Haute-Garonne ; La reprise n’est pas pour tout de suite

La Chambre de Commerce et d’Industrie de Toulouse a rendu son bilan 2009 de conjoncture économique des entreprises du département. Une année noire marquée par une crise qui ne laisse rien augurer de bon avant 2011, malgré des secteurs qui se défendent.

 
«Nous avons subi en 2009 un environnement tendu, jamais vu depuis 2002.» C’est sur ces mots que le président de la CCIT Claude Terrazzoni a entamé la présentation du bilan 2009 de conjoncture économique des entreprises de la Haute-Garonne la semaine dernière. En effet, même si la crise ne s’est faite sentir que tardivement dans notre région, le département a connu une année très difficile avec une chute du chiffre d’affaires des entreprises de 2,6 % ; du jamais vu depuis 2002. Parallèlement, l’emploi salarié régresse tandis que la situation financière des établissements se dégrade. 6 852 entreprises ont cessé leur activité tandis que seulement 7 536 ont été créées. Le ratio est même négatif dans l’industrie qui a pris de plein fouet les effets de la crise, bien au-delà des prévisions déjà pessimistes du dernier trimestre 2008. Alors qu’elle représente 22 % de l’emploi en Haute-Garonne, son chiffre d’affaires a chuté de 6,5 %. «L’industrie a connu une crise plus prononcée qu’en 1993 mais la reprise s’annonce meilleure que pour le secteur des services», prévoit Philippe Robion, directeur régional adjoint de la Banque de France. L’activité d’Airbus y est peut-être pour quelque chose : «Nous nous attendions à une crise de la construction aéronautique mais ce n’est pas le cas. Airbus va même produire plus d’avions cette année qu’en 2009», confie Claude Terrazzoni.

Climat de confiance rassurant ?

La construction et l’immobilier sont de leur côté parmi les secteurs les plus impactés. «Nous avons assisté à une baisse des prix de l’immobilier de 20 à 30 %, ce qui a nui aux entreprises de gros œuvre. Et la situation continue car le secteur a du mal à redémarrer, les investissements privés et publics sont gelés», explique Thierry Dumas, premier vice-président de la CCIT. «Pour 2010, les besoins sont là, notamment avec l’arrivée de nouvelles populations dans le Grand Toulouse. Ceci dit, le bâtiment a besoin d’une forte croissance pour redémarrer et les 1,4 ou 1,6 % prévus ne suffisent pas.»
Les entreprises de services, qui représentent 100 000 salariés dans le département, sont les seules à tirer leur épingle du jeu. Mais les observateurs mettent quelques bémols. La conjoncture reste très difficile dans les transports et l’activité de l’hôtellerie-restauration n’a pour l’instant pas bénéficié de la baisse de la TVA. Du côté du commerce, l’avenir n’est pas rose lui non plus : «Les commerces de détail, d’équipements et de gros connaissent des difficultés et les perspectives 2010 ne sont pas très bonnes avec un climat de confiance qui ne s’améliore pas du côté des dirigeants», explique Philippe Robion. Justement, l’enquête menée par la CCIT prend en compte la perception qualitative des dirigeants d’entreprises. Et sur ce point, le président Claude Terrazzoni se veut rassurant : «Il n’y a pas de dégradation du climat de confiance.» Cependant, le moral de certains est en berne, notamment dans les branches des transports, de l’industrie aéronautique et du commerce de gros. Ce qui n’augure rien de bon en termes d’embauches car les intentions de recrutement restent très mesurées en 2010 : «On ne crée pas d’emplois en Haute-Garonne et on ne peut donc pas encore parler de reprise. Mais nous avons touché le point le plus bas, la descente aux enfers est donc terminée.»

Sophie Orus


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