Egalité professionnelle femmes-hommes

Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes et porte-parole du Gouvernement, a présidé la semaine dernière le comité de pilotage régional chargé de la mise en œuvre du programme « Vers les territoires de l’excellence en matière d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ». A cette occasion, la préfecture, la Région et l’Académie de Toulouse ont signé une convention visant à dynamiser l’égalité femmes-hommes en entreprise.

 

« Madame la ministre, Monsieur le préfet, Monsieur le recteur, Madame LE SENATEUR (à l’attention de Françoise Laborde, sénatrice PRG de Haute-Garonne, ndlr)… » L’introduction de Martin Malvy, président de Région, lance le débat aux vues du regard complice que Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes et porte-parole du Gouvernement, a lancé à F. Laborde, à l’énoncé du titre de cette dernière, non-féminisé.

Nombreuses, multiples, historiques et culturelles les inégalités de genre restent importantes même si les avancées sont considérables : « Pour la première fois, notre Gouvernement est paritaire et a créé un ministère des droits des femmes, la réforme des retraites prend les femmes en considération et l’IVG et la contraception sont remboursées aux mineures… avec le mariage pour tous en toile de fond… c’est la victoire des citoyens qui souhaitent que leur société vive avec son temps », martèle Martin Malvy. Pourtant, force est de constater que les inégalités femmes-hommes restent importantes. En Midi-Pyrénées, le taux d’emploi des femmes est de 60.5% (contre 68% pour les hommes), et se cantonnent dans 30.2% des cas à du travail à temps partiel. De même, les femmes sont sous-représentées parmi les cadres (36%) et leur salaire se situe 20% plus bas que celui des hommes. Des chiffres qui laissent apparaître clairement que, si des efforts sont consentis, il faut encore les accentuer. En la matière, la Région se positionne parmi les plus actives de France, notamment depuis la création inédite d’un poste de vice-présidente en charge des Finances et de l’Egalité femmes-hommes et à celui-ci, la nomination de Nadia Pellefigue, « et déjà, en 1998, une conseillère régionale avait été nommée pour prendre en charge l’égalité », fait remarquer Martin Malvy.

 

Sensibiliser les plus jeunes

 

A ce titre, la Région a été choisie, dans le cadre du plan d’action expérimental du ministère des Droits des femmes, pour constituer le panel de neuf régions qui participeront au dispositif. Pour lancer l’expérience, un comité de pilotage se tenait la semaine dernière, en présence de Najat Vallaud-Belkacem pour poser les premières pierres d’un édifice encore branlant. Pour acter les différents objectifs du plan d’action du Gouvernement, la Région, l’Etat et le Rectorat ont signé une convention appelée « Territoires d’excellence en matière d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. » Parmi les buts à atteindre, celui de la mixité dans les filières et les métiers pour élargir le champ des possibles à tous les métiers. Car c’est un fait, l’orientation tend à concentrer les filles dans un nombre limité de filières et de métiers peu valorisés alors même qu’elles sont plus diplômées. « Il convient de lutter contre le déterminisme », scande Nadia Pellefigue. Ainsi, « 40% de l’action sera menée auprès des plus jeunes pour sensibiliser au plus tôt aux inégalités existantes », précise Martin Malvy. Par la signature de la convention, l’Académie de Toulouse s’engage « à développer la part des filles dans les filières et les métiers scientifiques et techniques et la part des garçons dans les filières à forte prédominance féminine, tout en prenant en cause les besoins des entreprises », explique Olivier Dugrip, recteur de l’Académie de Toulouse. Dans un même temps, le personnel qui intervient dans l’orientation des lycéens sera formé pour mener à bien ce plan d’action. Pour Najat Vallaud-Belkacem, il s’agit « d’informer les jeunes que l’on parle ici de respect, d’égalité de traitement entre tous, que l’on parle d’amour des responsabilités, du travail et de l’efficacité. » Chose dont sont capables tant les hommes que les femmes.

 

Vers l’égalité professionnelle

 

Par voie de conséquence, et logiquement, la convention garde pour objectif principal de réaliser l’égalité professionnelle dans les PME et TPE. Il s’agit là notamment de dynamiser la négociation collective, d’atteindre l’égalité salariale, de créer un environnement favorable à l’articulation des temps de vie professionnelle et vie personnelle, mais aussi de développer une approche globale de l’égalité, intégrant aussi l’organisation du temps de travail. Dans cette droite ligne, de faire en sorte que les bénéficiaires du congé parental ne s’éloignent pas de l’emploi durablement. « L’attention portée aux PME et TPE s’explique par la concentration des emplois dans ce type de structures. Pour assurer une évolution dans le sens de l’égalité à ces entreprises, l’Etat se doit de les aider mais il se doit aussi de prendre ses responsabilités. Ainsi, toute société devra nous faire parvenir son plan d’action interne en matière d’égalité professionnelle femmes-hommes et si elle ne le fait pas ou ne s’y tient pas, elles sera sanctionnée », avertit la ministre des Droits des femmes. Car, si jusque-là, il était difficile de faire appliquer les lois déjà en vigueur, un décret daté de décembre 2012 met fin à un vide juridique permettant à certains de ne pas appliquer les règlementations. « Ce temps est désormais terminé », certifie Najat Vallaud-Belkacem. « Mais la loi ne suffit plus à garantir l’égalité femmes-hommes, nous devons utiliser pleinement les partenariats sociaux pour négocier et couvrir enfin des champs oubliés comme les congés parentaux et leur répartition entre femmes et hommes », affirme la porte-parole du Gouvernement. C’est en cela que l’expérimentation mise en place par le ministère des Droits des femmes, et auquel participe Midi-Pyrénées, trouve tout son sens : « Je compte sur le comité de pilotage pour sortir le poil à gratter car nous avons besoin de bousculer les stéréotypes pour trouver les solutions adéquates », poursuit-elle… et Martin Malvy de renchérir « car les inégalités restent une forme de violences faites aux femmes », et c’est un homme qui le dit !

Séverine Sarrat

 



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