G20 Yes: Des propositions concrètes pour les PME


Suite à la tenue du G20 Yes en juin dernier, à Mexico, les entrepreneurs français sont revenus, des propositions plein les poches (voir l’article «G20 Yes ; les entreprises ont des choses à dire» sur notre site internet). Ainsi, la délégation «Bleu, blanc, rouge», dont fait partie le Toulousain Vincent Lemonde, co-fondateur de Nooméo, avait rendez-vous avec Fleur Pellerin, ministre des PME, pour lui faire état de leurs solutions visant à promouvoir l’entreprenariat en France.

 

Vous aviez rendez-vous le 28 juin dernier avec Fleur Pellerin, ministre des PME afin de lui faire remonter vos recommandations issues du G20 Yes, quel bilan pouvez-vous faire de cette rencontre ?

Après le G20 Yes, la délégation française a travaillé afin de dégager des axes de réflexion pouvant améliorer l’entreprenariat dans notre pays. Ce sont ces propositions que nous avons exposées à Fleur Pellerin. Nous lui avons donc énuméré des axes stratégiques concrets, à savoir l’obligation, pour les grandes entreprises, d’introduire dans leur bilan d’activité annuel un audit des relations fournisseurs et la création d’un «Label de l’entrepreneuriat» pour inciter les grandes groupes à développer leurs relations avec des PME et jeunes entreprises. Dans un même temps, nous souhaitons développer et simplifier le CIR en faveur des PME et jeunes entreprises afin de favoriser l’innovation, la recherche et la création d’emplois qualifiés chez ces acteurs, et mettre en place l’exonération d’ISF pour les redevables investissant dans les PME dans le cadre d’une augmentation de capital, ce qui n’est pas forcément dans les plans du gouvernement actuel. Cette pratique a notamment permis à mon entreprise Nooméo de recevoir plus 1.5 millions d’euros de fonds. Nous prônons également l’intégration de la culture entrepreneuriale dans le système scolaire et ce dès le primaire, ainsi que le changement de mode d’enseignement de l’économie en partant d’exemples concrets pour ensuite expliquer l’économie générale. Nous proposons, en parallèle, de renforcer la stabilité du cadre législatif et juridique dont les entrepreneurs ont besoin et la transformation de l’indemnité de licenciement en indemnité d’employabilité. Nous avons fait à la ministre d’autres propositions mais celles-ci restent les plus significatives. En échange, Fleur Pellerin nous a assurés de la création, à l’Assemblée nationale, d’une Commission d’évaluation préalable de l’utilité économique des lois.

 

Quelles propositions vous paraissent-elles être prioritaires ?

Développer le droit à l’échec pour les entrepreneurs. Typiquement, quand une entreprise ne fonctionne pas en France, son gérant est systématiquement fiché à la Banque de France. Et que ce soit pour votre activité professionnelle future ou même personnelle, si vous voulez contracter un crédit, le fait d’être fiché reste extrêmement problématique. Ce point-là serait véritablement facile à régler. On peut très bien ne pas réussir avec une entreprise, tirer les leçons de ses erreurs et en faire fonctionner une autre. Mais, en France, ce n’est pas possible.

Je pense également que le renforcement de la stabilité du cadre législatif et juridique est indispensable car les prises de risques des entrepreneurs deviennent importantes. Ils s’engagent en fonction d’un cadre législatif, juridique et fiscal, et ne savent pas si celui-ci perdurera. Pour exemple, à Nooméo, l’augmentation des charges «jeunes entreprises innovantes», due à la remise en cause de ce statut il y a un an et demi, nous a obligés à nous séparer d’un salarié pour compenser cette hausse. Quand on connaît les contraintes dès le départ, on peut s’organiser. Par contre, lorsque les avantages fiscaux sont revus, de manière rétroactive, les répercussions sont forcément sociales.

 

Fleur Pellerin

 Les PME sont LA solution

 

La ministre des PME a-t-elle donné des réponses à vos propositions ?

Certaines actions semblent aller dans le bon sens ; la loi principale sur le «test PME», annoncée par François Hollande, est un dispositif qui permet d’examiner les conséquences sur les PME de chaque mesure du gouvernement. De plus, Fleur Pellerin est une fille d’entrepreneur, je pense donc qu’elle a cette culture mais que les choses ne peuvent pas changer aussi rapidement qu’on le voudrait.

 

Ces réponses vous semblent-elles raisonnables ?

Nous n’avons pas d’avis tranché car il reste beaucoup de choses à faire. Être satisfait voudrait dire que le problème de la culture entrepreneuriale en France est résolu, ce qui ne sera pas le cas avant plusieurs années. Mais l’on sent des signes positifs.

 

Dans quel état d’esprit vous trouvez-vous ? Avez-vous réellement l’impression d’avoir été entendu ?

Oui, mais le contexte global étant assez pesant, c’est en plaçant leurs priorités que les politiques vont prendre des décisions. Certaines sont dictées par l’économie, d’autres par les actifs publics, par l’image que le gouvernement souhaite se donner. Maintenant, nous sommes dans une phase d’attente.

 

Justement, qu’attendez-vous de François Hollande et son nouveau gouvernement ?

Qu’il réintroduise l’entrepreneur comme outil de base de l’économie, tout simplement. 88% des créations d’emplois émanent des entrepreneurs tandis que les grands groupes ne cessent d’en détruire ; aux vues de ces constats, je reste persuadé que les PME sont une réponse concrète aux problèmes économiques que l’on rencontre aujourd’hui.

 

Propos recueillis par Séverine Sarrat



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.