Fusion 3A / Sodiaal: En prévision de la suppression des quotas

La coopérative 3A fusionnent avec Sodiaal pour plus de compétitivité

 

Les coopératives 3A et Sodiaal ne formeront plus qu’une seule et même entité dès la fin de l’année. Cette décision fait suite à l’annonce de la suppression des quotas laitiers prévue pour 2015 : « il faut que nous soyons prêts pour cette échéance mais nous avons besoin d’être organisés », explique Thierry Lanuque, président de 3A. L’arrêt de la maîtrise de la production au niveau européen aura un impact certain sur les 220 vendeurs de produits laitiers ainsi que sur les dix acheteurs qui se partagent aujourd’hui ce marché en France. Pour résister, Thierry Lanuque et François Iches, respectivement président de 3A et Sodiaal Union, ont choisi la fusion par absorption. Ainsi les capitaux des deux entreprises seront transférés dans un nouvel ensemble : « cela ne coûtera rien et nous aidera à créer une synergie, garante de l’augmentation de la valeur ajoutée, qui elle-même permettra la modernisation des outils », se félicite le président de 3A. Mais cette fusion ne changera pas l’organisation actuelle, les filiales des deux groupes gardant leurs statuts et leurs sièges sociaux, « car l’ancrage territorial reste important. Ainsi, les quatre filiales de 3A par exemple ne verront aucune modification dans leur fonctionnement », assure Thierry Lanuque. Cette nouvelle entité, baptisé Sodiaal pour ne pas déstabiliser les clients et ne pas perdre de temps à la reconnaissance d’un nouveau logo, dégagera 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

 

Un projet sécurisant

 

De même, les emplois des deux coopératives ne seront pas impactés par cette fusion, affirmation confirmée par Thierry Lanuque : « il n’y aura aucun plan social, par contre, certains mouvements de postes seront indispensables. » Autrement dit, les deux structures n’étant pas concurrentes mais complémentaires, les licenciements et les fermetures de sites ne sont pas à l’ordre du jour mais des changements de postes restent à prévoir. Les deux responsables des coopératives 3A et Sodiaal ont souhaité cette fusion en ce sens : « l’intérêt collectif devait primer. D’autres partenaires étaient intéressés par notre entreprise mais le plus sécurisant restait encore la forme coopérative », précise Thierry Lanuque. Et si les deux établissements avaient déjà des intérêts en commun, ce choix permettra également d’économiser 7 millions d’euros sur deux ans, tout en accroissant la mutualisation des moyens. Ainsi, le nouveau Sodiaal deviendra le transformateur et le collecteur laitier le plus important. Et loin de ne susciter qu’une augmentation du chiffre d’affaires, le projet devrait également donner l’envie à d’autres structures de rejoindre la fusion. Mais encore faut-il que les organisations syndicales et les autorités de la concurrence valide le projet, « ce qui devrait être le cas en décembre prochain, lors de notre Assemblée Générale », assure, confiant, Thierry Lanuque.

 

Séverine Sarrat



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