Fleur Pellerin à Toulouse: « L’innovation permet de tenir tête aux concurrents internationaux »

La ministre déléguée chargée des PME, de l’innovation et de l’économie numérique, Fleur Pellerin, était lundi à Toulouse, afin de remettre le trophée du 500ème projet labellisé par le pôle Aerospace Valley. L’occasion de revenir sur la politique des pôles, et leur importance pour le développement économique des régions.

 

L’Aerospace Valley, créé en 2005, fait parti des pôles les plus performants de France, selon un audit lancé par le gouvernement, cet été. Lundi, le trophée du 500ème projet labellisé par le pôle a été remis à Ludovic Le Moan, chef de la start’up toulousaine Sigfox Wireless. La ministre en personne, lui a remis cette récompense, pour le projet innovant « Object’s World ». Celui-ci consiste à développer l’internet des objets afin de répondre aux marchés des applications « Machine to Machine ». Concrètement, cette technologie permet d’équiper en connexion internet les objets du quotidien et de les relier ainsi à nos mobiles.  « On est les premiers en Europe à avoir trouvé cette technologie, et notre carnet de commandes atteint 40 millions d’euros d’ici 2014 » se réjouit Ludovic Le Moan.

L’innovation : notre radeau dans la tempête ?

Pour Fleur Pellerin, ce type de projet, possible grâce à l’efficacité d’Aerospace Valley, est la preuve que « l’industrie française a un avenir prospère », car c’est l’innovation « qui permet de tenir tête aux concurrents internationaux » assure-t-elle. Le gouvernement doit donc adopter « une politique générale de soutien à l’innovation » poursuit la ministre. En clair, les crédits impôts recherche seront « maintenus et stabilisés pour 5 ans », et l’Etat s’engage à consacrer « 2% des commandes publiques à des achats d’innovation, en faveur des PME, ce qui représente 1 milliard d’euros, » explique-t-elle. En outre, la Banque Publique d’Investissement permettra d’aider le financement de certains projets. « Ce sera un interlocuteur unique, plus patient et moins exigeant en terme de rentabilité que les banques privées, » affirme Fleur Pellerin.

Autant de signes que l’Etat ne se désengage pas sur le sujet, malgré la crise. En revanche, les aides pourraient être conditionnées. Au regard de l’affaire Sanofi, le gouvernement réfléchit «aux conditionnements des interventions étatiques, mais pas forcément pour le crédit impôt recherche,» nuance la ministre, sans en préciser d’avantage.

 

Objectifs chiffrés pour les pôles

 

Plus généralement, le financement des pôles de compétitivité est également à revoir. « L’acte 3 de la décentralisation différenciera les pôles à dimension internationale qui seront plus soutenus par l’Etat, de ceux à vocation locale qui seront d’avantage financés par les régions, » explique-t-elle. Quoiqu’il en soit, d’ici la fin de l’année, le gouvernement fixera des objectifs aux pôles, en matière d’emplois et de chiffre d’affaires. Car jusqu’à aujourd’hui, les retombées économiques de leurs activités sont encore méconnues, par manque « d’instruments de mesure précis ».

 

Coralie Bombail



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