G20 YES ; Les entreprises ont des choses à dire

Vincent Lemonde

Noomeo, entreprise toulousaine spécialisée dans la conception d’outils de mesure 3D dans l’industrie mécanique et plus spécifiquement dans l’aéronautique, était présente lors du G20 YES qui s’est tenu du 2 au 5 juin derniers à Mexico. Ce sommet lors duquel sont réunies des entreprises du monde entier doit permettre de dégager des propositions que les chefs d’entreprise présentent aux chefs d’Etat. Le co-fondateur de Noomeo, Vincent Lemonde, revient sur quatre jours de négociations.

 

Vincent Lemonde, vous avez participé au G20 YES en tant que co-fondateur de Noomeo ; dans quel cadre votre entreprise a-t-elle été choisie ?

Noomeo fait partie du réseau OSEO Excellence, communauté créé par OSEO qui souhaitait être représenté au G20 YES. Ainsi OSEO nous a poussés à monter un dossier de candidature qui a été traité par un jury éminent composé de financiers, de personnes issues des médias, du Medef, des banques… Vingt entreprises, dont Noomeo, ont été sélectionnées pour participer au G20 YES sur 200 dossiers reçus ; le G20 YES étant réservé aux jeunes entrepreneurs de moins de 40 ans, dirigeants des entreprises ayant des ambitions de croissance forte et qui tentent de tout mettre en œuvre pour les atteindre.

 

En tant que co-fondateur de Noomeo, vous avez intégré la délégation française participant au G20 YES, quel a été votre rôle ?

Le G20 YES est là pour donner des orientations au G20 des chefs d’Etat, que nous leur transmettons par l’intermédiaire de John Kingston, directeur du groupe de recherche du G8 et du G20. Nos préconisations ont été transmises en mains propres à Felipe Calderon qui nous a garanti de les utiliser dans leurs réflexions. Nous avons eu une bonne approche au sein de la délégation, laquelle était très représentative de l’entreprenariat français que ce soit en termes de répartition des sexes, de moyenne d’âge, d’activités. Les rencontres ont été très enrichissantes et agréables et, malgré les 250 entreprises présentes au total, les contacts ont été relativement faciles. Cela restera une expérience inoubliable !

 Le G20 YES, une reconnaissance

Au-delà de la concertation collective, ce G20 YES est également bénéfique pour votre entreprise…

Clairement, cela favorise la mise en place d’un réseau important avec des entrepreneurs du monde entier. De plus, des fonds d’investissements étaient également présents, ce qui permettait d’avoir une bonne visibilité et de rencontrer des personnes du monde financier ce qui, pour nous, reste très important.

 

Personnellement, et pour votre entreprise Noomeo, qu’est-ce que ce sommet du G20 YES vous a apporté ?

Il est important pour une entreprise d’avoir un directeur ouvert, qui ne reste pas sur sa propre culture franco-française. Le sommet m’a ainsi permis de discuter avec des gens aux vues différentes, car issus de cultures différentes, et j’espère que cela m’améliorera dans ma position de chef d’entreprise.

Au niveau de Noomeo, j’ai échangé avec d’autres entrepreneurs sur des techniques commerciales, de DRH, de motivation, et j’ai ramené une petite liste de choses à mettre en place et à essayer chez nous. Ensuite, ce sommet nous a permis d’obtenir une visibilité, tout en nous rendant visibles. Noomeo n’est ainsi plus vu comme une start-up mais comme une entreprise à part entière, qui a son mot à dire quant à l’économie française. Il s’agit d’une reconnaissance.

La délégation française présente au G20 YES de Mexico

Enseigner l’entrepreneuriat dans les écoles

Lors de ce sommet, il s’agissait de proposer aux dirigeants du monde des solutions concrètes pour améliorer l’entreprenariat. Quelles ont été celles-ci ?

Deux propositions sont représentatives de tout ce qui a été dit : D’abord, nous souhaiterions intégrer l’entreprenariat dans le cursus scolaire au lycée et au collège. Nous voulons que, très tôt, les jeunes puissent voir l’entreprenariat comme une voie possible. Il faudrait donc intégrer quelques heures de cours dans un parcours d’éducation civique par exemple.

Ensuite, nous avons établi que, quel que soit le pays, toutes les entreprises connaissent des problèmes de financements car ils sont réalisés via les banques à plus de 80%. Cela devient problématique quand survient une crise financière. Nous proposons donc de réorienter l’épargne des citoyens dans les garanties qui serviront à l’investissement en capital dans les PME. Nous avons évoqué la création d’un «Livret E» dont l’argent, que tout un chacun déposerait, pourrait servir à alimenter un fond de garantie, géré par OSEO par exemple, pour soutenir l’investissement des PME.

 

Le G20 YES a-t-il une réelle résonnance auprès des dirigeants ?

Cette édition était la 4e du nom, il s’agit d’un sommet relativement jeune, mais plus ça va et plus les chefs d’Etat se sont impliqués dans le G20 YES. Cette année, comme je vous le disais, nous avons été reçus par F. Calderon en personne mais les discussions de cette année restent bouleversées et se concentrent essentiellement sur la crise en Europe. Cependant, l’entreprenariat n’est pas un sujet annexe, c’est une véritable solution si l’on veut atteindre les 2 à 3% de croissance que l’on recherche. Nous avons des choses à dire ! D’ailleurs, le 28 juin prochain, nous allons remettre nos conclusions issues du G20 YES à Fleur Pellerin (ministre déléguée chargée des PME, de l’innovation et de l’Economie numérique, ndlr) et François Hollande.

 

Propos recueillis par Séverine Sarrat



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