Fédération du Bâtiment de Midi-Pyrénées: « Trop c’est trop !»


La Fédération du bâtiment de Midi-Pyrénées ne cache plus sa colère ni ses inquiétudes. Le 31 janvier dernier, l’ensemble des Fédérations du territoire français a mené une action « coup de poing, coup de gueule » pour signifier l’urgence et la précarité de la situation du secteur aux pouvoirs publics. Une opération baptisée « Trop c’est trop !» qu’a menée en Midi-Pyrénées le président régional Bruno Dumas.

Le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics n’en finit plus de donner l’alerte. Déjà au mois d’octobre 2012, la Fédération Midi-Pyrénées des Travaux Publics par son président Bruno Cavagné tenait un discours très clair sur les difficultés de ce secteur, particulièrement pourvoyeur d’emplois. Aujourd’hui, c’est la Fédération régionale du Bâtiment qui prend le relais de l’alarme en organisant la journée d’action du 31 janvier 2013 : «Trop c’est trop ». (ndlr : la Fédération du Bâtiment et celle des Travaux Publics sont liées, il n’y a que le département de la  Haute-Garonne qui distingue une présidence pour le Bâtiment et une autre pour les Travaux Publics).

Depuis 2008, le secteur est en crise, et, selon les professionnels la situation ne va pas aller en s’arrangeant. « A la crise économique se rajoutent des mesures fiscales imposées de façon ininterrompue depuis 2011, comme l’augmentation de la TVA sur le logement, sur les travaux de rénovation, l’alourdissement des taux immobiliers, le coup de rabot sur le crédit développement durable ou encore la réduction du PTZ (Prêt à Taux Zéro). Ces inflations sur les taxes ont pour effet de faire fuir les clients et les investisseurs. A cette hausse se rajoute aussi une inflation des normes qui évoluent sans cesse et qui complexifie notre métier sans oublier le poids croissant des formations imposées aux entreprises ». Autre facteur menaçant la pérennité du secteur : l’auto-entreprenariat et la concurrence de la main d’œuvre étrangère.

 

7 000 emplois menacés en Midi-Pyrénées

Antoine Nunés, président de la Fédération des Hautes-Pyrénées, ne mâche pas ses mots : « il faut mener des actions contre la sous-traitance aux entreprises étrangères qui travaillent à 7 ou 8 euros de l’heure. Nous avons de fait des écarts de 25% dans nos devis. Cela tue l’emploi, nos PME sont en danger et les trésoreries serrées ».  Depuis le début de la crise, l’activité a baissé de 20% et selon les professionnels, le logement est le pan le plus touché. En 2012, selon Bruno Dumas, « Midi-Pyrénées a perdu 3% de ses effectifs soit 1 270 salariés sans compter le département de l’Aveyron ». Et de poursuivre avec des perspectives 2013 peu optimistes : « En 2013, au niveau national, on s’attend à une année plus noire et une baisse de l’activité de l’ordre de 3,5 % et la perte de 40.000 emplois. » Pour le président régional, plusieurs solutions sont à envisager selon la Fédération comme par exemple « stopper le matraquage fiscal sur les plus-values immobilières, sortir l’auto entreprenariat du secteur ou encore soumettre la main d’œuvre étrangère au droit du travail français ».

Une chape semble asphyxier un secteur pourtant habitué à une activité cyclique, pour traverser cette crise qui dure tout de même depuis cinq aujourd’hui. Les professionnels du Bâtiment et des Travaux Publics invitent les pouvoirs publics à investir dans la filière car selon Bruno Dumas « chaque euro investi permet d’injecter entre quatre et cinq euros dans l’économie française ». L’appel sera-t-il entendu ?

 

La Fédération du Bâtiment en chiffres

En France : 57 000 entreprises, 800 000 salariés

En Midi-Pyrénées, 27 600 entreprises, 52 200 salariés, 6 780 intérimaires, 8 055 jeunes en formation dont la moitié en apprentissage.

 

Marie-Agnès Espa



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