Contribution climat-énergie: Les transporteurs dénoncent une double peine

Pour Jérôme Bessière, délégué régional de la FNTR, c’est l’accumulation des taxes qui pose problème

A peine arrivé au gouvernement, Philippe Martin, ministre de l’Environnement, annonçait la mise en place de la « contribution climat-énergie », en précisant qu’il ne « s’agissait pas d’une taxe nouvelle mais d’une fiscalité de substitution. » Si certains s’en félicitent, les transporteurs eux, ne l’entendent pas de cette oreille.

 

Le principe du pollueur-payeur est au centre de cette nouvelle mesure annoncée mi-août par le gouvernement. En effet, la « contribution climat-énergie » permettra de taxer les utilisateurs de véhicules les plus polluants en fonction du prix de la tonne de CO² (le chiffre de 15 euros par tonne est avancé). Si pour Philippe Martin, ministre de l’Environnement, il s’agit-là de préparer la transition énergétique, pour certains, la pilule a du mal à passer, comme les transporteurs routiers. « Nous percevons cette contribution comme une double peine, car ce n’est pas tant cette mesure qui pose problème, mais l’accumulation de ces dernières. Nous sommes déjà soumis à la taxe intérieure de consommation de produits énergétiques (TICPE), la taxe kilométrique poids lourds (TKPL) entrera en vigueur au 1er octobre prochain et maintenant la contribution climat-énergie nous tombe dessus. On ne pourra pas tout absorber », se désole Jérôme Bessière, délégué Midi-Pyrénées de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR). Il pense même que cette mesure pourrait être une des causes de défaillances de certaines entreprises du secteur, sachant que plus de quarante ont déjà mis la clé sous la porte cette année dans la région. Et même si la taxe s’appliquera également aux particuliers, Jérôme Bessière en est persuadé, « ce sont les entreprises qui paieront le plus lourd tribut. »

 

Un problème de compétitivité

 

Et comme la peine, le problème est double, car outre l’augmentation des charges sur les entreprises, les dernières mesures environnementales posent le problème de la compétitivité des sociétés françaises comme le souligne Jérôme Bessière : « nous n’avons pas les mêmes législations au sein-même de l’Union Européenne. Ainsi, en Midi-Pyrénées, des marchés peuvent nous échapper à cause d’une concurrence espagnole notamment car, de l’autre côté des Pyrénées, les charges ne sont pas les mêmes. » Mais pour l’association France Nature Environnement, il s’agit d’un faux problème : « car la TKPL par exemple, sera versée par tous les transporteurs utilisant l’infrastructure soumise à péage, les transporteurs européens devront s’en acquitter également ! De plus, la taxe sera payée par les commanditaires et non les transporteurs : le dispositif de report du montant de l’impôt sur la marchandise garantit aux transporteurs la prise en charge du coût supplémentaire par le chargeur.» Mais si pour l’association, les professionnels du secteur devraient s’en satisfaire, pour les intéressés, c’est justement le cœur du problème : « les entreprises françaises sont dans l’obligation de répercuter cette taxe sur les clients quand les autres pays d’Europe n’y sont pas contraints. En termes de compétitivité, nous sommes lésés », explique Jérôme Bessière. Devant les arguments des pour et des contre, le gouvernement concèdera-t-il une pause fiscale ?

 

Séverine Sarrat



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