoires, toutes les régions, nous essayons de mener une stratégie très didactique : voilà ce que vous pouvez faire, ce qui pourrait vous empêcher de payer cette taxe supplémentaire, etc. Et pour évoquer plus particulièrement le financement des plus petites entreprises, nous sommes arrivés, avec M. Baudoin Prot (président de la Fédération bancaire française, ndlr), avec qui nous travaillons depuis deux mois, à faire accepter aux banques qu’elles fixent d’entrée de jeu des délais d’acceptation pour les dossiers de financement que ces entreprises leur demandent. Nous aurons maintenant des délais à peu près certains, et d’autre part, l’engagement de faciliter l’accès à des financements spécifiques et rapides pour les toutes petites entreprises de moins de 10 salariés, c’est-à-dire celles qui vont avoir le plus de mal dans les semaines et mois qui viennent. En fait notre rôle consiste à être au plus près des entreprises, même au coup par coup. C’est notre raison d’être, notre différence, notre force…

 

Un amour propre à défendre

Au Tribunal de commerce, on ne voit pas de syndicat qui vienne défendre véritablement l’entreprise, son dirigeant alors que beaucoup parviennent quand même à sortir de l’ornière ?

Détrompez-vous, si vous ne les voyez pas c’est parce que nous ne mettons pas l’étiquette CGPME. Mais rassurez-vous, nous avons des juges dans tous les tribunaux de commerce. Mais aussi et surtout des tiers de confiance dans la Médiation du crédit puisque j’ai mis en place sur le territoire, 170 personnes qui sont à la disposition des entreprises en difficultés. Une entreprise de n’importe quel département va appeler la Médiation du crédit, qui va venir la voir, la conseiller et l’aider. Que l’on ne s’y trompe pas, la différence se fait là sur le terrain.

Les dirigeants français comme leurs représentants syndicaux ont mauvaise presse. Quelles pourraient en être les premières causes ?   
Je ne sais pas. Vis-à-vis du grand public dans les sondages, les responsables de PME ont, je crois, une bonne image. Pas autant que nous le souhaiterions mais j’espère que cela viendra de plus en plus. Je crois que le grand public ignore en fait un peu ce que sont les syndicats patronaux, ce que représente la CGPME. Il faut que nous  fassions parler de nous davantage.

Dans la sphère économique française, une PME-PMI qui ne pèse pas sur le plan de l’emploi, intéresse qui ? On ne montrera jamais du doigt un organisme public qui bloquera son compte en banque pour une pénalité non honorée de 80 €. Que répondez-vous à cela ?
Non je ne suis pas d’accord avec vous. Cela était vrai auparavant mais depuis la crise, l’ensemble des acteurs économiques y compris les Assedic, y compris le Trésorier payeur général, ont fait d’énormes efforts vis-à-vis des entreprises. J’ai récemment remis une médaille à un trésorier payeur à Annecy pour le remercier de la part de toutes les entreprises auxquelles il avait accordé des délais de 3-6 mois. Je crois qu’il faut que le chef d’entreprise n’hésite pas à appeler l’URSSAF, le Trésorier payeur en disant très clairement qu’il a une difficulté. Voyez-vous, le plus gros problème dans une petite entreprise, c’est que l’on n’ose pas dire que l’on a des difficultés. Il y a un amour propre à défendre. Or, ce n’est pas une tare, il faut communiquer. Si l’on ne s’en sort pas, ce n’est pas parce que l’on est mauvais, mais parce que l’on est en plus dans une période très difficile, avec par exemple, des clients qui ne paient pas. Je tiens à le dire haut et fort, ce n’est pas parce que l’on a des difficultés que l’on n’est pas un bon chef d’entreprise.

