[Grand Angle] Le coopek, une nouvelle monnaie d’échange

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Réseau. Monnaie complémentaire nationale, le coopek vise à favoriser les échanges locaux et à financer des projets durables. Lancé le 3 octobre, il fait son arrivée à Toulouse.

Par Enri Ramousset

À la composterie Cler Verts dans le Lauragais, pas besoin d’avoir des euros en poche pour acheter un bac à biodéchets : les achats peuvent se régler en coopek grâce à une carte de paiement créditée via un compte en ligne et une application mobile. Pour pouvoir échanger à parité des euros avec cette nouvelle monnaie, il faut devenir sociétaire de la coopérative SCIC SA Coopek (50 euros pour un particulier et 100 euros pour une entreprise ou une association) puis s’abonner annuellement (20 euros pour un particulier et 50 euros HT pour un professionnel).

L’intérêt pour tout un chacun ? Maîtriser et favoriser sa consommation locale. « Si j’achète un produit chinois en coopek, le commerçant devra écouler cet argent dans le réseau coopek », explique Félicie Domène, la cofondatrice de cette monnaie complémentaire. « Cela me rassure de savoir que l’argent que je dépense va générer des emplois en France. »Et pour les entreprises ou les associations adhérentes ? «Cela donne accès à un marché supplémentaire car chacune est référencée sur notre carte en ligne », poursuit la présidente de la SCIC SA Coopek. « Être membre permet aussi d’utiliser un dispositif de prêt à taux zéro interentreprises finançant des projets de transition énergétique, environnementale, alimentaire et sociale. De quoi développer une vraie démarche avec ses fournisseurs car, pour écouler ses coopeks, il faut développer un réseau tout en s’inscrivant dans une démarche de responsabilité sociale des entreprises. »

Contrairement aux monnaies complémentaires locales (MLC), le coopek a été lancé sur l’ensemble du territoire français le 3 octobre dernier. « Le frein des MLC est leur périmètre car on ne sait pas où les écouler. En étant national, ce problème n’existe plus pour les entreprises qui peuvent se fournir partout », assure Félicie Domène. « L’enjeu est de créer des circuits d’échanges. Il faut réfléchir à la façon dont on va écouler l’argent que l’on reçoit et remettre l’économie au service de la société.» Alors que la quarantaine de MLC compte en moyenne 450 utilisateurs en France, le coopek voit plus grand. «Grâce à nos outils informatiques et à notre large déploiement, je suis convaincue que nous allons dépasser les limites des MLC et atteindre le millier d’utilisateurs dès juin 2017 », affirme avec enthousiasme la cofondatrice de cette monnaie qui compte pour l’instant une centaine d’adhérents dans tout le pays.



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