Inquiétude généralisée chez les entrepreneurs haut-garonnais

Personne ne saurait ignorer que le contexte économique mondial actuel déteint sur la stabilité des entreprises de la Haute-Garonne. Le mot “récession” est au bout de toutes les plumes et malgré toutes proportions gardées, il accroît également l’inquiétude des entrepreneurs toulousains quant à l’année 2009. C’est pourquoi l’observatoire économique de Toulouse s’est inscrit dans une logique pragmatique, de manière à fournir un éclairage aux entrepreneurs dans leur propre secteur. En dépit d’un pessimisme ambiant, la Banque de France et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Toulouse fusionnent leurs compétences dans une enquête intitulée “Conjoncture économique des entreprises de Haute-Garonne”.

 
« Une situation parfois trop sombre »

Bien qu’institutionnalisée depuis 2003, l’enquête sur la situation conjoncturelle des entreprises de Haute-Garonne revêt plus d’importance compte tenu des circonstances économiques effectives. De fait, cette étude qui porte sur l’activité, la taille et la zone géographique de l’entreprise a permis de sensibiliser 1 693 répondants, soit 1/3 de l’effectif des entreprises de la région. Elle est censée donner un panorama clair de la situation économique en Haute-Garonne, par secteur d’activité. Comme le souligne Chantale Boucher, directrice régionale de la banque de France, «le besoin d’informations conjoncturelles n’a jamais été aussi grand».Cette enquête détenait donc un double objectif : mesurer l’évolution de l’activité économique et de l’emploi en interrogeant les entreprises sur leur chiffre d’affaires et leur prévision pour 2009. Selon Claude Terrazzoni, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Toulouse, «elle permettra de nuancer une situation parfois trop sombre».

2009 sera difficile

Quoi qu’il en soit, les données révélées par cette enquête témoignent d’un bilan 2008 partagé entre un chiffre d’affaires moyen de 5,3 % et un net ralentissement de la progression de l’effectif salarié. Pour 2009, les prévisions ne sont pas bonnes pour l’ensemble des secteurs. Le chiffre d’affaires moyen des entreprises de la région devrait baisser, passant de + 5,3 % à – 0,5 %. L’effectif salarié continuerait lui à diminuer. Déjà en difficulté fin 2008, le secteur du bâtiment serait le plus touché avec la poursuite de la récession dans l’immobilier. Les très petites entreprises (T.P.E) subiraient, avec plus d’impact, les conséquences de la crise.

 

« Se retrousser les manches »

A son corps défendant, Claude Terrazzoni a nuancé la portée de ces données en mettant le doigt sur la volonté d’enrayer la vague de découragement des entrepreneurs et d’oblitérer le spectre d’une inquiétude généralisée. L’action combinée de la Banque de France et de la C.C.I entend agir sous la férule des dispositifs gouvernementaux qui selon eux «jouent leurs rôles et marchent bien» et anticiper les secteurs d’activités qui tressaillent (le bâtiment et les services). Cependant même si le président de la CCIT incite à l’optimisme, l’emploi et l’activité économique de la Haute-Garonne sont fortement menacés. La multiplication des efforts de l’ensemble des entreprises de Haute-Garonne, ne sera certes pas vaine, mais n’empêchera guère les difficultés qui se profilent en 2009. Il faudra donc, selon Terrazzoni, «se retrousser les manches» afin d’apercevoir «un bout de lumière» en 2010.  

Matthieu Amaré


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