Défaillances d’entreprises en Midi-Pyrénées: La situation reste stable

Avec la crise en toile de fond, les entreprises de Midi-Pyrénées font grise mine et leur défaillance a augmenté depuis 2008 avant de se stabiliser l’année dernière. Parmi ces dernières, les PME restent les plus touchées et payent le lourd tribut d’une mauvaise conjoncture.

8 600. C’est le nombre d’emplois perdus en raison des défaillances des entreprises en Midi-Pyrénées pour l’année 2011, soit 2 565 redressements ou liquidations judiciaires prononcées par les tribunaux, selon une enquête d’Altares. Parmi ces sociétés, nombreuses sont les TPE qui ne disposent pas de personnels ou très peu (moins de 10 salariés), plus précisément 94% des établissements qui glissent la clé sous la porte sont des Très Petites Entreprises, voire des micro-entreprises. Pour celles-ci, le cap des cinq ans s’avère déterminant, d’ailleurs plus d’une sur deux ne passe pas cette échéance. Cependant, le nombre de TPE fermant leurs portes définitivement diminue de 2.5%, ce qui ne signifie pas qu’elles restent viables, simplement que les créations de sociétés se font plus rares.Certaines parviennent tant bien que mal à franchir l’étape tant redoutée des cinq ans mais restent fragilisées. Pour preuve, les défaillances des entreprises âgées de 6 à 10 ans augmentent de 10% en 2011. Ce phénomène s’explique par la série de mesures datant de 2002 qui avaient permis aux sociétés de bénéficier d’aide à la création ou à la reprise de structures. Profitant de cet avantage, de nombreux projets ont vu le jour à partir de 2003 et se retrouvent aujourd’hui dans des procédures judiciaires. Si elles ont passé avec succès le stade de l’installation, elles ne parviennent pas à se développer car elle bute sur la difficulté à trouver des financements en ces temps de crise.

Les secteurs les plus touchés

Parmi les entreprises défaillantes en Midi-Pyrénées, le plus grand nombre est spécialisé dans la vente de détail ainsi que dans l’industrie manufacturière. En effet, une entreprise sur quatre qui se trouve en procédures collectives exerce dans le domaine de la vente en détail, soit une hausse de 3%, ce qui représente un total de 374 sociétés qui ont déposé le bilan en 2011. Ce chiffre n’a jamais été aussi important sur les dix dernières années, ce qui prouve une réelle difficulté pour les TPE et PME de trouver des financements, notamment pour se constituer une trésorerie. Le même constat peut être fait, et pire encore, en ce qui concerne les secteurs du commerce et de la réparation de véhicules automobiles qui enregistrent 110 procédures sur l’année, soit une augmentation de 53%. Les domaines du transport, de la logistique et des services aux particuliers ne sont pas épargnés par cette tendance mais parviennent à limiter cette impulsion négative. Les établissements tournés vers le service aux entreprises parviennent à se stabiliser en affichant une hausse minime de 5% des défaillances. A l’inverse, les métiers de la construction et de l’industrie enregistrent une baisse respective de 5 et 8% des entreprises en difficulté, le secteur du bâtiment retrouvant même ses valeurs «pré-crise» et celui de la manufacture n’ayant jamais répertorié un taux de défaillance aussi bas en dix ans.

La Haute-Garonne reste particulière

L’étude d’Altares s’est également intéressée à la répartition de ces entreprises placées en procédures judiciaires, sur le territoire régional. Au premier coup d’œil, il est à noter la bonne orientation de la plupart des départements de Midi-Pyrénées. L’Ariège, d’abord, exhibe une forte amélioration de 17% en 2011 mais celle-ci reste tout de même nuancée par une dégradation conséquente de 18% qui avait eu lieu l’année précédente. De même, le Lot présente une bonne situation puisque le nombre d’entreprises défaillantes baisse de 12% après une chute vertigineuse en 2010 de 20% des sociétés en liquidation ou redressement. Suit le Gers avec 5% d’entreprises affaiblies en moins suite à une augmentation de 16% l’année d’avant. D’autres départements ont tendance, eux, à se stabiliser comme le Tarn-et-Garonne où les sociétés en dépôt de bilan se comptaient au nombre de 260 par an, et ce depuis trois ans. Le même phénomène est observé dans l’Aveyron, où le compteur est resté bloqué depuis à 140 défaillances par an, et dans le Tarn où le taux est en recul de 3%. Le pire des bilans est affiché par les Hautes-Pyrénées qui enregistrent une augmentation de 12.6% des procédures à l’encontre des entreprises, le département franchit ainsi les 200 actions judiciaires. Pour terminer, la Haute-Garonne qui présente la particularité de regrouper la moitié des défaillances de toute la région, reste au-delà des 1200 procédures par an depuis 2009. La concentration de nombreuses sociétés dans le département explique notamment ce chiffre.
Depuis 2006, les entreprises en difficulté peuvent faire appel à une procédure de sauvegarde. Ainsi 79 chefs d’entreprise ont déclenché ce processus, leur permettant de mieux appréhender les complications et, par conséquent, d’augmenter leur probabilité de rebond.

Séverine Sarrat



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