 

On ne pourra plus charger les salaires

On le sait, la première difficulté pour l’ensemble de nos PME, c’est le taux élevé des charges administratives des entreprises. Comment les diminuer ?
J’ai salué la philosophie d’application de la taxe carbone dans son origine, si j’ose dire, en me disant : «On va pouvoir enfin, déplacer de la fiscalité essentiellement basée sur les salaires pour la mettre sur le développement durable». Malheureusement, on a mis une taxe carbone sans retirer pour autant l’équivalent de taxes qui pèse sur les salaires. Donc je demande toujours que l’on applique cet engagement initial. C’est une nécessité incontournable. Il faut augmenter les taxes d’une manière très faible sur l’ensemble de la population pour que tout ne repose pas uniquement sur les salaires. De toutes les façons, on ne pourra plus charger les salaires. Je crois que le gouvernement en a conscience même dans cette période très difficile. Notons que, globalement et depuis deux ans, nous n’avons pas eu d’augmentation de charges. Ce qui représente quand même, de la part du gouvernement, un effort par rapport aux années précédentes. Surtout dans un contexte où les politiques ont tendance à dire : «On n’a pas d’argent, il faut taxer quelque part».

Certains patrons ont émis le projet de créer leurs propres banques. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Je crois que cette idée vaut la peine d’être creusée. J’ai enfin un interlocuteur au siège de la fédération des ban-ques françaises. Encore une fois, avec M. Baudoin Prot, nous nous parlons et essayons de trouver des solutions. Il faut savoir aborder le sujet sans aucune agressivité. On a un souci, on l’explique. On a toujours du mal à trouver de l’argent, qui plus est, en période de difficultés, parce que nos bilans sont moins bons, parce qu’on a du mal à montrer des résultats probants et positifs. Mais il faut comprendre aussi d’un autre côté que les banques sont des sociétés privées et qu’elles ne doivent pas prendre tous les risques non plus. Nous avons crée des organisations importantes comme Oséo qui permettent d’apporter une garantie pour trouver des financements. Et en ce qui concerne les financements qui vont être proposés dans les jours et semaines qui viennent, de l’ordre de 15 ou 20 000 euros pour conforter la trésorerie des TPE, les banques se sont engagées à ne pas demander aux entreprises de garanties supplémentaires. Evidemment, elles ne prêteront pas de l’argent à n’importe qui, n’importe comment mais pour les TPE, il sera désormais beaucoup plus facile de faire appel à leur soutien.

 

Pour la suppression de la TP

Le statut d’auto-entrepreneur semble remporter un succès indéniable. N’y a-t-il pas là un danger de concurrence directe avec les TPE ?
Non, je ne le crois pas. L’auto-entrepreneur, c’est une toute petite entreprise, qui se crée avec un ou pas de salarié. L’avantage de ce statut, est qu’il vous permet de ne pas payer instantanément de charges sociales avant même d’avoir gagné le premier centime d’euro. On ne peut donc pas le regretter. Au contraire, il faut saluer ce nouveau statut qui a généré la création de 300 000 entreprises, pour un chiffre d’affaire de plus d’un milliard d’euros, il ne faut pas l’oublier ! Soit quelque chose comme 250 millions d’euros qui ont été reversés à la fiscalité française ! On a parlé d’obligation de qualification professionnelle, notamment pour les métiers de l’artisanat, le bâtiment, l’assurance, etc. mais il faut aussi que ce statut soit limité dans le temps. C’est-à-dire qu’au bout de deux, trois ans, si ça marche, on passe au régime général simplifié mais on ne peut plus être auto-entrepreneur. Sauf dans le cas d’un complément de salaire, il faudrait alors limiter le chiffre d’affaires à quelque chose de beaucoup plus simple qu’actuellement. En tout cas, c’est mon objectif, je veux l’obtenir. Et j’y arriverai parce que je suis têtu et tenace.

Etes-vous pour ou contre la suppression de la taxe professionnelle liée à l’investissement ?
Je suis pour la suppression de la taxe professionnelle bien entendu. Même si je suis très attaqué là-dessus. Mais il faut quand même imaginer que pour le gouvernement, l’effort pour cette année est de 11.5 milliards d’euros. Les entreprises en règle générale, vont en bénéficier. Les premiers seront les industriels bien sûr, mais aussi les sociétés de service. A contrario, certaines branches auront un peu plus de difficultés. C’est pourquoi j’ai demandé à ce que toutes les entreprises qui vont payer davantage avec les deux taxes cumulées qui remplacent la taxe professionnelle, nous le signalent et j’en parlerai une nouvelle fois à Christine Lagarde. A ce propos, cette dernière nous a annoncé la sortie prochaine, sur le site du ministère des Finances, d’un logiciel qui va permettre à chaque entreprise de pouvoir estimer ce qu’elle va devoir payer désormais et surtout comparer avec ce qu’elle payait auparavant. Comme je m’y suis engagé, j’irai défendre les dossiers des 20-30 voire 40 000 entreprises qui vont devoir payer davantage, pour que l’on puisse étaler dans le temps cette augmentation, notamment si elle est conséquente.

