Emplois salariés dans le tourisme: Une économie locale à part entière

De l’hébergement à la restauration, en passant par les activités sportives et les commerces, les métiers du tourisme ont un poids important en Midi-Pyrénées. Cependant, ce dernier n’est pas le même selon les départements et peut varier du simple au triple. Dans un même temps, l’Insee qui dévoile son enquête 2009 sur le sujet, fait état d’une disparité certaine entre l’espace urbain et le milieu rural. Etat des lieux.

 

Avec 44 000 emplois directement liés au tourisme recensés en 2009, soit 4.5% de la masse salariale en Midi-Pyrénées, la région se place au 11e rang national. Toutefois, tous les départements ne sont pas logés à la même enseigne ; pour preuve, un salarié sur dix travaille dans le milieu du tourisme dans le Nord du Lot, constituant ainsi une réelle économie locale, quand le bassin d’emploi toulousain ne compte que 3.5% de postes dédiés à cette filière. Mais loin de n’être que départementales, les disparités s’exercent également au sein d’un même territoire, entre ville et campagne. En effet, 57% de l’emploi salarié se concentre en milieu urbain, soit 25 100 postes, notamment dans les huit chefs-lieux de la Région qui en comptent 17 500. A Toulouse, c’est le tourisme d’affaire qui décroche la palme avec 71% de l’activité hôtelière de l’agglomération. Toutefois, le tourisme d’agrément reste bien représenté en Midi-Pyrénées grâce aux nombreux sites à visiter, qu’ils soient fréquentés pour leur histoire ou la culture. En ce qui concerne le milieu rural, il concentre un quart des postes liés à la filière, soit 11 000 répartis dans la Région, mais reste relativement faible en Haute-Garonne (2.1%).

Si la diversité de la filière se ressent entre les départements, elle est également perceptible entre les activités. Ainsi, la restauration, l’hôtellerie et autres modes d’hébergement regroupent la moitié des emplois touristiques à eux seuls, tandis que les commerces ne profitent que du passage de touristes et génèrent 19% de l’emploi lié à ce domaine d’activités. De même que les établissements proposant des soins corporels ou des activités sportives qui parviennent à tirer également leur épingle du jeu.

 

14% de cadres

 

Une seule variable à laquelle toutes les formes d’emploi touristique sont soumises : la saisonnalité, pouvant faire varier le poids salarial du simple au double au gré des saisons. Ce phénomène reste logiquement plus marqué en zone de montagne et rurale qu’en ville car le tourisme d’affaire y est remplacé par le tourisme d’agrément. 24% des travailleurs du secteur se trouvent affectés par le passage à l’hiver ou à l’été ce qui confère à ces postes une attraction toute particulière pour les étudiants et les jeunes en général. Toutefois, cet état de fait n’empêche pas ces derniers d’occuper des postes à responsabilité, la saisonnalité n’ayant pas d’impact sur la hiérarchie. Pour preuve, 14% sont des cadres ou exercent une profession intermédiaire.

Logiquement, la filière fait souvent usage d’emplois à temps partiels : ainsi, les 44 000 emplois salariés liés au milieu du tourisme représentent en réalité 32 000 postes en équivalent temps plein. Plus ou moins développés en fonction des saisons, les temps partiels se cantonnent essentiellement dans les structures type parcs d’attraction, les casinos ou encore la restauration. Dans le même temps, les salariés évoluant à ces postes sont souvent peu qualifiés et les cadres s’y trouvent deux fois moins nombreux comparés aux autres corps de métier.

Véritable économie locale et même, manne financière pour certains territoires, le tourisme reste relativement stable en Midi-Pyrénées, région qui a la chance de pouvoir compter sur les vacances d’hiver comme d’été pour réaliser son chiffre d’affaires.

 

Séverine Sarrat



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