Inégalités salariales femmes-hommes: Des facteurs persistants

Les femmes gagnent 28% de moins que les hommes

En 2010, le revenu annuel net des femmes salariées de Midi-Pyrénées était inférieur de 28% à celui de leurs homologues masculins. Même s’il a été observé qu’en cinq ans ces inégalités se sont atténuées sous l’effet d’une meilleure qualification des femmes, ce chiffre, avancé par l’Insee, a conduit les pouvoirs publics régionaux à faire de l’égalité professionnelle une de leurs priorités.

Le gouvernement, par l’intermédiaire du ministère des Droits des femmes, a lancé un plan d’action expérimental baptisé « Territoires d’excellence » dont Midi-Pyrénées fait partie. Ainsi, un plan d’action régional en matière d’égalité professionnelle a été mis en place visant à accompagner les PME et TPE dans sa mise en œuvre, à développer la mixité des filières et des métiers et à lutter contre l’éloignement de l’emploi des bénéficiaires de congés parentaux. Car le constat est sans appel : les femmes représentaient 45% des effectifs du secteur privé et semi-public en 2010, soit 377 400 résidant en Midi-Pyrénées et ont perçu un revenu annuel moyen de 15 870 euros, c’est-à-dire 28% de moins que les hommes. L’explication principale avancée par l’Insee est le temps de travail qui reste inférieur chez les femmes. Mais globalement, les femmes restent les salariés les moins bien rémunérées d’une entreprise. En effet, l’institut de statistiques constate que parmi les 10% des salariés affichant les salaires horaires les plus faibles, 62% sont des femmes. A l’inverse, parmi les mieux rémunérés, elles ne représentent que 23% des effectifs. C’est justement chez les salariés les mieux payés que la différence entre femmes et hommes reste la plus flagrante puisque l’écart entre les deux est de 25%.

 

Moins de disparités chez les jeunes

 

C’est donc naturellement que l’on retrouve une forte inégalité chez les cadres et les professions intellectuelles supérieures, le salaire horaire des femmes y étant 19% moins élevé que celui des hommes. A âge, catégorie socioprofessionnelle et secteur d’activité égaux, une femme cadre gagne 13% de moins, ce qui peut s’expliquer par l’expérience, l’ancienneté, le niveau de diplôme ou la durée éventuelle d’une interruption de carrière. Cela est d’autant plus visible dans les secteurs où les femmes sont fortement présentes et, où elles ont des difficultés à intégrer les postes à responsabilité, comme les activités financières, le commerce ou encore l’industrie de fabrication. A l’inverse, dans le secteur de la construction, elles se tournent plus facilement vers les postes de cadres ou de professions intermédiaires, ce qui réduit l’écart de salaire à 1% entre les deux sexes.

Il est également à souligner que les disparités salariales sont moindres chez les jeunes (8%). Pour l’Insee, cela est dû essentiellement aux salaires peu élevés, et donc moins dispersés, que perçoivent les employés en début de carrière et au fait que les jeunes femmes n’aient pas encore été impactées par les événements susceptibles d’interrompre une carrière. De plus, elles sont généralement plus diplômées que la génération précédente et peuvent se positionner sur des postes à responsabilité plus rapidement. Les inégalités de revenus augmentent ensuite au fur et à mesure que les salariés avancent en âge, pour atteindre 26% chez les plus de 50 ans.

 

Séverine Sarrat



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