Formation et métier en Midi-Pyrénées: Un mariage qui ne va pas de soi


Phénomène récurrent, le métier exercé par les actifs correspondrait de moins en moins à leur formation initiale. La conjoncture du marché de l’emploi en serait la principale cause, mais d’autres explications sont également avancées par l’Insee.

 

Exercer un emploi dans la spécialité correspondant à son diplôme n’est plus de mise, et ce depuis quelques années. Ceci découle notamment d’une offre d’emplois potentiels de plus en plus large à laquelle les formations donnent accès, mais les évolutions de carrière choisies par chaque salarié restent une explication complémentaire. En Midi-Pyrénées, comme sur tout le territoire français, un actif sur trois exerce une profession étroitement liée à la spécialité de formation. Plus particulièrement, les salariés évoluant dans les secteurs du commerce, du tourisme et des transports gardent peu de lien avec leur spécialité car cette dernière est applicable à nombre d’autres professions. De même, certains emplois comme caissier ou employé de libre-service sont peu liés aux formations suivies car ils demeurent essentiellement pourvus par des actifs peu ou pas qualifiés, voire par des étudiants. En ce qui concerne les emplois plus qualifiés, comme les employés administratifs ou de gestion ainsi que les cadres, la raison d’une faible association des études au métier se trouve dans les cursus suivis qui restent divers et peu spécifiques. En revanche, certaines professions manuelles font exception par la formation initiale ciblée nécessaire à l’exercice. Ainsi 80% des coiffeurs et des esthéticiens gardent une forte tension entre leur apprentissage et leur métier.

 

La formation reste déterminante

 

Ce sont essentiellement les professions règlementées qui affichent le lien le plus fort avec les spécialités de formation initiale tels les médecins, sages-femmes, infirmiers… ou encore les avocats, notaires et autres magistrats. Le bâtiment se trouve également dans le même schéma car quatre cadres des travaux publics sur dix sont architectes. Et, naturellement, plus le niveau d’étude est élevé, plus la corrélation entre formation et profession reste forte car cette dernière nécessite une qualification élevée et ciblée. C’est notamment le cas pour les personnels d’études et de recherche ou les ingénieurs de l’informatique. De même, les emplois appelant une formation professionnelle courtes spécifiques, type CAP-BEP, et qui comportent souvent une phase d’apprentissage affichent également une relation formation/emploi très importante. Et les agriculteurs intègrent également cette catégorie puisqu’ils sont nombreux à avoir validé des études directement liées à leur métier.

Aux vues d’un tel constat, le développement des formations professionnelles prend tout son sens. Ainsi, la Région, compétente en la matière, a mis en place un Contrat de plan qui en définit le cadre stratégique. Cette initiative ainsi que l’implication des acteurs de l’éducation et de la formation professionnelle, doivent permettre d’identifier les relations qui existent entre emplois, métiers exercés et cursus suivis, mais aussi de construire des parcours d’insertion et de progression professionnelle et d’observer les facteurs influençant positivement les capacités à évoluer dans le monde du travail.

 

Séverine Sarrat



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