Et si on faisait le bilan ?: Les soldes d’été baissent le rideau

Un été au climat changeant, l’arrivée d’un nouveau concurrent avec le village de marques de Nailloux, des travaux en centre-ville, une crise qui commence à toucher tout le monde … Beaucoup de paramètres qui permettaient de se poser le plein de questions sur les soldes toulousains d’été qui viennent de se terminer. Nos commerçants sont-ils contents ? S’inquiètent-ils ? Une enquête menée en centre-ville. Par Ariane Riou et Thomas Simonian

 

Le vieux Toulouse. Ses petites ruelles autour de la place Saint-Georges, et une enseigne nationale destinée à nos petites «têtes blondes ». Les deux vendeuses de ce magasin paraissent déçues de cette période de soldes : « Aujourd’hui, nous n’avons vu personne. Et jusqu’au 15 août cela va sans doute être très dur … Pendant les soldes, nous sommes à peu près sur le même chiffre d’affaires que l’année dernière mais nous devons nous battre pour vendre. Les clients souhaitent négocier de plus en plus le prix. On a parfois l’impression de se prostituer». Pour les deux jeunes femmes, le constat est sans appel. Leurs clients subissent de plus en plus les effets de la crise, et diminuent leur panier moyen d’achats. L’acte compulsif est désormais révolu, le client regarde le prix avant tout. «Les clients n’arrêtent pas de consommer, mais n’hésitent plus par exemple à demander des délais de paiement », explique Marcel Boissy, commerçant reconnu sur la place toulousaine, à la tête de plusieurs enseignes dont « Anastasia », rue des Arts.

« On a parfois l’impression de se prostituer »

Pour les marques « tendance », celles qui font l’actualité de la mode urbaine et teenager notamment, le son de cloche diffère un peu. « On est mieux que l’année dernière car notre marque, limite insolente, est en plein essor. On n’a franchement pas ressenti la crise », explique Christophe, vendeur chez « Superdry » situé dans une rue Alsace Lorraine en travaux, une problématique qui ne semble pas avoir affecté la volonté des jeunes Toulousains de s’habiller avec cette nouvelle marque anglaise. Sur le trottoir d’en face, Céline, responsable du magasin « Modi’in » s’accorde avec son homologue : «Nous pensions que la situation serait beaucoup plus difficile au vu du contexte. Ca s’est finalement bien passé et on s’estime heureux. », se réjouit la jeune femme. Il y a quelques années,  tout le monde attendait avec impatience les périodes de soldes. Mais pour Marcel Boissy, une page est définitivement tournée : «Les soldes ne sont plus un événement car il y en a de fait toute l’année. Auparavant les clients attendaient ces périodes pour dépenser leur budget. Aujourd’hui, nous sommes également victimes des franchises qui pratiquent les ventes privées plus d’un mois avant. Certaines ont commencé dès la fête des mères ! ». Les commerçants sont aussi confrontés à une nouveauté dans le monde des réductions de prix, « les soldes flottants » (voir interview de Chantal Héraut, DGCCRF), périodes complémentaires de deux semaines de promotions, fixées librement par chaque enseigne. «Voilà une idée qui met la panique ! », s’agace Céline de « Modi’in ». Vous l’aurez compris, ce concept « flottant » est largement critiqué par les commerçants que nous avons rencontrés, qui s’inquiètent aussi de la rentrée politique : «Ce sont toujours les petits qui vont payer ! » pour la patronne de « Modi’in ». Les boutiques toulousaines ont donc tout de même bien résistées au contexte économique actuel, et à des clients toujours plus attentifs aux prix. Mais ce qu’elles craignent le plus, ce sont les lendemains … surtout pour celles qui ne sont pas franchisées.

 

 



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