FCGA: Des Journées Nationales pour réaffirmer l’implication des CGA

Le Centre de Gestion Agréé Midi-Pyrénées organisait les 19 et 20 novembre derniers à Toulouse, les 34e Journées Nationales de leur fédération, la FCGA. En mettant la reprise d’entreprise au cœur des débats, Jean-Pierre Gorsse, président du centre régional, souhaitait positionner le CGA en acteur de la reprise économique.

 

Jean-Pierre Gorsse, la Fédération des Centres de Gestion Agréés a choisi Toulouse pour organiser ses 34e Journées Nationales…

C’est la première fois, en 34 ans, que ces Journées Nationales ont lieu dans notre ville et cela ne peut que me rassurer et me réjouir. Je suis ravi d’avoir pu relever ce challenge. Nous avons réuni plus de 400 congressistes sur ces deux jours, ce qui reste une performance. J’espère que l’impact sur le Centre de Gestion Agréé de Midi-Pyrénées sera positif et permettra de nous faire connaître auprès des commerçants et artisans qui ne sont pas encore adhérents.

 

Quel est le rôle exact du Centre de Gestion Agréé (CGA)?

Historiquement, son rôle est avant tout la prévention fiscale. Nous sommes en quelque sorte un partenaire de l’administration, puisque nous nous assurons de la conformité des liasses fiscales des commerçants et artisans, mais nous ne sommes en aucun cas une administration bis. Nous sommes contrôlés par cette même administration tant en ce qui concerne la création d’un centre qui ne peut voir le jour que s’il obtient un agrément fiscal et perdurer que s’il respecte certaines règles. Les centres sont en réalité, le pré-passage avant le contrôle fiscal permettant ainsi à l’administration fiscale de se décharger d’un bon nombre de petites entreprises (de 1 à 5 salariés) en «affaire individuelle». Le CGA doit contrôler la partie fiscale des plus-values mais aussi, depuis deux ans, tout ce qui concerne la TVA collectée ou à récupérer. Si l’administration nous a donné des pouvoirs supplémentaires, en contrepartie, elle a aussi garanti des avantages fiscaux pour nos adhérents : le délai de prescription fiscale qui est, normalement, de trois ans et l’année en cours, est ramené à deux ans et l’année en cours pour nos adhérents. De plus, ils ne sont pas majorés des 25% que l’on vous attribue systématiquement.

La formation est un autre volet de notre mission. Nous organisons de nombreuses séances élaborées pour nos adhérents durant lesquelles nous abordons différents sujets : «comment tenir une comptabilité», «comment organiser son magasin», «comment gérer ses problèmes de personnel», jusqu’à des thèmes plus personnels tels que «apprendre à gérer son stress»…

Les statistiques constituent le troisième volet. Sur la Haute-Garonne, nous recensons 8 500 membres quand la région Midi-Pyrénées en compte 18 500. Et la prévention est la dernière de nos missions. Nous tentons d’analyser les comptes et bilans de nos adhérents de façon à anticiper des problèmes avant d’arriver à la phase ultime de la procédure de redressement.

 

Se positionner en facilitateur

 

La transmission et la reprise d’entreprises étaient au cœur des débats de ces 34e Journées Nationales de la FCGA. Pourquoi privilégier ce thème ?

Nous nous inscrivons dans le cadre d’un problème démographique puisque nous abordons des années où les gens en âge de prendre la retraite vont être de plus en plus nombreux inscrivant la transmission ou la reprise d’entreprises en sujet d’actualité. C’est pour cela que nous avons choisi ce thème, pour faire en sorte que ces opérations se passent au mieux. En tant qu’organisme de gestion agréé, nous souhaitons nous positionner en facilitateur de ces transmissions en aidant le cédant et l’acheteur dans leurs démarches.

 

Quels conseils donneriez-vous à des commerçants ou artisans qui souhaitent céder ou racheter une entreprise ?

Il s’agit d’une étape importante dans la vie d’un entrepreneur, qu’il ne faut pas prendre à la légère. Il faut s’entourer de bons conseils et surtout bien réfléchir, notamment pour le cédant, car on ne vend son entreprise qu’une fois. Il faut donc le faire au mieux de ses intérêts. Quant au repreneur, il doit faire attention d’acheter au juste prix, c’est-à-dire à un montant qui lui permette de rembourser l’emprunt qu’il va contracter pour l’achat de l’affaire, de continuer à pouvoir prélever un salaire décent et de garder quelques bénéfices pour investir ou pour reconstituer ses fonds propres ou le BFR (besoin de fonds de roulement).

 

De nouvelles prérogatives

Joel Fistre, Artisan Ferronnier à Quint-Fonsegrives (société Atmos-fer) recevant le trophée des Ailes de la TPE

 

Durant ces Journées Nationales, les nouvelles missions de la FCGA ont été discutées. Quelles sont-elles ?

Nous en avons débattu avec la DGFIP (direction générale de l’administration fiscale) qui, peut-être, pourrait nous conférer de nouvelles prérogatives, notamment celle des contrôles des très petites entreprises pour libérer totalement l’administration d’un quelconque travail sur cette population. Ainsi, la totalité du contrôle fiscal reviendrait au CGA. D’un côté, cela nous convient car cette attribution nous permettrait d’assurer le maintien de tous nos emplois en ayant une visibilité claire sur les années à venir. D’un autre côté, en tant qu’expert-comptable indépendant, passer sous la houlette de l’administration fiscale, me dérange quelque peu.

 

Ces 34e Journées étaient également l’occasion de remettre le trophée des Ailes de la TPE…

Chaque année, nous mettons à l’honneur des artisans et des commerçants ayant une particularité dans leur activité ou une progression importante, quelque chose qui les distingue de leurs semblables. Et le trophée régional a été remis à Joël Fistre, gérant de la société Atmos.Fer, qui œuvre dans la ferronnerie d’art à Quint-Fonsegrives.

 

Propos recueillis par Séverine Sarrat

 



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