Les heures supplémentaires défiscalisées sont-elles une aubaine pour les PME-PMI ?
Ca l’a été effectivement voire même une facilité. Maintenant je pense que les entreprises font moins d’heures supplémentaires. Alors, il faudra dresser un constat plus précis de ce qu’il en est, en fait.

 

Henri Proglio : indécent, révoltant

L’actualité, c’est aussi le double salaire d’Henri Proglio qui démontre s’il en était besoin que nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne. Qu’est-ce qui vous a gêné dans cette affaire ?
Ce genre d’affaires est tout simplement révoltant. A l’origine, même son salaire de Président d’EDF, je vous le rappelle, était déjà très important. Aujourd’hui c’est un salaire qui nous dépasse complètement, d’autant plus, qu’Henri Proglio, l’a fait augmenter de 40 %, ce qui n’est pas une petite augmentation. Je crois que l’on peut prétendre à vouloir gagner beaucoup d’argent uniquement si l’on fait faire de très bons résultats à son entreprise. A ce moment-là, et seulement dans ces conditions, que l’on distribue ces résultats aux salariés et au patron qui en profite beaucoup plus, c’est légitime, car c’est lui qui prend les risques. Mais en salaire, cela me paraît totalement exagéré, même si je sais que ceux de tous les présidents du CAC40 sont assez mirobolants. Ce qui est totalement inacceptable dans le cas de M. Proglio, c’est de rester dans la société Véolia, et de se faire salarier pour plus de 450 000 euros*. C’est choquant, ce n’est vraiment pas acceptable pour nous, chefs d’entreprises. Rester dans Véolia pour assumer la succession dans les mois qui viennent, d’accord, mais pas avec un salaire bon sang ! Il n’est pas en manque je crois ! Par rapport à ses salariés, c’est indécent. J’ai peur que les gens d’EDF aient du mal à considérer leur nouveau patron alors qu’eux-mêmes, n’auront pas ou une très faible augmentation, parce qu’il faut bien sûr maintenir l’équilibre de l’entreprise. Ce n’est pas correct. Ce n’est pas dans notre éthique à la CGMPE. (*Une rémunération à laquelle Henri Proglio a renoncé depuis, ndlr)

Entre nous, Henri Proglio est-il vraiment un patron, dans la pure tradition ? A savoir à l’image de celui qui a engagé tous ses biens et même plus pour aller au bout de son rêve. Nos grandes industries ne sont-elles pas finalement dirigées que par de hauts fonctionnaires ?
Vous avez raison, c’est toute la différence que je fais entre le patron chef d’entreprise patrimonial et le super manager de ces grandes entreprises, qui lui, même si l’entreprise va au tapis, ne risque rien. Alors que si cela nous arrive, à vous ou à moi, dans notre entreprise, de dix, vingt ou cent salariés, nous y passerons notre maison, notre voiture… tout. C’est pour cela que les gens clament leur fierté d’être un patron patrimonial : celui qui risque sur ses biens propres en permanence et voit différemment l’entreprise, les hommes et les femmes qui travaillent avec lui.

Le gouvernement se veut rassurant et nous prédit une vraie reprise dès cette année. La reprise pour 2010, vous y croyez ?
Il est normal que l’Etat use de la méthode Coué en disant que la situation est meilleure. C’est vrai, ça va un peu moins mal qu’il y a un an, mais de là à parler de reprise franche… Personne ne s’y risque d’ailleurs. Je pense que nous avons face à nous des mois encore très difficiles, surtout pour les très petites entreprises. Même pour les PME, on voit bien que les carnets de commandes ne se regarnissent pas beaucoup. Les stocks ayant diminué, on peut imaginer que l’on reprenne une production un peu plus importante dans les 2 ou 3 trimestres à venir. Et puis de toute évidence, cette sortie de crise ne sera pas rapide. Elle se fera à mon avis, dans deux, trois voire quatre ans, parce que nous sommes vraiment tombés très bas. Nous avons dépensé énormément d’argent. Et puis il y a le déficit de l’Etat. En avril, le Chef de l’Etat va annoncer un tas de mesures pour arriver à diminuer cette dette. Il a raison. On ne peut pas la faire supporter aux générations futures, ni à nous-mêmes d’ailleurs.

