Economie; Toulouse la joue solidaire

Pour la première fois, la municipalité s’associe à des événements de promotion de l’économie sociale et solidaire. Un parti pris décalé en pleine crise du capitalisme.
L’économie sociale et solidaire, une association de termes quelque peu antinomiques en cette période de marasme et de crise du capitalisme. Tout au mieux une utopie. Et pourtant, la mairie de Toulouse a envie de croire en ce secteur qui représente le 2ème créateur d’emplois toulousain avec au total 36 000 travailleurs. L’économie sociale et solidaire (ESS) regroupe diverses activités et types d’entreprises : ce sont avant tout des coopératives, des associations ou des mutuelles qui s’autofinancent tout en jouant la carte de la proximité. «Au départ, ce type d’économie était une famille, un regroupement. Aujourd’hui, il s’agit d’un véritable mouvement», explique Pierre Cohen, maire de Toulouse. «C’est une économie sous-estimée et, pourtant, elle a vocation à couvrir des domaines plus larges grâce à des valeurs d’utilité sociale.» Pour Evelyne Nybelen, présidente de l’ADEPES Midi-Pyrénées (Agence pour le Développement et la Promotion de l’Economie Solidaire), l’humain se retrouve avec ce nouveau modèle au centre des préoccupations : «Nous participons à la démocratisation de l’économie grâce à l’engagement citoyen. Il s’agit de cultiver la solidarité entre les personnes et les territoires.»

 

Multitude de manifestations

Il était donc tout naturel que la nouvelle municipalité de gauche s’approprie le mouvement en devenant partenaire de plusieurs manifestations à Toulouse. Jusqu’au 25 octobre, l’ADEPES organise une cinquantaine d’événements dans la Ville rose dont “la semaine du goût solidaire” qui se termine le 19 octobre prochain ou l’occasion de découvrir des restaurants engagés et donc une autre façon de consommer. Du 18 au 25 octobre, c’est au tour de l’épargne solidaire de démontrer que le mot finance peut rimer avec solidarité. Le mois de novembre sera celui de l’ESS, organisé par le CRESS (Chambre Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire), où tous les acteurs et professionnels feront découvrir aux Toulousains leurs activités. Le 12 décembre, l’ADEPES mettra en place un forum salle Barcelone pour des débats et, enfin, un marché «convivial et solidaire» prendra ses quartiers dans la Ville rose du 6 au 14 décembre, à l’initiative de la mairie.
Une interrogation toutefois : comment prétendre placer l’homme au centre de l’économie et des décisions financières ? A Toulouse, les principaux emplois issus de l’économie sociale et solidaire se trouvent chez l’organisme bancaire Crédit Mutuel et dans les services d’aide à la personne qui multiplient les emplois précaires… Pierre Cohen a annoncé qu’une enveloppe serait attribuée à l’économie sociale et solidaire lors du prochain budget municipal. Cette décision nous éclairera peut-être sur l’avenir du mouvement.

Sophie Orus


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