Ecotaxe poids lourds : Un report au 1er janvier 2014

Philippe Martin, ministre de l’Ecologie vient à peine d’annoncer la création de la « contribution climat-énergie », qu’il doit déjà reporter la mise en place de l’écotaxe poids lourds. Prévue initialement pour être effective au 1er octobre prochain, c’est finalement en janvier 2014 qu’elle sera opérationnelle. La taxe consiste à faire payer les kilomètres parcourus sur les 15 000 km de réseau de voies non-payantes (routes nationales, départementales et portions d’autoroutes gratuites) par tous les poids lourds, Français et étrangers. Les vérifications du dispositif technique permettant de collecter l’écotaxe, ont révélé « des dysfonctionnements persistants qui doivent impérativement être corrigés avant la mise en service du dispositif », explique le ministère. Pour sa défense, ce dernier souligne « que les retards accumulés dans la mise en œuvre de l’écotaxe s’expliquent largement par le manque de préparation du dispositif et d’anticipation des difficultés sous le précédent gouvernement. » Mais pour France Nature Environnement, aucune excuse n’est acceptable : L’écotaxe poids lourds « est une des mesures phares qui doit nous permettre de mettre en place une véritable politique de transport durable en transférant les marchandises des camions vers les trains et les péniches, c’est-à-dire vers des modes moins polluants et moins dépendants des hydrocarbures. Initialement prévue en 2011, la voici une énième fois repoussée sous la pressions des lobbies routiers sans raisons techniques valables. En cédant, le gouvernement se prive d’un outil efficace au service de la transition énergétique et de ressources non négligeables en cette période d’assèchement des finances publiques. A quelques jours de la conférence environnementale, cette mesure est complètement incohérente avec les engagements de la France et témoigne d’un manque de courage politique. Le gouvernement se prive ni plus ni moins des moyens de son ambition ! » peste Jean-Baptiste Poncelet, chargé de mission Transports et mobilités à l’association.

Pour les transporteurs routiers, il ne s’agit pas tant d’un soulagement que d’un simple sursis. « Ils ne sont pas prêts, ils ne pourront jamais lancer le dispositif au 1er octobre », avait déjà pressenti Jérôme Bessière, délégué Midi-Pyrénées de la Fédération nationale des transporteurs routiers, que nous avions rencontré trois jours avant l’annonce du report. « D’ailleurs nous ne le sommes pas non plus car il est demandé aux entreprises du secteur de transmettre à l’administration une quantité impressionnante de documents. Il a été calculé que la totalité des justificatifs exigés atteignait quatre fois la hauteur de la Tour Eiffel. Le pire étant que ces informations sont à transmettre uniquement sur papier… Vous parlez d’une mesure écologique ! » rajoute-t-il.

Séverine Sarrat



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