Immobilier d’entreprise Objectif : le maintien

CEAT Jolimont

Il se murmure chez les professionnels du secteur que la crise étant arrivée par l’immobilier, c’est par là aussi que l’on en sortira. Dans le contexte politico-socio-économique actuel  les incertitudes sont légion, où en est le marché de l’immobilier d’entreprise à Toulouse ?

Lorsqu’on parle d’immobilier d’entreprise, on parle de transactions, d’investissement, de financement mais aussi et de plus en plus de risque, de réglementation, de normes en ayant recours à des textes comme le Grenelle II, les accords de Bâle III ou la directive Solvency II.

Si le marché de l’immobilier d’entreprise a représenté, en 2011 d’après le cabinet AEW Europe, 15.1 milliards d’euro de transactions en France, signe que la valeur immobilière reste valeur refuge en temps de crise, il n’en reste pas moins que la question des dettes souveraines et de l’issue de l’élection présidentielle en France constituent de réels freins dans un contexte déjà empreint d’incertitude.

Pascale Cieutat, présidente de l’Observatoire Toulousain de l’Immobilier d’Entreprise (OTIE), a présenté à l’occasion d’un forum au mois de février les derniers chiffres toulousains.

Concernant l’immobilier de bureau, on observe une relative stabilité avec une augmentation des transactions à utilisateurs depuis 2009, le niveau de transaction en 2011 se chiffre à 131 100m² et enregistre donc une baisse de 7%. Le marché toulousain conserve donc un certain dynamisme.*

Activité constante et prix stables

44% des transactions sont concentrées sur les secteurs ouest et nord-ouest. A noter au nord, le secteur d’Andromède qui a commercialisé 21 200m² de bureaux neufs et à l’ouest, le secteur de la Zone Franche Urbaine (ZFU) qui pour sa part a commercialisé 16 400m² de bureaux en seconde main. L’offre immédiatement disponible représente 7.4% du parc existant, avec une hausse constante du stock seconde main, et se situe géographiquement du côté de Bordelongue (43%) et au nord-ouest de la ville. Le taux de vacance est de 7.4%.

Pour les locaux d’activité, d’entrepôts dits immobiliers logistique, 114.200 m2 de transactions ont été enregistrées. La moitié de ces transactions concerne des surfaces de moins de 500 m2 et 31% des surfaces de plus de 1 000m². Le marché semble déserter l’est de la ville.

L’année 2011 a été marquée par de grandes transactions, comme la location par Airbus de 13 043m² de bureau sur Andromède à Blagnac ou la location par DSC de 19 960m² de locaux d’activité et d’entrepôts sur La Ménude à Plaisance du Touch.

Le stock de locaux d’activité et entrepôts est estimé à 154 000m², mais ce stock est vieillissant et pour certains endroits menacé d’insalubrité.

Selon une étude de BNP Paribas Real Estate publiée à l’occasion du MIPIM de Cannes, «Confrontés à des problèmes de financements, les promoteurs et les investisseurs ont sensiblement réduit les mises en chantier au cours des deux dernières années…» Les nouvelles contraintes concernant les banques induites par Bâle III sur le financement du secteur immobilier et la crise de la dette souveraine ne sont pas des éléments rassurants et n’aident en rien à améliorer la visibilité sur l’avenir de ce secteur.

Une issue, une bouffée d’oxygène est peut-être à prendre du côté de l’innovation, pour la première fois d’ailleurs au MIPIM un espace lui a été dédié, dans la mesure où elle permet de réduire les coûts.

Marie-Agnès Espa

Aérospace

 

Du côté de la CCIT, on oriente…

Les explications de Marc Eychenne, Chargé de Mission Aménagement et Développement Territorial (Direction des Etudes et Développement Territorial) :

«Consciente des difficultés des entreprises à trouver des locaux adaptés à leurs besoins,  la CCI de Toulouse a souhaité créer et mettre en place un outil apte à répondre aux questions des créateurs et investisseurs à la recherche d’une solution à leur problématique d’implantation. Ainsi est née l’idée de la Bourse de l’Immobilier et du Foncier d’Entreprise (BIFE), avec pour double objectif : rapprocher demandeurs et offreurs, faciliter l’accès à l’information des investisseurs.

Ce projet s’est concrétisé par la réalisation d’un site internet consultable sur le site de la CCI de Toulouse. La BIFE propose une sélection de bureaux, locaux commerciaux, locaux d’activités, dépôts/entrepôts à la vente et à la location, ainsi que des fonds de commerce. Ces offres sont présentées par les principaux professionnels d’immobilier d’entreprises partenaires de la CCI de Toulouse pour cette opération. Une liste des Centres d’Affaires et un Atlas des Parcs d’Activités du département (réalisé en partenariat avec le Conseil général 31, la Chambre de Métiers, la DDTE 31 et l’Auat) complètent le dispositif. Par ailleurs, la  CCIT mène d’autres actions en faveur de l’implantation des entreprises au travers de la promotion et du développement du territoire sur les salons immobiliers (MIPIM de Cannes et SIMI de Paris).»

 

Du côté des directeurs immobiliers, on fédère…

 

L’Association des Directeurs Immobiliers (ADI) a ouvert le 3 janvier dernier une délégation à Toulouse pour la région Midi-Pyrénées. C’est la seconde délégation ouverte en province. Gilles Lagrave, directeur régional de Poste Immo, en a été nommé délégué régional par le Président de l’ADI, Christian Cléret.

L’objectif de cette association, forte de ses 350 membres et de ses seize années d’existence, est de valoriser le métier de directeur immobilier et de promouvoir la fonction immobilière au sein des entreprises de la région. Selon Gilles Lagrave, l’association toulousaine aura un rôle d’information et de formation auprès de la profession. Au programme : rencontres, ateliers thématiques, entre autres, sur la mise en pratique des normes issues du Grenelle 2 de l’Environnement ou sur l’adaptation des bâtiments (accessibilité, HQE…), partage de bonnes pratiques.

Photo Gilles Lagrave et Christian Cléret



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