Crédit Agricole ; La création d’entreprise pour priorité

Stéphane Boullay

L’ADIE, les Boutiques de Gestion, Comminges Initiative, la Chambre d’Agriculture de Haute-Garonne, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Toulouse, la Chambre de métiers et de l’artisanat 31, France Active, Réseau Entreprendre Midi-Pyrénées. Pas moins de huit organismes d’accompagnement à la création d’entreprise ont signé aux côtés du Crédit Agricole une convention permettant un soutien plus structuré aux jeunes chefs d’entreprise. Stéphane Boullay, Directeur exécutif des entreprises et des professionnels du Crédit Agricole Toulouse, explique les tenants et aboutissants de cet accord.

Quel est l’objectif premier de cette convention ?

C’est d’assurer un meilleur accompagnement, plus responsable, solidaire et de proximité, auprès de tous les créateurs-repreneurs d’entreprises ; la Haute-Garonne étant parmi les départements français les plus dynamiques en la matière : 5 700 à 6 000 (hors auto-entrepreneurs) créations par an. Les chefs des entreprises accompagnées ont généralement un taux de survie à trois ans de 85% quand les autres atteignent péniblement les 50%. Un jeune créateur ne pense pas forcément que, passées trois années, son entreprise va être soumise aux charges et c’est à nous de lui faire comprendre qu’il devra économiser les deux premières années en vue de cette échéance, que le chiffre d’affaires est une chose mais l’important reste la marge. Ainsi nous donnons les meilleures chances à une jeune société qui se lance, d’assurer sa pérennité.

 

Concrètement, quels sont les moyens mis en place par cette convention ?

Au travers des différents organismes, nous avons maintenant des points de contact et d’entrée beaucoup mieux identifiés, ce qui nous permet de bien orienter un repreneur-créateur qui viendrait à notre rencontre. Chaque organisme en question ayant une spécialité d’intervention, nous pouvons envoyer le porteur de projet directement au bon endroit pour qu’il soit accompagné par des structures adaptées à ses besoins. Parallèlement, via un système de parrainage, des chefs d’entreprise en exercice peuvent faire part de leur expérience au jeune patron, ce qui parfait l’accompagnement.

 

Qui est à l’initiative de cette convention ?

C’est le Crédit Agricole et c’est une première en France pour le groupe. Un partenariat avec autant d’organismes reste un défi que nous nous devons de relever. L’idée de départ était une volonté commune des structures d’accompagnement et du Crédit Agricole de sécuriser la création d’entreprises. Nous avions déjà des contacts avec la plupart des organismes, même, des conventions nationales avaient été signées avec le groupe. Aujourd’hui, nous sommes partenaires de toutes les structures d’accompagnement, y compris de la Chambre de l’agriculture et d’autres associations souhaitent d’ores et déjà intégrer notre convention qui sera donc amenée à se développer.

 

Les signataires de la convention.

 Une meilleure orientation

 

En quoi cette convention permettra-t-elle un meilleur accompagnement des créateurs d’entreprises ?

Sur une demande de prêt, la convention nous permettra d’avoir un regard externe via les diverses organismes signataires, au-delà de nos propres convictions quant à la viabilité d’une entreprise. L’avantage est donc d’avoir un double regard sur les projets et ainsi de pouvoir appréhender des difficultés que nous, banquiers, n’aurions peut-être pas vues. Dans tous les cas, c’est bénéfique.

 

En ce qui concerne le contenu de la convention, il est stipulé qu’au premier contact avec le Crédit Agricole, le porteur de projet est orienté vers les organismes signataires, ce qui signifie que ce n’était pas le cas auparavant ?

En réalité, ce travail était fait de façon informelle. Nous disposons de 120 conseillers professionnels sur le département qui orientaient jusqu’à maintenant en fonction de leur relationnel. L’idée était donc de structurer la démarche, de faire en sorte que tous nos collaborateurs aient la même façon de procéder. Chaque organisme ayant sa spécificité, il est primordial de bien les connaître. Si le projet est une microstructure, il faudra la diriger vers l’ADIE, s’il s’agit d’une entreprise amenée à générer de l’emploi rapidement, il conviendra de l’orienter vers le Réseau Entreprendre, si c’est un commerce vers les Boutiques de Gestion, etc.

 

Cette convention prévoit des points d’étape avec les porteurs de projets. Quel en est le but ?

Nous organisons des «rendez-vous bilan» tous les 6, 12 et 18 mois qui suivent la création de l’entreprise. Lors de ces derniers, nous revoyons avec le porteur de projet son business plan prévisionnel et s’il est en phase avec celui-ci, s’il rencontre des difficultés, quel type d’aide nous pouvons lui apporter. Il s’agit d’avoir un échange autre que le volet purement bancaire, avec l’organisme accompagnateur, le banquier et le client. Nous les aidons à comprendre l’économie, le marché sur lequel ils se positionnent afin de lui permettre d’avancer ou de se réorienter.

 

Un projet gagnant/gagnant

 

Le Crédit Agricole s’est engagé à soutenir financièrement l’action des organismes d’accompagnement, comment cela se concrétise-t-il ?

Nous intervenons de différentes manières. Par exemple, avec l’ADIE, nous mettons en place une ligne de financement qui leur permet de réaliser des prêts d’honneur aux micro-créateurs. En 2010, nous avons levé 110 000 euros de participation financière et en 2011, 60 000 euros, hors enveloppe de financement que l’on peut mettre à disposition.

 

Concrètement, que va-t-il changer pour le porteur de projet ?

L’obligation de rencontrer ses conseillers régulièrement fera partie des changements notoires. Les «rendez-vous bilan» permettront au client d’avoir accès à son banquier même si son entreprise fonctionne et au banquier de voir leur client de façon régulière. De notre côté, l’avantage réside dans la relation que nos conseillers entretiennent avec leur client car celle-ci ne sera plus que financière. Tout le monde s’y retrouve puisque plus les entreprises sont pérennes et moins nous prenons de risques. Il s’agit d’un projet gagnant/gagnant.

 

Propos recueillis par Séverine Sarrat



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