Cluster Robotics: Place La robotique s’organise en Midi-Pyrénées

Les entreprises de Midi-Pyrénées, dédiées à la robotique, n’ont pas attendu les déclarations d’Arnaud Montebourg, ministre du Redressement Productif, annonçant le lancement d’un plan robotique pour s’organiser. Pour preuve, le cluster Robotics place a été créé en août dernier. Philippe Roussel, son président revient sur ses missions. 

 

Philippe Roussel, le cluster Robotics place a été créé il y a deux mois, quel est son but ?

Historiquement, le cluster est le résultat d’un peu plus d’un an de travail puisque nous avions créé en juin 2011 une entité régionale du syndicat Syrobo, que nous avons transformée en format cluster. Le rôle d’un syndicat et d’un cluster n’étant pas le même, nous avons opté pour le second choix. Au niveau national, le syndicat fait l’interface entre la profession et le gouvernement et nous avons décidé de nous recentrer sur des projets collaboratifs, de donner plus de visibilité à notre région dans le domaine de la robotique.

 

Quel est le fonctionnement du cluster Robotics place ?

Dans le cluster, tous les types de professions liées à la robotique sont représentés, des entreprises aux laboratoires de recherche en passant par les centres de formation. Ces dernières sont toutes constituantes de notre Conseil d’Administration, mais nous avons également fait attention à ce que toutes les tailles d’entreprises y soient présentes, les start-up comme les grands groupes. Nous avons également demandé à certaines entités institutionnelles de se joindre à nous, même si elles gardent une vocation plus consultative, telles Midi-Pyrénées Innovation, Midi-Pyrénées Expansion pour la Région, le Sicoval et la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi, ndlr) qui va nous rejoindre. Le Conseil d’Administration se réunit une fois tous les trois mois pour définir la stratégie du cluster. Nous avons aussi mis en place un Bureau constitué de six membres dont trois vice-présidents, chacun étant en charge d’une commission à savoir la communication/événementiel, l’innovation/formation et le développement économique/international.

 

Quelle est alors la stratégie du cluster ?

Nous avons plusieurs objectifs : d’une part, nous souhaitons faire en sorte de promouvoir la région Midi-Pyrénées dans le domaine de la robotique. Nous avons mené des actions communes qui nous ont faits connaître au niveau national, ce qui reste capital car les flux de subventions se dirigent vers les régions  disposant de clusters identifiés… surtout maintenant que la France et l’Europe ont décidé de faire de la robotique une priorité.

D’autre part, le cluster nous offre la possibilité de mutualiser d’une part les ressources techniques pour construire des projets communs, mais aussi les moyens en communiquant ensemble, en «chassant en meute». Quand un gérant d’entreprises se trouve en clientèle pour vendre son produit, je veux qu’il termine sa présentation en évoquant Robotics place et tous les services qui y sont proposés.

 

Les robots de demain

 

Quels secteurs d’activité la robotique recouvre-t-elle ?

Le cluster est composé d’une trentaine d’entités dont deux laboratoires, le LAAS et l’IRIT. Nous souhaitons aller à la rencontre de nouvelles entités comme des laboratoires de sociologie puisque nous devons nous interroger quant à l’intégration des robots dans la vie quotidienne. Mais la robotique couvre de nombreux champs d’action comme l’industrie, le militaire et le marché qui s’ouvre le plus à nous, est celui de la robotique de service. Ce dernier va se développer énormément dans les années à venir. Je suis de près les évolutions mondiales et de nouveaux concepts apparaissent régulièrement. Ceci a été très net cet été, car les Etats-Unis, qui développent beaucoup la robotique militaire, ont vu leur budget alloué à la défense diminuer et se rabattent maintenant vers la robotique civile.

 

Le cluster a maintenant deux mois, des projets ont-ils émergé ?

Nous tentons d’être présents sur de nombreux salons, comme l’Innorobo de Lyon ou Futurapolis à Toulouse. Ce dernier mettra cette année en avant la robotique et nous gèrerons deux conférences à savoir «les robots dans la ville de demain» et «les robots à domicile». A nous maintenant de fédérer la recherche et l’industrie pour présenter quelque chose de cohérent.

 

Quelle est la situation de la robotique en Midi-Pyrénées ?

Il s’agit d’un marché naissant mais dans notre région nous recensons de nombreuses entreprises qui travaillent sur des logiciels et si beaucoup sont de véritablement success story, elles restent anonymes car leurs technologies sont vendues à d’autres industriels intégrant les produits dans leurs solutions. Pour l’instant, nous attendons les résultats de l’enquête de MPI censée répertorier les différentes entreprises évoluant dans le milieu de la robotique, une centaine, leur spécificité et leur poids économique.

 

La robotique au service de relocalisation

 

A l’heure où le rapport Gallois déchaîne les chroniques, la robotique peut-elle jouer un rôle dans la compétitivité des entreprises ?

Bien sûr, car la robotique peut contribuer à baisser le coût du travail, via la cobotique. Ces équipements qui permettent d’assister l’Homme dans une tâche sont intéressants car modulaires et facilement intégrables dans une entreprise. Cette technologie permettra de garder des productions localement plutôt que d’être obligé de les délocaliser. Les entreprises utilisant des robots seront plus concurrentielles que celles devant rapatrier leurs produits de Chine.

 

A l’inverse, la robotique n’était-elle pas une menace pour le travail de l’Homme ?

Aujourd’hui, de toute façon, la main d’œuvre industrielle en France part en Chine ou dans d’autres pays d’Asie du Sud-Est. Si nous souhaitons rapatrier la fabrication au niveau local, il faut la robotiser. Ainsi nous génèrerons un tiers de main d’œuvre supplémentaires puisque trois hommes sont nécessaires au fonctionnement de dix robots.

 

Propos recueillis par Séverine Sarrat



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