Décentralisation: La ministre Escoffier en mode « pédagogie »

Anne-Marie Escoffier, ministre déléguée de la Décentralisation

Les membres de la Chambre de commerce et d’industrie Midi-Pyrénées tenaient leur assemblée générale à laquelle Anne-Marie Escoffier, ministre déléguée de la Décentralisation, était invitée pour expliquer les enjeux du projet de loi sur la décentralisation.

 

Le gouvernement s’est donné pour mission de clarifier les rôles des acteurs publics afin d’assurer une plus grande efficacité des politiques publiques et l’éclaircissement des compétences de chacun. C’est en substance l’ambition de l’avant-projet de loi sur la décentralisation qu’a présenté Marylise Lebranchu, ministre de la réforme de l’Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique, en Conseil des ministres. Ainsi, les compétences des régions, des départements et des communes seront réorganisées pour simplifier l’action publique et la rendre compréhensible de tous. Et pour l’expliquer clairement, Anne-Marie Escoffier, ministre déléguée chargée de la décentralisation, a fait le déplacement à Blagnac, à l’occasion de l’Assemblée Générale de la CCI Midi-Pyrénées. « Les blocs de compétences seront clairement définis : la Région sera chargée du développement économique, des transports et de la gestion des fonds européens, le Département assurera l’action sociale et la solidarité territoriale quand les communes se voient confirmer leur clause générale de compétence pour intervenir sur leur territoire en mutualisant les services avec les intercommunalités », explique Anne-Marie Escoffier. Pour elle, « à ce niveau, il n’y a finalement rien de nouveau, simplement les blocs de compétences seront plus facilement identifiables. » En revanche, la seconde partie du texte de loi prévoit une évolution du mode de gouvernance « pour que l’action publique reste globale et cohérente. »

 

L’intelligence territoriale

 

Ainsi, des Conférences territoriales de l’action publique, présidées par la Région et la préfecture, seront organisées et permettront aux collectivités locales de répartir les compétences de façon concertée. « Cela correspond en réalité à la définition de l’intelligence territoriale », constate Anne-Marie Escoffier. Ainsi, la Région deviendra le guichet unique, détiendra la compétence exclusive quant à la gestion économique mais devra y associer ses partenaires, telles les chambres consulaires. Quant aux compétences partagées, il appartiendra de les définir lors des Conférences territoriales. « La seule difficulté sera alors de s’écouter pour que chacun puisse apporter ses réflexions, dans l’intérêt des citoyens », affirme la ministre. Et en parlant d’intérêt, Alain Di Crescenzo, président de la CCI de Toulouse, rappelait que celui de la réforme restait de faire des économies, « mais où sont-elles ?» demande-t-il à Anne-Marie Escoffier. Et la ministre de répondre : « Le gouvernement s’engage à réduire de 3% le budget global. C’est inscrit dans le pacte de confiance. » « La confiance nous l’avons perdue », scande un entrepreneur toulousain à la ministre, « aujourd’hui, mon plus gros concurrent, c’est l’Etat qui alourdit toujours plus les charges. » Ainsi, même avec la démarche pédagogique d’Anne-Marie Escoffier, l’inquiétude reste palpable.

Séverine Sarrat



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