Emploi des personnes handicapées: La Région est une bonne élève

Le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP) organisait mardi dernier le Forum régional Midi-Pyrénées visant à favoriser l’emploi des actifs en situation de handicap dans toutes les fonctions publiques. Quelle est la situation dans la région et quelles sont les actions mises en place pour l’améliorer ? Jean-Charles Watiez, directeur du FIPHFP l’explique.

 

Quel rôle joue le FIPHFP au quotidien ?

L’établissement public du fonds pour l’insertion des personnes handicapées a été créé à l’issue d’une loi datée de 2005, sous Jacques Chirac. La loi de 2005 a imposé aux employeurs publics d’Etat, territoriaux et hospitaliers d’être en conformité avec la législation élémentaire d’une société qui se doit d’employer 6% de personnes handicapées dans ses effectifs. La loi a également instauré la création d’un établissement public national, le FIPHFP, dont le directeur est nommé par le ministre de la Santé, de la Fonction Publique, des Personnes Handicapées, de l’Intérieur et le ministre du Budget. J’ai donc été nommé le 25 octobre dernier, par arrêté ministériel. Notre politique, pour l’ensemble des employeurs publics, couvre l’insertion, le recrutement, la formation et surtout le maintien dans l’emploi des personnes handicapées. A la création du fonds, le taux d’emploi dans la fonction publique était de 3.70%, aujourd’hui nous atteignons 4.22%. Dans le secteur privé, ce taux est inférieur à 3%.

 

Vous organisiez mardi dernier à Toulouse, un forum régional des partenaires des employeurs publics, dans quel but ?

En arrivant à la tête du FIPHFP, j’ai souhaité que l’on change de posture et de culture. Depuis six ans, nous avons prouvé notre utilité et l’on arrive à une période où nous devons renforcer nos liens avec l’ensemble des acteurs publics en région. Je suis un fervent défenseur de la dimension territoriale et je veux que l’on aille au contact des acteurs du handicap. Le FIPHFP va faire un tour de France des régions, et c’est la raison de notre présence à Toulouse, pour réunir le Préfet de région qui est le représentant de l’Etat, le président du comité local en matière de handicap et d’emploi des personnes handicapées dans la fonction publique et tous les autres acteurs, employeurs et partenaires, pour qu’ils puissent échanger et rencontrer des personnes handicapées en recherche d’emploi.

 

« La région est exemplaire »

 

En Midi-Pyrénées, le taux d’emploi des travailleurs handicapés s’élève à 5.10% dans la fonction publique, ce chiffre est-il satisfaisant ?

La région est exemplaire en la matière, et plus précisément les Hautes-Pyrénées et le Tarn-et-Garonne qui se situent presque à 6%, certainement parce que les valeurs humanistes y sont très ancrées et que les employeurs publics ont vraiment à cœur de faire une place importante aux personnes handicapées. C’est reconnaître que ces dernières exercent un rôle essentiel dans la société, qu’elles sont capitales au vivre ensemble. Si beaucoup a été fait en Midi-Pyrénées, mon souci est de faire encore mieux ! C’est aussi le but de notre Forum.

 

Comment peut-on favoriser plus encore, l’emploi des personnes handicapées ?

En premier lieu, je pense que la prise de conscience politique est importante. Ensuite, le fonds peut recouvrir les contributions d’employeurs qui ne sont pas en conformité avec la législation en cours mais aussi aider les entreprises à aménager des postes de travail, à permettre l’accessibilité physique à celui-ci et à donner l’accès aux personnes handicapées aux formations nécessaires. Il faut savoir que les personnes handicapées subissent un taux de chômage trois fois supérieur au taux des actifs de droit commun et qu’ils ont un niveau de formation CAP/BEP pour 80% d’entre eux. Il faut travailler sur cet aspect de la formation pour donner à ces personnes, toutes les chances de développer un savoir-faire professionnel. Nous travaillons en ce sens avec l’AGEFIPH (Association de Gestion du Fonds pour l’insertion Professionnelle des Personnes Handicapées).

 

Les collectivités locales jouent le jeu

 

En Midi-Pyrénées à quelle hauteur les aides du FIPHFP se portent-elles ?

Pour un peu plus de 100 employeurs publics, nous avons alloué une aide de l’ordre de 800 000 euros. Cela représente 265 aides par an. Pour un montant qui, somme toute, n’est pas considérable, nous arrivons à provoquer un effet levier fantastique car les employeurs publics mettent aussi la main à la poche. Par exemple, les fonds alloué au centre de gestion de la fonction publique territoriale qui gère les plus petites communes a permis de mettre en place, dans le cadre d’un partenariat, une formation de secrétaire de mairie.

 

La ville de Toulouse et la communauté d’agglomération ont mis en place une cellule de repositionnement professionnelle afin de maintenir les agents dans l’emploi en prenant en compte chaque situation individuelle. Cela est-il une opportunité pour vous ?

Cette initiative est fantastique ! Cette cellule est constituée de psychologues, de médecins du travail, de chefs de services RH et de représentants des organisations syndicales et gère toutes les situations de reclassement en favorisant le maintien dans l’emploi et l’insertion durable. Elle met en place des procédures de reclassement à destination de tous et donc des personnes handicapées. Il s’agit donc d’une bonne décision !

 

Propos recueillis par Séverine Sarrat



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