Travail, effort, initiative, partage

Quelles leçons en tirer pour l’avenir ?
La crise, tout le monde en est responsable. Il est facile d’accuser les banquiers mais nous en avons profité aussi, à l’époque où l’argent était plus facile, où les taux d’intérêt étaient faibles, parce que la banque gagnait beaucoup d’argent sur ces métiers qui n’étaient pas son métier de base. On entend en ce moment des économistes dire qu’il faudrait scinder les banques en deux, d’un côté la partie d’état, et entreprises, à savoir les prêts pour la production, de l’autre, la finance, métier sur lequel elles gagnent de l’argent, pour éviter à nouveau ce regroupement, cette bulle que l’on n’a pas vue venir. Mais ce qui peut paraître inquiétant pour l’avenir, c’est la manière avec laquelle les banques ont redressé la situation. Tout simplement en finançant d’abord les Etats parce qu’il n’y avait pas de risques, et beaucoup moins les entreprises parce qu’il y en avait plus. J’espère que l’on va apprendre de cette crise, même si à mon sens, nous n’en prenons pas le virage. Dans le cadre du G20, j’espère que les dirigeants de ces pays vont prendre les mesures qui s’imposent, que les Présidents Barak Obama et Nicolas Sarkozy, sauront convaincre leurs homologues de la nécessité supérieure de prendre des mesures drastiques pour empêcher, l’homme étant toujours ce qu’il est, de continuer sur la même voie. Ce n’est pas de l’argent fictif que l’on a perdu, c’est du véritable argent.

La CGPME mène de nombreuses actions sur le plan européen. Comment expliquer cette stratégie et les buts à atteindre ?
A Bruxelles, la CGPME dispose de deux permanents relayés par un responsable trois jours par semaine et dans le seul but, de faire du lobbying dans les commissions. N’oublions pas que 80 % des mesures qui sont appliquées chez nous sont d’abord négociées à Bruxelles.  Quand elles nous arrivent, il est déjà trop tard, la mesure est obligatoire. Donc il faut être présent au coeur du pouvoir de décisions et sur tous les sujets. Je suis fréquemment à Bruxelles où je réunis les députés européens, les commissaires, pour essayer de bien faire entendre la voix des PME et nos soucis bien spécifiques.

Quels sont vos voeux pour 2010 ?
Un peu d’amélioration pour nos entreprises, surtout pour les plus petites qui ont du mal, tout comme pour nos PME qui vont en avoir encore. Une reprise qui soit quand même sensible et que l’on soit capable de tirer les vraies leçons de cette crise, extrêmement dure depuis un an et demi. En fait que l’on essaie de repartir sur de vrais fondamentaux. Nos valeurs à nous, ce sont le travail, l’effort, l’initiative et le partage. C’est ainsi que je vais à nouveau entreprendre des discussions pour que soient partagés encore davantage les résultats de l’entreprise avec les salariés. Nous avons besoin de faire équipe. Il faut changer nos méthodes et tenir vraiment compte de cette crise pour ne pas retourner dans les mêmes affres avec des salaires gigantesques pour quelques-uns, quand pour d’autres, on n’accepte pas des augmentations de 1 %. Que l’on redevienne un peu plus humain, que l’on remette l’Homme au centre de  nos préoccupations. Ce n’est pas un vain mot, ce n’est pas un vain défi. Je voudrais aussi qu’on le prouve dans nos entreprises en appliquant l’intéressement. C’est quelque chose de très précis, de fondamental, pour construire un meilleur avenir ensemble. Oui, il faut le mettre en action dans nos PME. C’est un vœu qui m’est cher et je veillerai à réussir là aussi…

Propos recueillis
par André Gérôme Gallego


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