EADS: Une fusion non sans conséquences

La branche defense d’EADS cale

 

Enregistrant pourtant la plus forte hausse du CAC 40 depuis un an, EADS enregistre une baisse de ses commandes dans le secteur de la défense et de l’espace. Afin de limiter les conséquences économiques sur tout le groupe, les dirigeants ont fait le choix de fusionner les filiales Astrium, Cassidian et Airbus Military, « dans le but d’améliorer la compétitivité », affirme Tom Enders, président d’EADS dans une lettre adressée aux salariés. « Chers collègues, il faut regarder la vérité en face : qu’il s’agisse du spatial ou bien de la défense, nous avons un réel problème de coûts et de portefeuille de produits que nous devons résoudre rapidement et de manière décisive si nous voulons réussir », poursuit-il pour justifier le futur regroupement, qui sera accompagné d’une réduction des effectifs.  Les chiffres de 5 300 suppressions de postes au sein d’Airbus DS (nom de l’entité après fusion), 500 au sein des fonctions et services corporate et 1 300 emplois intérimaires, sont annoncés par la direction. « Mais à ce jour, nous n’en savons pas plus, nous sommes au début de la procédure », explique Bernard Valette, président CFE-CGC Aéronautique Espace Défense, syndicat majoritaire chez Astrium.

 

Le syndicat n’acceptera aucun licenciement sec

 

« Sur les 5 800 suppressions d’emplois annoncées, un grand nombre devrait être absorbées par des départs volontaires et autre reclassement au sein d’Airbus et d’Eurocopter. Il resterait ainsi 1 500 personnes au niveau européen, et 300 en France qui pourraient donc être licenciées. Dans tous les cas, les sites toulousains ne sont pas menacés de disparition », précise le syndicaliste. Pour lui, le problème ne réside pas tant dans le plan de restructuration en lui-même, « amorcer cette démarche lorsque l’entreprise se porte bien, ce n’est pas foncièrement mauvais, mais nous pensons que le groupe a suffisamment d’argent pour ne laisser personne sur le bord de la route. Nous n’accepterons aucun licenciement sec. » Mais, lors du Comité National EADS, la direction a brandi la menace d’un accord de compétitivité visant une modération salariale et une augmentation du temps de travail. « Nous avons demandé une expertise économique et sociale qui devrait nous donner une vision plus complète de la situation de la branche défense et spatial d’EADS. Si les conclusions correspondent à celles de la direction, nous penserons à négocier », affirme Bernard Valette. « La direction a abattu ses cartes, mais nous n’avons pas encore sorti les nôtres ! » conclut-il.

Séverine Sarrat

 



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