David Skréla : Des crampons au costume-cravate

Si David Skrela est bien connu dans le monde du rugby, tout particulièrement à Toulouse, aujourd’hui c’est dans un tout autre domaine qu’il fait ses classes. Co-gérant de la société ISSA, il s’essaie à la gestion de patrimoine depuis quelques mois. Rencontre avec un chef d’entreprise presque aussi à l’aise sur gazon qu’au bureau.

Le rugbyman formé à Colomiers quitte son fief à 23 ans pour Paris, puis Toulouse où il est champion d’Europe et enfin Clermont. Il retourne finalement à ses premières amours pour la saison 2013 : « J’ai 34 ans et encore la possibilité de jouer mais j’ai fait le choix de terminer ma carrière de rugbyman à Colomiers et de rendre au club ce qu’il m’avait apporté. » Une façon de renvoyer l’ascenseur mais aussi de « préparer mon après-rugby », car si le joueur retrouve ses marques sur le terrain le matin, après 13h, c’est le costard cravate du gestionnaire de patrimoine qu’il enfile. « Avec Mon ami Frédéric Julien, nous réfléchissions depuis deux ans à un projet commun, on avait des contacts avec certains partenaires mais rien ne s’est concrétisé alors nous nous sommes dit : « pourquoi ne pas lancer notre propre affaire ? » » L’homme a un parcours atypique, il valide une formation d’ingénieur en génie civil entre 1998 et 2003 puis passe un master de gestion du patrimoine en 2012 : « Frédéric est un ancien banquier, c’est lui qui gère le côté assurance. Moi, je développe une facette gestion de patrimoine depuis cinq mois, c’est encore en lancement ! » La société ISSA, créée par les deux sportifs il y a deux ans et demi est spécialisée dans le courtage en crédits et en assurance des professionnels et des particuliers mais aussi en démembrement d’immobilier d’entreprise. A ce jour, elle compte six collaboratrices et deux agences, au Fer à cheval et aux Minimes, « pas d’autre ouverture prévue pour l’instant mais à terme pourquoi pas ?», explique David Skrela.

« La transition n’est pas si simple ! »

Loin de se servir de son nom comme d’une enseigne publicitaire, le sportif explique qu’il a « encore trop peu de recul pour savoir si ma notoriété sert ISSA : c’est vrai que je connais pas mal de monde et à travers le rugby, j’ai un relationnel important avec des gens qui comptent dans la vie toulousaine. Mais cela ne fait pas tout, il faut apporter un gage de qualité pour pérenniser l’entreprise.» Les deux associés, chacun habitué du ballon ovale, tentent d’insuffler dans leur société les valeurs du rugby : « rester soudés malgré les hauts et les bas, créer une unité, apprendre à s’adapter à divers environnements et clients, comme sur le terrain… retranscrire au bureau les facteurs de richesses trouvés dans le sport.» Et s’il se décrit comme « assez réservé », David Skrela prend aujourd’hui du plaisir à aller à la rencontre de l’Autre : « J’ai quand même le contact facile. » Il avoue toutefois souffrir quelque peu de la transition professionnelle : « passer de la pelouse à l’ordinateur, ce n’est pas toujours facile. C’est contre-nature ! Ce qui me plaît, c’est de rester dans l’action, de prendre ma voiture et d’aller à la rencontre des gens. Rencontrer la différence fait le charme de notre métier. » Une vie multifacette qu’il apprend encore à gérer. Pourtant c’est sans parler de son rôle de papa, qu’il tente de conjuguer au mieux avec le reste : « Avec la famille c’est très dur, car je pars encore le weekend pour les matches, mais je garde mes mercredis pour ma femme et mes enfants (Chloé 8 ans, Gabin 5 ans). On essaie de s’aménager du temps, c’est vrai que c’est difficile mais ce n’est que pour un an et demi. » Le chef d’entreprise a signé au club de Colomiers jusqu’à juin 2015, à partir de là : « J’aurai la vie de monsieur tout le monde ! A 36 ans, ce sera la fin de ma carrière de rugbyman. Je me consacrerai à autre chose. »

Aurélie Renne

 

 



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